Thierry Galdéano : ses amis s’appelaient Tarik, Akim ou Jean…


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Lundi 30 Janvier 2012 à 15:32


Après son premier roman, « Le Sable le répit », dans lequel il raconte la vie de sa famille à Béchar, Thierry Galdéano poursuit son récit en France, dans les années soixante dix. Dans « Pieds-noirs, Harkis, nos cœurs orphelins », l’auteur campe l’histoire des siens, principalement à Angers, où se jouent bonheurs et tragédies et la difficile intégration dans un pays dont il a tout à découvrir.



Thierry Galdéano en séance de dédicaces à la librairie Richer
Thierry Galdéano en séance de dédicaces à la librairie Richer
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Dans les dernières pages de son premier roman, le lecteur quittait la famille en octobre 1969, lors de la visite d’un appartement dans le récent quartier de la Roseraie, « un quatre pièces tout neuf comme tout ceux qu’on avait emboités là, afin d’y recevoir des milliers d’immigrés, ou les nomades, Pieds-noirs, comme la famille Galdéano », précise l’auteur trois ans plus tard ; un choix contraint que le père tente maladroitement d’adoucir : « en fait, c’est comme là-bas, le sable et la chaleur en moins ».

En adressant ces mots à son fils, il cherche vainement les ressorts de sa nouvelle vie. Mais il semble que tout l’entraine vers la défaite et la solitude. Sa nostalgie d’un pays qu’il ne reverra pas et son tempérament impulsif l’empêchent de rebondir. Trop accroché à l’Algérie, il subit alors la France et les conséquences du déracinement. Son malheur se reporte sur sa femme, Claire et ses deux enfants Thierry et Carole.

Thierry Galdéano : ses amis s’appelaient Tarik, Akim ou Jean…
Thierry Galdéano retrace ici 50 années faites de petits bonheurs, lors des pauses estivales à Sète, et de grands drames suscités par le rejet des conventions de son père, entrainant la rupture d’avec sa mère, l’éloignement…Maitrisant son texte, l’auteur ne nous révèle qu’à la fin les lourds secrets qui rongent son père depuis ces nombreuses années. Ailleurs, Abdel et Rachida fuient le camp de Rivelsates, devenu une prison pour eux. Les destins se croisent, la France reste une vaine promesse.

Avec ses nombreux rebondissements et son écriture vive qui s’appuie sur le dialogue, Thierry Galdéano réussit à maintenir l’intérêt de cette saga familiale jusqu’à la fin. Plus intimiste que Le Sable, le répit, ce roman lui permet de prendre position sur les conséquences de l'indépendance du pays, notamment l'exode des Européens, dit Pieds-Noirs et d’une partie des Algériens ayant soutenu le maintien de l'Algérie française durant cette période, les Harkis.

En librairie – 23 €

Editions Les 2 encres












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