Un perpétuel état de bonheur ou l’itinéraire d’un enfant, pas vraiment gâté par la vie.


Rédigé par Catherine Nedelec - Angers, le Vendredi 23 Janvier 2009 à 11:05


Alain TISSOT est journaliste à Cholet. Il écrit aussi des textes pour la scène et, avec son épouse Françoise, professeur d’arts plastiques, il est l’auteur de « Ventraterre », série de dessins qui mettent en scène les dialogues décalés d’une tortue et d’un escargot. Avec « Un perpétuel état de bonheur », il signe son premier roman, dans lequel il retrace les premières années d’un garçon, découvrant la vie au contact de personnages hauts en couleur, qui lui donnent de nombreuses occasions de se questionner sur sa propre existence.



Alain TISSOT - Photo : le Courrier de l'Ouest
Alain TISSOT - Photo : le Courrier de l'Ouest
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« Mille métiers, mille misères….C’est comme ça qu’on a été dressés quand on étaient petits ». Dès les premières pages, Alain Tissot donne le ton. Sa narration se fait à la première personne. « Je » est son personnage principal dont on sait peu de choses, même pas le nom, plutôt une silhouette dans une ville inconnue. « Ceci n’est pas essentiel, le personnage influe plus sur le déroulement de l’histoire de cette façon ». Alain Tissot a serré son récit, de sorte que l’on va rapidement à l’essentiel. Ce jeune garçon subit son milieu social sans rechigner « C’est vrai qu’à quatorze ans, il n’y a pas de temps à perdre pour gagner sa croûte ».

Peu à peu, le contact des autres change son regard. Il rencontre la mesquinerie, la bonté aussi du père Pereau, le coiffeur qui tente de faire de lui et surtout malgré lui un bon employé et qui lui sauve la mise en décédant un peu trop tôt. Sa première conquête, Léa, l’initiatrice, et puis Véronica pour qui il intègre une association de charité dont il raille les basses manœuvres « Y a pas à dire, le monde tourne rond » conclut-il. Au gré de son parcours initiatique, il abandonne sa naïveté – le monde n’est pas aussi idéal qu’on le croit -, ses faiblesses – on peut rêver, idéaliser mais revenir à la réalité - car « Il a l’esprit pour percevoir l’aspect généreux ou cynique des gens ou des organisations ».

Grâce à un langage simple et un ton léger, Alain Tissot nous livre un roman vif qui se lit rapidement. Pourtant, tout au long de son récit, il pointe des sujets graves comme la détresse, « Une violence qui montait avec le vin qu’il (mon père) buvait d’un trait, comme une urgence », la maladie, la mort « i[Le jour où t’as vraiment les pétoches, tu te dis : tiens, je vais supprimer le tabac, l’alcool [….] Tout çà pour apprendre plus tard, que t’as une sclérose en plaque …. ]i» ou la guerre au Moyen-Orient. « Je suis journaliste et j’écris des formats courts » explique Alain Tissot, « J’avais envie d’écrire un texte long, dans un langage en décalage avec celui de mes articles, avec une entière liberté sur la forme et le contenu ».

En quelques chapitres, Alain Tissot pondère aussi la famille, le travail, la politique …Avec des phrases courtes et beaucoup d’humour pour cacher l’amertume qu’il ressent, des formules à l’emporte-pièce, il s’exprime à travers un personnage inventé, multiple, composé de toute une vie de rencontres et d’histoires entendues, qu’Alain Tissot, le journaliste, ancré dans la vie locale, a transmis à Alain Tissot, l’écrivain, rajoutant la poésie à son récit, l’affection à son « héros », grandi par la découverte de la réalité, qui continue inlassablement son voyage avec le regard d’un homme, amer et résigné, sur l’humanité.



Un perpétuel état de bonheur est édité aux éditions Les 2 Encres. Collection Plumes d’Encre
Vente sur internet et en librairie 11 €





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