Premiers Plans, "faites votre cinéma !"


Rédigé par - Angers, le 19/01/2013 - 07:30 / modifié le 21/01/2013 - 15:05


C'est parti pour huit jours intenses de cinéma à Angers ! La 25e édition du festival Premiers Plans s'est ouverte hier soir sur les discours d'inauguration, le présentation du jury et une avant-première d'un film espagnol, "Blancanieves" de Pablo Berger (en salles le 23 janvier). Le public lui a réservé une ovation. Nos sentiments restent beaucoup plus mitigés. Mais c'est le jeu, non ?



Lionel Baier, Danielle Arbib, Louise Bourgoin et Stefano Casseti, quatre des cinq membres du jury, en compagnie de Claude-Eric Poiroux
Lionel Baier, Danielle Arbib, Louise Bourgoin et Stefano Casseti, quatre des cinq membres du jury, en compagnie de Claude-Eric Poiroux
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La neige n'a pas freiné l'envie de cinéma, il y avait du monde hier soir dans l'auditorium du Centre des Congrès d'Angers pour assister à l'inauguration officielle du 25e festival Premiers Plans. Les autorités, les partenaires (nombreux), la délégation chinoise unie et ravie au second rang, la presse et surtout des centaines de spectateurs qui n'auraient raté ça pour rien au monde.

Autre signe encourageant, dès les applaudissements qui ont accueilli la bande-annonce - très réussie - du festival, on a senti cette pointe de ferveur et d'impatience qui marque le retour des rendez-vous attendus.

Premier à monter sur scène, le maire d'Angers, Frédéric Béatse a fait court et sobre en parlant du cinéma comme d'"une fenêtre grand format, ouverte sur la vie et l'humain" et en saluant "la passion et le dévouement" de l'équipe de Premiers Plans, citation de Desnos en prime : « Ce que nous demandons au cinéma, c’est ce que l’amour et la vie nous refusent, c’est le mystère, c’est le miracle. »

Anniversaire oblige, Yves-Marie Branger, le président de l'association Premiers Plans a remercié "toutes celles et tous ceux qui ont porté ce festival", à commencer par Daniel Geslin et Gérard Pilet, ses prédécesseurs, et rendu hommage à Claude-Éric Poiroux, son délégué général.

Du discours de Jérôme Clément, l'autre président (celui du festival), on a relevé son appui marqué à la dimension européenne de Premiers Plans dont il a soutenu la création alors qu'il était directeur du CNC (Centre national de la cinématographie). Appui aussi à l'engagement de la ville, "un des lieux qui comptent en France pour le cinéma" et une très jolie coquille orale en s'adressant au directeur du Nouveau Théâtre d'Angers, "Frédéric Garcia-Lorca"...

Enfin Claude-Eric Poiroux a pris la main. Pour souhaiter d'abord la bienvenue au public et dire que si un festival dédié à des œuvres et auteurs inconnus du public, des médias et du marché durait encore, c'était bien grâce au "pouvoir du cinéma" et à la "sincérité profonde" des jeunes réalisateurs. "Ils sont près de 2000 à être monté sur scène ici alors qu'ils n'étaient pas sûrs de leur avenir" a rappelé le délégué général du festival, avant d'accueillir le jury 2013.

Blanche-Neige version cinéma muet-trash-andalou

De cette présentation express, on retiendra l'absence de la présidente "longs-métrages", Noémie Lvosky, retenue par ses cinq nominations à la cérémonie des Lumières à Paris pour Camille redouble, la discrétion de Fabienne Godet (présidente courts-métrages), le sourire de Danielle Arbib, l'élégance de Louise Bourgoin et Stefano Cassetti, et l'humour de Lionel Baier.

On n'oubliera pas non plus la bonne humeur communicative de l'équipe de réalisation et de production de Blancanieves, le deuxième long-métrage de l'espagnol Pablo Berger, présenté en avant-première. Ni l'ovation que le public lui a réservée. Paradoxalement, cette histoire revisitée de Blanche-Neige, version cinéma muet-trash-Andalou - nous a laissé un désagréable sentiment de trop plein.

Trop de malheurs, trop de clins d’œil, trop de clichés, trop d'effets de style, trop de musique pour nous conter l'itinéraire tragique de Carmencita, une enfant belle comme le jour, mais absolument pas gâtée par la vie. Danseuse de flamenco, sa mère meurt en lui donnant naissance le jour où un taureau condamne son père au fauteuil roulant. Rejetée par son géniteur, déprimé, elle est élevée par sa grand-mère qui décède à son tour en dansant le jour de sa communion...

La suite, guère moins tragique, se déroule dans la triste propriété paternelle où une belle-mère complètement givrée règne en tyran. Carmencita, craquante au demeurant, va retrouver enfin la lumière auprès de son père (pas pour très longtemps) puis d'une troupe ambulante de toréros nains. C'est sombre, puissant, ultra-rythmé, parfois très beau. Mais on sort de ce film comme d'un repas bien trop copieux et long, en se disant qu'un petit bouillon de poule fera bien l'affaire la prochaine fois.





Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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