Six mois après, nouvelle démission à la tête du PS de Maine-et-Loire


Rédigé par La rédaction d'Angers Mag - Angers, le 23/05/2017 - 19:00 / modifié le 23/05/2017 - 18:51


Six mois après la démission de Grégory Blanc, son successeur à la tête de la fédération PS de Maine-et-Loire, Jean-Louis Belliard vient de l'imiter. En cause, son choix contesté de ne pas opposer de candidat socialiste au représentant de La République en Marche dans la 2e circonscription de Maine-et-Loire.



Jean-Louis Belliard (ici en discussion au soir du 1er tour de l'élection présidentielle avec Sylvia Camara-Tombini, candidate PS sur la 7e circonscription) avait été désigné pour diriger la fédération départementale du Parti socialiste après la démission de Grégory Blanc en novembre dernier (photo Mario Fournier).
Jean-Louis Belliard (ici en discussion au soir du 1er tour de l'élection présidentielle avec Sylvia Camara-Tombini, candidate PS sur la 7e circonscription) avait été désigné pour diriger la fédération départementale du Parti socialiste après la démission de Grégory Blanc en novembre dernier (photo Mario Fournier).
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Il n'aura tenu que six mois et une élection. Jean-Louis Belliard, le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste de Maine-et-Loire a annoncé sa démission par voix de presse ce mardi, via un courrier étayé (que nous publions intégralement ci-dessous) où pointent colère et amertume.  

En toile de fond de cette décision, les remous profonds provoqués à gauche, et au PS en particulier, par l'élection d'Emmanuel Macron et ses conséquences pour la conduite de la campagne des législatives. En Anjou, comme ailleurs, plusieurs situations délicates se sont posées aux responsables du parti, obligeant son patron départemental, en concertation avec les instances nationales, à des arbitrages. 

En interne, Jean-Louis Belliard n'a pas été suivi pour l'un d'entre eux : le choix, sur la 2e circonscription, de ne pas opposer de candidat à la conseillère régionale et maire de Chalonnes-sur-Loire, Stella Dupont, membre du PS mais candidate pour La République en Marche d'Emmanuel Macron aux côtés du député sortant et maire de de Trélazé, Marc Goua.

On sait depuis la publication des candidatures vendredi dernier qu'une autre militante du PS, par ailleurs secrétaire nationale du Parti socialiste en charge de la vie associative, Florence Raymond-Augier, a choisi de se présenter malgré tout. Au risque de générer à tout le moins de la confusion. Au pire, selon Jean-Louis Belliard, de favoriser la perte par la gauche de la circonscription. "J'ai averti le national de la situation, la fédération ne la soutient pas et les militants ne feront pas campagne pour elle" déclarait-il encore mardi matin au Courrier de l'Ouest.

Se sentant désavoué, le patron du PS de Maine-et-Loire a donc finalement décidé de démissionner de son poste pour ne pas porter les éventuelles conséquences électorales de ce choix. Rappelons que Grégory Blanc, son prédécesseur avait démissionné en novembre dernier pour d'autres raisons électorales liées, elles, aux sénatoriales.
 
La lettre de Jean-Louis Belliard

"Cher-e Camarade,

Engagé depuis 1995 dans la vie politique, j’ai toujours été animé par la seule volonté de servir nos concitoyens. C’est cette même volonté de participer à la construction d’un futur désirable pour les femmes et les hommes de notre pays qui m’a conduit à rejoindre le Parti Socialiste. C’est toujours avec ce désir de servir que j’ai accepté d’assumer en décembre dernier la responsabilité de Premier Secrétaire Fédéral.

170 jours après ma prise de fonction, force est de constater que ma vision d’un parti, ancré dans la société et au service de la société, n’est pas partagée par tous les socialistes. Décomposition de la gauche, montée de l’extrême droite, perte de confiance des électeurs…., depuis déjà plusieurs années, les crises politiques que nous traversons auraient dû être pour nous un « électrochoc ». Nous aurions dû nous recentrer sur l’intérêt collectif, à la fois dans notre formation politique, mais aussi et avant tout sur l’intérêt des habitants du Maine-et-Loire. Au lieu de cela, les plans de carrière des uns et des autres sont venus accaparer nos débats. La nécessité même de rassemblement des socialistes a été parfois occultée.

Quant au rassemblement de la gauche dans toutes ses composantes, condition sine qua none de nos futures victoires, certains socialistes semblent y avoir définitivement renoncé. Dans ma propre équipe fédérale, des voix se sont élevées pour remettre en cause mon action, notamment concernant la désignation sur la 2ème circonscription. Je tiens ici à rappeler que la désignation des candidats aux législatives relève de la responsabilité des instances nationales et je réaffirme haut et fort, que j’ai agi en application des consignes reçues. Il est vrai que je ne me suis pas opposé à ces consignes, il n’est pas dans ma nature d’être frondeur…

Compte tenu du risque de voir basculer la deuxième circonscription aux mains d’une droite extrême, le mercredi 17 mai, en responsabilité, j’ai proposé aux militants réunis en AG, de se départir de leur ressentiment à l’égard de Stella Dupont et d’avoir le courage de ne pas présenter de candidat face à elle. J’ai proposé que nous renoncions à un combat dont nous ne sommes pas en mesure de sortir par le haut. Je me suis heurté à un parti recroquevillé, tétanisé par la colère, ne parvenant pas à placer l’intérêt des Français avant les intérêts d’appareil.

C’est précisément ce genre de choix qui a précipité les formations politiques dans l’état où elles sont. Je déplore en outre, que nos débats n’aient pas été davantage marqués lors de cette AG, du sceau de l’écoute et de la bienveillance. Le bureau fédéral qui a suivi n’a pas été de meilleure tenue, et, au mépris des règles les plus élémentaires de courtoisie, j’ai fait l’objet d’attaques personnelles. Au bout du compte, des manœuvres en sous main ont conduit à la candidature d’une camarade, secrétaire nationale, qui s’est autoproclamée candidate du Parti Socialiste. C’est inacceptable !

Je refuse que les choses aillent plus loin ! Je ne serai pas le Premier Fédéral qui offrira un poste de député à un représentant de « sens commun ». Je n’accepterai pas non plus que les invectives supplantent les débats. Je tire aujourd’hui toutes les conclusions et je démissionne de mon poste de Premier Secrétaire Fédéral. Je prendrai le temps du recul afin de déterminer dans les prochaines semaines, le sens que je donnerai désormais à mon engagement politique.

Cordialement,

 Jean-Louis Belliard"



















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