The invader : un film provocateur qui prête à polémique

Premiers Plans Angers 2012


Rédigé par Coralie Ganivet - Angers, le 26/01/2012 - 15:44 / modifié le 26/01/2012 - 16:52


Nicolas Provost présentait hier soir son premier long métrage The invader (L’envahisseur). Si certain ont cru voir dans le scénario un appel au racisme, le réalisateur, conscient que son film interpelle et provoque, dément les rumeurs et revient sur ses motivations.



Nicolas Provost, le réalisateur.
Nicolas Provost, le réalisateur.
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« Je ne voulais pas placer l’Africain dans la petite boîte où il souffre. Je voulais oser en faire un vrai anti-héros, avec ses bons et ses mauvais côtés, qui se bat contre le monde entier et ses propres démons », s’explique Nicolas Provost. Cet anti-héros, c’est Amadou (interprété par Issaka Sawadogo N.D.L.R). Un homme charismatique qui débarque à Bruxelles des illusions plein la tête. Exploité par des trafiquants, le clandestin sombre dans un sinistre quotidien où l’errance et les galères prennent le pas sur les rêves d’une vie meilleure. Lorsqu’il rencontre et séduit Agnès, une brillante et séduisante femme d’affaires, Amadou projette tous ses espoirs et ses désirs en elle, avant de s’enliser dans une violence destructrice lorsque celle-ci se rend compte de la réalité et coupe tout contact.

Cette volonté de mettre en scène un Africain de la sorte, Nicolas Provost l’assume. Mieux, il la revendique. « J’ai écrit ce rôle sur-mesure pour Issaka. J’étais très conscient que c’était un peu une provocation que de criminaliser un Africain. Ça n’aurait pas été la même chose avec un blanc ». Mais de cette manière, il s’assure une réaction du public. « C’est à ça que sert le cinéma après tout, à faire participer le spectateur sans tout lui donner. J’ai choisi de raconter une histoire simple et universelle qui laisse assez d’espace pour ma poésie et la place aux spectateurs de réfléchir. Je ne conçois pas qu’un utilise une heure d’un film pour construire intrigue sur intrigue avant de se servir de la dernière demi-heure pour expliquer l’heure qui vient de s’écouler ». Ce qui est sûr, c’est que Nicolas Provost sait ce qu’il veut, et surtout ce qu’il ne veut pas.

« Ça parle de nous tous »

Dans Invader, la quête de l’amour est au cœur de l’intrigue. Amadou se sent revivre dans les bras d’Agnès. La maturité et la beauté de cette femme symbolisent sa soif de renaissance. Un sentiment que le réalisateur tenait à faire passer, tant il est universel à ses yeux. « Ça parle de nous tous. On est tous à la recherche de l’amour, de notre place dans le monde », assure Nicolas Provost. « La femme, c’est elle qui donne envie de partir à l’aventure ». Le réalisateur reconnait la difficulté qu’il a eue à trouver la comédienne parfaite pour ce rôle si profond. « L’actrice devait être une femme mure tout en ayant un côté femme fatale et maman », résume-t-il. « Heureusement que l’on a trouvé Stefania (Rocca N.D.L.R) pour l’interpréter, car un réalisateur a beaucoup à gagner quand il a de très bons comédiens ».

C’est d’ailleurs la justesse et la puissance de l’interprétation d’Issaka Sawadogo (Amadou) qui donne une dimension à la fois si grave et si touchante au film. Une belle prouesse.



















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