Yves Boiteau et Hadrien Rabouin : deux expériences réussies


Rédigé par Catherine Nedelec - Angers, le Mercredi 18 Mars 2009 à 10:49


L’aventure d’Hadrien Rabouin et de sa vache Camomille a fait le titre de nombreux médias durant plus de quatre mois. Yves Boiteau, journaliste, a rencontré Hadrien avant de faire de son journal de voyage un étonnant livre témoignage, nous éclairant sur le périple de ce jeune homme qui a choisi le voyage initiatique comme moyen d’apprentissage de la vie…



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Yves Boiteau et Hadrien Rabouin en dédicace. Photo Victor Bouyer
Yves Boiteau et Hadrien Rabouin en dédicace. Photo Victor Bouyer
Avant le grand départ, Yves Boiteau avait rédigé un article sur le projet d’Hadrien Rabouin. C’est alors qu’il fut contacté par le futur éditeur du jeune randonneur afin de mettre en forme le journal d’Hadrien après son voyage de quatre mois sur les routes de France. « Je n’avais jamais fait ce travail de réécriture. J’ai récupéré deux cahiers de notes avant son retour afin de m’imprégner du récit car j’avais peu de temps. Il fallait que le livre soit sorti pour le salon de l’agriculture ! ».

Un tour de force pour Yves Boiteau qui a « refait le voyage par projection », se découvrant des points commun avec Hadrien « une forme d’idéalisme et un côté authentique et sans concession ». Yves Boiteau a du cependant faire des choix comme supprimer certaines poésies ou certains passages trop longs afin de donner du rythme au récit. « Il me fallait respecter ses écrits tout en les remettant en perspective, recomposer parfois l’itinéraire car au fil des jours Hadrien avait perdu la notion du temps et les lieux ne correspondaient pas forcément au bons jours ».

Une personne discrète

Hadrien et Camomille  Photo Pascal Dacasa
Hadrien et Camomille Photo Pascal Dacasa
« Fils d’agriculteurs biologiques, bercé depuis mon enfance par les sons, les odeurs, les rythmes de la vie de paysan et du travail de la terre, j’ai toujours développé, pour tout ce qui touche à la nature, une passion et une curiosité sans fin ». De ces lignes tirées de l’avant propos, rare révélation sur la personnalité d’Hadrien, on comprend aisément la mission du jeune homme convenue avec son mécène, la Fondation Zellidja, qui soutient la formation des jeunes par le voyage. Ainsi, au cours de son voyage, Hadrien a effectué un recensement de noms vernaculaires de plantes, afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière leur nom et donc la raison de leur utilisation.

Bien que le récit soit rédigé à partir de cahiers personnels, Hadrien livre peu ses sentiments, peu de réflexions sur ce qu’il a vu, sur les gens qu’il a rencontrés, lui qui voulait aller à la rencontre des autres par des chemins détournés, à l’écart des circuits de formations classiques. Pour Yves Boiteau, « Hadrien est quelqu’un de discret qui ne s’épanche pas, même si son voyage est une recherche personnelle sur l’école de la vie. Il est peut-être un peu jeune pour analyser cette expérience à laquelle il pourra sans doute donner un sens d’ici quelques années ».

De nouveaux voyages en perspective

« Par contre, son histoire nous renvoie de nombreuses interrogations sur les aspirations des jeunes d’aujourd’hui, sur le regard des gens qui ont croisé ces voyageurs insolites, à la complicité grandissante au fil des jours, faisant perdre à Camomille les réflexes d’un animal ». Hadrien a pris goût à cette liberté. Fin mars, il part pour l’Italie chez un maître fauconnier puis en Thaïlande et enfin, en Amazonie pour s’immerger dans une tribu, séjour dont il espère rapporter des éléments de connaissance et de savoir.

Le journal d’Hadrien et Camomille
Editions du Rocher 18€


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