Vins d’Anjou : Le fruit est dans le verre


Rédigé par François BARDIN - Angers, le 17/02/2010 - 09:55 / modifié le 18/02/2010 - 19:11


Des jeunes vignerons Angevins produisent des vins d’un genre nouveau. Leur idée : faire des vins authentiques et naturels, quitte à bouleverser les habitudes des consommateurs.



Jean-François Chéné vigneron à Beaulieu sur Layon. La Coulée d'Ambrosia
Jean-François Chéné vigneron à Beaulieu sur Layon. La Coulée d'Ambrosia
Ils s’appellent Rosé d’un jour, Panier de fruits, Les Copains d’abords... Les rouges sont pétillants, les blancs ont goût de noix et les rosés se prennent pour des bonbons. Depuis quelques années, les vins d’Anjou sont en pleine révolution grâce à une poignée de jeunes vignerons qui vivent leur métier passionnément, mi-paysans, mi-artistes. Ils ont dans l’idée d’explorer de nouveaux goûts ou simplement de faire revivre le vin comme le faisaient leurs arrières grand-pères.

Certains d’entre eux étaient à l’affiche du salon Renaissance des AOC début février à Angers. Ce salon regroupe une centaine de vignerons européens qui ont pour point commun de tous travailler leurs vignes en culture biologique ou biodynamique. Une occasion de goûter au labeur de cette toute nouvelle génération de vignerons angevins.

Un goût de nature

Jean-François Chéné a la trentaine, vigneron à Beaulieu-sur-Layon, il présente ses vins pour la quatrième année au salon et commence à récolter les fruits de sa persévérance. Les acheteurs se pressent à son stand et reconnaissent l’originalité et la qualité de son travail.

Des fruits, il y en a plein ses vins. C’est son parti pris : retrouver dans le verre le raisin qu’on croque dans les vignes, un grain gorgé de soleil au goût de nature. C’est parfois déroutant car en Anjou, on attend du blanc la chaleur de l’alcool, la rondeur apaisante du rouge et la simple fraîcheur du rosé. Ici nos sens sont bouleversés, on hume des arômes de pommes, de fraises des bois, le vin moelleux est frais et le sucre se fait discret.

Xavier Caillard, lui, est vigneron près de Saumur. Il cultive une petite production de quelques hectares pour avoir le temps de peaufiner son vin, l’élever pendant 10 ans avant de le mettre en bouteilles. De cette longue attente, le goût du chenin, (le grand cépage blanc des vins d’Anjou) sort transformé, les arômes viennent d’ailleurs et nous font voyager, on pense à un vin du Jura qui aurait la pureté d’un vin de Loire.

Ils sont nombreux dans ce salon, dont l’intitulé n’est pas anodin, à faire renaître les AOC d’Anjou. Ils sortent des sentiers battus, prennent des risques commerciaux pour faire le vin qu’ils veulent et redécouvrent des méthodes ancestrales et naturelles.

Surprenants, déroutants, parfois expérimentaux, les vins de ces jeunes vignerons sont par contre toujours sincères et honnêtes. Ils bousculent nos acquis gustatifs et testent nos limites mais ont le mérite d’explorer de nouveaux univers. On aimait les vins de garde ? Découvrons les vins d’avant-garde !











Angers Mag








REPORT'CITÉ trace sa route

21/06/2017 - Report'Cité

Ouest eMedia Presse a été placée en liquidation judiciaire

21/06/2017 - L'équipe d'Angers Mag : Yves BOITEAU, Sébastien ROCHARD, Patrick TOUCHAIS