Urgences : un pivot sanitaire victime de son succès

DOSSIER SANTÉ : SOIGNONS GROUPÉS # 5


Rédigé par Isabelle GAUDINO - Angers, le 03/04/2017 - 07:15 / modifié le 03/04/2017 - 13:47


Le service des urgences du CHU d’Angers a 40 ans. L’organisation des soins et la surface qui lui est dévolue ne correspondent plus ni aux besoins ni à la hausse régulière de l’activité. Etat des lieux d’un pivot du dispositif sanitaire régional.



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Partout en France, les urgences sont prises d’assaut. Un afflux que l’hôpital a de plus en plus de mal à gérer. A Angers, on comptait 43 379 passages aux urgences en 2006, contre 57 049  en 2016.  Sa fréquentation s’accroît de 3,5 à 4% par an.

« Nos locaux ne sont plus adaptés à l’activité et nos effectifs médicaux sont difficiles à compléter, la démographie médicale étant insuffisante par rapport aux besoins, surtout en médecine d’urgence, observe le docteur Betty Mazet, la chef du service. L’hôpital d’Angers étant un CHU, beaucoup de jeunes médecins viennent y compléter leur formation mais nous manquons proportionnellement de praticiens plus expérimentés. »

A Angers comme ailleurs, les facteurs d’engorgement sont nombreux : le vieillissement de la population qui présente des polypathologies, « un consumérisme médical exigeant un recours rapide à un médecin et à des examens complémentaires », « une insuffisance de la  permanence des soins en ville pour le non programmé au regard des besoins de la population », relève aussi le Dr Mazet, la difficulté d’accès à certains services de l’hôpital saturés…
Le vrai problème n’est pas tant l’engorgement à l’entrée que la difficulté des médecins à faire sortir les patients en leur trouvant un lit dans un service adapté.

Cette nouvelle donne nécessite une organisation rigoureuse où la politique du premier arrivé-premier servi n’a pas sa place. « Le tri se fait en fonction des signes de gravité à l’admission, précise le Dr Mazet, On établit un niveau de priorité auquel est associé un délai optimal de prise en charge. Nous avons modifié notre organisation en trois circuits : celui des valides à faible niveau de soin, celui à haut niveau de soins et celui destiné aux patients ayant recours aux soins psycho-sociaux. »
 
Depuis 2008, l’activité s’est tendue quasiment toute l’année avec une hausse relative des pathologies graves et urgentes. Si les moyens dédiés ont augmenté, ils restent insuffisants. Car le vrai problème n’est pas tant l’engorgement à l’entrée que la difficulté des médecins à faire sortir les patients en leur trouvant un lit dans un service adapté. De ce fait, certains malades peuvent « stagner » plusieurs heures  aux urgences alors même que de nouveaux patients continuent de s’y présenter. Fluidifier le trafic est devenu fondamental. Ce sera l’un des objectifs clefs du projet U+ (lire ci-dessous) pour améliorer encore la prise en charge des 150 patients angevins qui passent chaque jour aux urgences. 

U+ : un service des urgences optimisé 
C’est LE chantier d’avenir au CHU d’Angers. D’ici à 2022, le service des urgences adultes devrait intégrer de nouveaux bâtiments dans le cadre du projet U+. Envisagé dans un premiers temps sur le site de l’ex-centre Paul Papin, ces nouvelles urgences seront finalement construites sur l’emprise de l’actuel Hôtel Dieu Sud. "Elles seront repensées à l'aune des évolutions médicales et devront bénéficier des services les plus performants" a fixé Yann Bubien, le directeur du CHU dès le printemps 2016.  Plus modernes – plus techniques donc-, plus fonctionnelles, elles agrégeront autour d’elles de nombreux services qui lui sont liées (imagerie, réanimation et soins intensifs, neurologie et neuro-chirurgie, blocs opératoires et unités médicales). Coût du projet : 120 millions d’euros. Soit l’un des plus gros investissements de ces 20 dernières années sur Angers.

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