Patrick Lapeyre à la médiathèque d'Angers


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Dimanche 9 Octobre 2011 à 10:35


Samedi 8 octobre, Patrick Lapeyre était l’invité de la librairie Richer à la médiathèque Toussaint. Devant un public de lecteurs assidus, Patrick Lapeyre a parlé de son métier d’écrivain, de ses influences, de ses personnages…



Patrick Lapeyre et Angélique Bellanger de la librairie Richer
Patrick Lapeyre et Angélique Bellanger de la librairie Richer
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Patrick Lapeyre aime les titres qui frappent l’imagination. Avec La Vie est brève et le désir sans fin, (prix Fémina 2010), il fait mouche. A cela, s’ajoute un lien très fort entre le titre et le contenu, de quoi ravir les lecteurs qui aiment prendre le temps de la réflexion. Patrick Lapeyre livre ici un roman empreint de philosophie, dans un univers d’hommes et de femmes résolument à l’encontre de l’idée véhiculée par les stéréotypes sociétaux.

Ecrivain aux multiples influences, notamment de la culture du Japon - pays qu’il connait bien pour y avoir fait six séjours de plusieurs mois - et du romantisme allemand du XIXe siècle, Patrick Lapeyre se dit fasciné par la modernité de Manon Lescault, ou des Liaisons dangereuses qu’il associe bien volontiers à l’opéra de Massenet, exercice que l’on retrouve dans ses romans : « afin de créer une bande musicale rien qu’en citant une musique. L’écrivain doit connecter sa passion littéraire à d’autres axes de réflexion ».

Patrick Lapeyre aime créer des personnages contemplatifs : « pour percevoir le monde, il faut prendre le temps ; sinon, on en perd les sensations ». Comme Hitchcock, avec Vertigo ou Fenêtre sur cour, il met ses personnages hors de l’action. Une idée qu’il a retenu de Flaubert aussi, qui contrairement à Balzac, a créé des anti-héros, qui rêvent leur vie plus qu’ils ne la vivent. « Nous vivons dans une société où il faut tout réussir. Les vaincus ont quelque chose d’humain, que perdent les gagnants ».


Nora, une femme d’influence

Dans le roman, Nora est aimé par deux hommes. « C’est une présence. Elle apparaît et disparaît avec une vivacité que n’ont ni Blériot, ni Blomdale, empêtrés dans leur incapacité. Elle a la grâce. Pourtant, il y a une fêlure plus grave qu’on ne le pense ». L’écrivain-philosophe nous entraine à l’instar de Charles Peggy, dans le secret des hommes de 40 ans, une approche de la maturité avec sa prise de conscience que le monde de l’enfance, idéalisé, n’est plus.

« Les gens qui nous nourrissent sont ceux qui cherchent le bonheur ». Parallèlement, la liberté des autres fait souffrir. Deux hommes vivent ainsi la passion, enivrante. « Mais, ils veulent moins Nora que l’intensité qu’elle leur donne. C’est un peu le pari de Pascal : ils savent qu’ils peuvent tout perdre, mais finalement qu’ont-ils à perdre ? ».

Par un effet de distanciation par rapport aux personnages, Patrick Lapeyre laisse le lecteur à sa propre réflexion. Chacun projette ses désirs, ses rêves, donne une épaisseur aux personnages et pourra continuer sa méditation après la fin, surprenante, du roman. « Chacun doit vivre ses expériences. Il n’y a pas d’enseignement sur la manière de vivre ».

En libraire

Editions P.O.L.












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