Portrait au crépuscule : une vengeance insoupçonnée

Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par Coralie Ganivet - Angers, le 28/01/2012 - 14:32 / modifié le 30/01/2012 - 10:02


Pour son premier long métrage, présenté à Premiers Plans, Anguelina Nikonova a choisi de dénoncer la corruption de la bureaucratie dans son pays, la Russie. Mais pas de n’importe quelle manière. Pour toucher la sensibilité du public, elle s’appuie sur le destin de Marina, une femme brisée à la suite d’un drame, qui se vengera en utilisant des armes insoupçonnées.



Olga Dykhovitchnaia, qui interprète Marina (à gauche) et Anguelina Nikonova, la réalisatrice.
Olga Dykhovitchnaia, qui interprète Marina (à gauche) et Anguelina Nikonova, la réalisatrice.
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Dans « Portrait au crépuscule », les policiers sont des salauds. Entre magouilles et abus de pouvoir, rien ne les arrête. Ce tableau noir, Anguelina Nikonova assure l’avoir dépeint avec justesse : « L’image que je donne des policiers est réelle. Il y a beaucoup de corruption. Ils font tout pour éviter d’ouvrir une enquête par exemple ». Ce n’est pas tant pour délivrer un message politique que pour dénoncer cette affliction, qu’elle a réalisé ce film. « Je n’ai pas l’impression de porter un message politique mais de montrer une réalité quotidienne qui me choque », affirme-t-elle. Pour Olga Dykhovitchnaia (qui joue le rôle de Marina), la dimension politique est bien présente. Ça a d’ailleurs été l’une de ses principales motivations à accepter ce rôle singulier.

Un film à ne pas manquer

Un rôle qu’elle interprète à la perfection, son élégance naturelle et son dynamisme donnant toute la dimension au personnage. De femme bien installée, qui travaille dans le social et vit avec un homme aisé, Marina voit sa vie basculer après un drame. Pour se venger, elle va devoir côtoyer un univers bien loin du sien qui d’ailleurs lui pèse. Cet univers, c’est celui des quartiers miséreux, de l’insalubrité et de la violence. Mais Marina s’adapte. Plus les jours passent et plus elle change. Comme si elle devait en passer par là pour vaincre ses démons et reprendre le contrôle de sa vie. Pourtant, rien ne sera jamais plus comme avant.

Avec « Portrait au crépuscule », Anguelina Nikonova montre avec brio, au travers de l’aventure de Marina, ces mondes si différents qui façonnent la société russe actuelle. « La Russie d’aujourd’hui est très divisée. Les différences entre les classes sont très marquées. Mais en définitive, on ne peut pas s’isoler. On est tous confrontés aux autres classes ».

Si le film est torturant, il n’en demeure pas moins magnifique. Le scénario est un vrai bijou et l’interprétation du personnage principal remarquable. À ne pas manquer dans les salles dès le 22 février prochain.



















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