600 manifestants contre la réforme des retraites à Angers

Seulement 600 personnes ont manifesté mardi matin à Angers contre le projet de réforme des retraites. Une mobilisation en forte baisse que le seul mauvais temps ne suffit pas à expliquer. La réforme ayant été adoptée dans l'après-midi par l'Assemblée nationale, les syndicats organisateurs refusent se de résoudre à la résignation.



Les manifestants ont notamment défilé boulevard Foch avant de rejoindre rapidement la place du Ralliement d'où ils étaient partis.
Les manifestants ont notamment défilé boulevard Foch avant de rejoindre rapidement la place du Ralliement d'où ils étaient partis.
Le 10 septembre, ils avaient été 2200 à défiler pour les mêmes raisons, et sous le soleil, dans les rues d'Angers. Une première mobilisation "modeste", avions-nous écrit, mais qui avait contenté les organisations syndicales. Un mois après, pas de miracle social, CGT, Force Ouvrière, FSU et Solidaires n'ont drainé ce mardi que 600 personnes (550 selon la police) sur le bitume humide angevin et sous un ciel, il est vrai, franchement tristounet.

"C'est une période compliquée. Plus que les retraites, ce sont les suppressions d'emplois et la montée du Front National qui occupent la place médiatique, analyse Pascal Bouvier, le secrétaire de l'union départementale de la CGT, On ne va pas pour autant se résigner et continuer à occuper le terrain. 600, ce n'est pas non plus 150." Certes, difficile d'imaginer cependant que l'adoption attendue de la réforme par les députés mardi après-midi n'a pas dissuadé certains de se déplacer.

Paradoxalement, on a senti plus d'énergie dans les discours et les sonos ce mardi qu'il y a un mois. Boulevard Foch, les tubes de Queen - "I want it all" - et les chants militants se disputent l'espace sonore. En tête de cortège, Nathalie, militante CGT, employée dans une caisse... de retraite, estime que la réforme n'était "pas urgente", du moins "pas sous cette forme là". Elle dit ses inquiétudes pour la pérennité du régime par répartition et défend, face à l’iniquité des ressources, l'idée "d'une retraite minimum et maximum".

À ses côtés, chasuble FO sur le dos, Dominique, 59 ans, se montre plus critique encore. Tout juste retraité de La Poste, lui estime que le parallèle établi entre l'allongement de la durée de cotisations et celui de la durée de vie est carrément "aberrant". Ses arguments ? "On risque de déplacer le problème sur les branches maladies qui verront affluer les salariés et retraités en mauvaise santé. Surtout, on ne va pas chercher l'argent là où il se trouve." Sous entendu évidemment, chez les "grands patrons" et les actionnaires.

Devant la préfecture où s'achève le rassemblement, les prises de parole sont sans équivoque. "200 milliards d'exonérations patronales d'un côté, 20 milliards de trou pour la sécurité sociale. C'est un problème de répartition" appuie Catherine Rochard, secrétaire départementale Force Ouvrière. "Quel avenir offre-t-on à la jeunesse avec cette réforme" interroge un représentant du syndicat étudiant Unef, avant que la CGT pointe l' "hypocrisie", selon elle, d'une société qui veut faire travailler plus longtemps ses salariés, mais ne se presse pas pour les embaucher "après 50 ans".

À deux pas, un homme observe la scène entre bienveillance et fatalisme : "Je les comprends, mais sur cette question des retraites, je pense que les gens se sont résignés."

Mardi 15 Octobre 2013
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