Un thé bien enlevé aux arènes de Doué


Rédigé par - Angers, le 24/06/2011 - 13:54 / modifié le 24/06/2011 - 17:07


Vingt ans après sa création, « Thé à la menthe ou t’es citron ? », reprise par Patrick Haudecoeur, séduit toujours autant le public. Même si cette pièce n’est pas d’une haute volée intellectuelle, hier soir, aux arènes de Doué la Fontaine, elle a fait l’unanimité sur le plan comique.



Nathalie CERDA et Patrick HAUDECOEUR le jour de la première
Nathalie CERDA et Patrick HAUDECOEUR le jour de la première
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Thé à la menthe ou t’es citron ? » c’est du vrai théâtre de boulevard, comme on l’aime… ou pas, brulant ou glacé comme le thé, c’est selon. Chez Patrick Haudecoeur metteur en scène et principal comédien, tombé dans le comique quand il était petit, il y a un truc en plus : faire rire aux larmes grâce à des caricatures du vaudeville, des situations toutes plus grotesques les unes que les autres et des gags bien servis qui amusent tout le monde. Même les âmes chagrin qui n’y ont certainement pas trouvé de messages particuliers, se sont surprises à rire de cette pièce qui tourne en dérision le théâtre de boulevard.

Patrick Haudecoeur, avec son visage poupin de premier de la classe, s’est taillé là un costume sur mesure d’apprenti comédien. C’est le fond de cette pièce dans laquelle on retrouve les ingrédients qui font recette sur les boulevards : la femme, l’amant et le mari cocu et tous les quiproquos qui vont avec. Tout y est sauf que ça ne marche pas, pendant la répétition et encore moins le jour de la première. C’est le théâtre au bord de la crise de nerfs sur l’ensemble de la pièce.

Thé à la menthe ou t’es citron ? C’est l’histoire d’une troupe de comédiens répétant une pièce de boulevard où il est question d’un gentleman cambrioleur qui s’est introduit chez une aristocrate pour lui dérober ses bijoux. Nous sommes à quelques heures de la première. On retrouve sur scène Julien (Patrick Haudecoeur) lequel est aussi l’amant cambrioleur, naïf et gaffeur enchainant les maladresses au grand désarroi d’une aristocrate, Sophia (Nathalie Cerda), actrice ronchon et stressée, censée devenir sa maitresse d’un soir. On y retrouve aussi le mari de Sophia, Richard (Jean Luc Porraz), un comédien sur le déclin, pédant et gominé, qui enchaine les jeux de mots pitoyables et les gags foireux, une metteuse en scène débordée par les événements (Isabelle Spade), un serveur qui aimerait un plus grand rôle, une costumière allumée et un régisseur flegmatique, chacun émettant son avis sur le rôle des deux principaux comédiens. Ça ne tourne pas vraiment rond sur les planches et on est bien parti pour une pièce miteuse jouée par des comédiens calamiteux. Le jour de la première arrive et là c’est l’apothéose…

« Mais comment peut-on faire semblant d’être un comédien raté avec autant de talent ? », disait une dame conquise à la sortie de la pièce. En une heure trente, les comédiens ne perdent par leur temps pour semer la panique dans la salle. Si la première partie, la répétition, est un peu plate, la seconde, en costume de scène, vaut son pesant d’or, les gags les plus invraisemblables s’ajoutant les uns aux autres, au point que de faire décoller le public dans un élan de rires à répétition.

C’est simple et sans artifice, c’est au ras des pâquerettes diront certains, mais ça fonctionne, ça fait rire aux larmes et surtout ça efface tous les tracas de la journée. On en ressort fatigué, non pas d’avoir trop sollicité son cerveau, mais d’avoir surtout bien ri.

Cette pièce a remporté le Molière 2011 de la Pièce comique, sans surprise…





Yannick Sourisseau
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