Robert Guédiguian : un président chaleureux


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 27/01/2011 - 08:40 / modifié le 27/01/2011 - 22:21


Bien sûr il est originaire de Marseille et nous a amené un peu de soleil dans ses valises, mais pas que. Robert Guédiguian, le président du Jury des longs métrages présentés au Festival Premiers Plans 2011 à Angers, très marqué par son enfance dans les quartiers ouvriers de la cité phocéenne, est naturellement humain, social et généreux.



Robert Guédiguian : un président chaleureux
Même s’il est ami de longue date avec Claude-Eric Poiroux, le Délégué Général du Festival, Robert Guédiguian ne s’attendait pas vraiment à ce qu’on l’appelle pour présider aux destinées des jeunes réalisateurs européens dans le cadre du Festival Premiers Plans d’Angers. Il est plutôt ravi d’être sur place au milieu de ce petit monde du cinéma qu’il affectionne tout particulièrement.

Lui-même aurait aimé qu’un festival de ce type ait existé lors de ses débuts. « S’il avait été créé à cette époque nous aurions présenté un film. Nous avons eu des prix pour nos premiers films, on aurait certainement eu une chance à Angers », affirme Robert Guédiguian avec de la malice dans les yeux, démontrant en utilisant le pronom « nous » qu’il a l’esprit d’équipe chevillé au corps. « Un prix, si petit soit-il, c’est très utile pour un réalisateur. Ça permet de le faire connaître au public et de faire sa notoriété. »

Confortablement installé à Angers, le scénariste, producteur et surtout réalisateur, prend son rôle de Président très au sérieux, tout en amenant sa bonne humeur au sein du groupe qu’il anime. « Je n’assure pas un présidence protocolaire. J’aime bien mettre de l’ambiance au cours de nos rencontres et je vérifie que tous les jurés sont bien nourris, qu’ils ne se perdent pas dans la ville d’Angers lorsqu’on se déplace ».

Coté choix, c’est peut-encore un peu top pour savoir quel est le long métrage qui retiendra son attention, mais déjà on peut savoir qu’en producteur qu’il est, Robert Guédiguian, analyse les films dans ses moindres détails. « Nous allons essayer de retenir le film qui nous procure le plus d’émotion. Le fond, la forme, le jeu des acteurs, le scénario, tout doit retenir l’attention des membres du jury. Nous allons mettre dans ce choix tout notre amour du cinéma. »

Sur le plan de l’intérêt, Robert Guédiguian, trouve l’expérience angevine, surtout lorsqu’il s’agit de primo- réalisateurs, enrichissante et intéressante, faisant même ressortir son engagement pour les grandes causes et notamment pour le monde ouvrier : « Il faut qu’à un moment où l’autre de sa carrière de cinéaste on assure cette fonction. Ça nous permet de connaître les tendances et surtout d’agir pour que le cinéma soit défendu, car il en bien besoin »

Robert Guédiguian à commencé sa carrière en 1980 avec un film intitulé « Dernier été ». Il a été révélé au grand public en 1997 pour son film « Marius et Jeannette », lequel a obtenu le prix Louis-Delluc et un César pour la meilleure actrice attribué à Ariane Ascaride, sa compagne, également présente à Angers.

Le réalisateur termine son 17e film lequel, véritable retour aux sources dans les milieux ouvriers de sa ville natale, est inspiré de « La légende des siècles » de Victor Hugo. Ce film qui s’intitule « Les pauvres gens » est une coupe dans le monde ouvrier d’aujourd’hui. « J’ai pu en retournant filmer dans mon quartier de l’Estaque, vérifier les changements qui se sont opérés. C’est une sorte de Marius et Jeannette en 2010 », confirme le réalisateur avec son sourire et son accent marseillais.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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