A Doué-la-Fontaine, le Bioparc est prêt pour la réouverture


Rédigé par - Angers le Vendredi 6 Février 2015 à 14:20


Premier site touristique de Maine-et-Loire, le parc zoologique de Doué-la-Fontaine, rebaptisé Bioparc il y a quelques années, rouvre ses portes samedi prochain. Avec une véritable impatience et quelques pensionnaires supplémentaires. Fréquentation, projets, philosophie... son co-directeur, François Gay, répond à nos questions.



François Gay (© P. Chabot / Bioparc de Doué-la-Fontaine).
François Gay (© P. Chabot / Bioparc de Doué-la-Fontaine).
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Dans quel état d'esprit êtes-vous à la veille de l'ouverture ?
"C'est vraiment l'ébullition et c'est bien. Toute l'équipe est en train de courir dans tous les sens. On a retapé les allées, les réseaux d'eau et d'électricité, on a enrichi les enclos et les soigneurs sont aux petits soins pour les animaux. Il y a une véritable excitation et on est impatient d'ouvrir les portes samedi malgré le froid qui est là. Le printemps n'en sera que plus beau."

Que retenez-vous de la saison 2014  ?
"On ne va pas se plaindre. Elle a été satisfaisante en terme de fréquentation avec 228 722 visiteurs. C'est un petit peu moins qu'en 2013 mais ça reste très correct car si on a eu un très beau début de saison et une très belle arrière-saison, l'été n'a pas été magnifique. L'image forte de cette saison ? C'est le retour de nos visiteurs quand ils découvrent pour la première fois le Bioparc. Je pense à ceux qui ne sont jamais venus et que l'on sent profondément touchés et ça, c'est une vraie récompense pour nous. Après 55 ans d'existence, le zoo de Doué, je pense, est bien identifié comme un endroit naturel où on se sent bien, où on peut oublier ses soucis quotidiens et rencontrer des gens intéressants et passionnés. Bref, on a un bon retour des visiteurs qui ne sont jamais venus mais nous avons aussi de plus en plus d'abonnés et de fidèles avec qui on a su nouer de vraies relations de confiance. C'est plus profond."

Précisément, savez-vous si cette notion de "Bioparc" et tout ce qui fait votre identité, votre engagement pour la sauvegarde de nombreuses espèces, forment réellement un motif supplémentaire de visite ?
"Pour la clientèle qui s'intéresse aux problématiques environnementales et de nature, clairement oui ! Ils l'intègrent et ils peuvent venir ici car ils vivront une expérience différente, ce qui n'est pas le cas pour un panel assez large de visiteurs. Inconsciemment, une partie du public recherche toujours dans un zoo la collection avec tel ou tel gros animal. Quant au nom "Bioparc", on en est content, car il s'enracine progressivement. Il n'est pas très vieux mais on était mûr encore une fois, après plus de cinquante ans, pour revendiquer cette identité même si tout n'est pas encore parfait."

Vous pensez à quoi ?
"Il y a encore des enclos qui nous semblent trop petits, parce que tout évolue. Un grand parc aujourd'hui le sera moins demain. Mais dans les grandes lignes, on est fier de ce qu'on a construit tous ensemble et ça irrigue nos équipes et les visiteurs."
 
"On ne reconstitue pas l'écosystème, faut pas rêver- mais un milieu dans lequel la vie peut s'épanouir et se développer."

La vallée des Rhinocéros, la grande volière sud-américaine... L'expérience vous confirme-elle aussi la pertinence de vos grands choix d'aménagement ?
"Tout à fait. On a attaqué la grande phases des travaux en 2005 avec la vallée des rhinocéros qui a été un premier pas vers la mixité des espèces. Dans ce grand espace, on a pu se permettre de présenter des rhinocéros noirs qui sont des animaux territoriaux avec d'autres espèces comme des gazelles, des oiseaux... ce qui était une première en Europe. Ca nous a conforté dans l'idée qu'il est possible de gérer des cohabitations sans agressivité. On a jamais eu un animal accidenté ou des relations conflictuelles entre eux."

Et la grande volière ?
"Elle s'est inscrite dans la continuité. Quand on l'a réalisée, il a fallu qu'on trouve d'abord des animaux, qu'ils apprennent à voler, qu'ils se remusclent... Ca a pris du temps mais les résultats ont dépassé nos espérances. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup d'individus de la même espèce qui peuvent donc aujourd'hui se choisir. Résultat, on a une vraie réussite au niveau de la reproduction et on peut même se permettre de lâcher un peu prise avec cette gestion : quant un oiseau va faire un trou dans la falaise à 8 mètres de haut pour aller pondre, on ne peut plus grand chose. Mais ça marche aussi. Ca signifie que l'environnement qu'on a créé de toute pièce correspond aux besoins naturels de ces animaux. Ca représente l'enclos que mon père a toujours cherché à atteindre, c'est à dire un milieu qui tend vers la nature - on ne reconstitue pas l'écosystème, faut pas rêver- mais un milieu dans lequel la vie peut s'épanouir et se développer."

L'un des jeune tigreaux de Sumatra photographié peu après sa naissance en septembre (© Bioparc de Doué-la-Fontaine).
L'un des jeune tigreaux de Sumatra photographié peu après sa naissance en septembre (© Bioparc de Doué-la-Fontaine).
Ca donne aussi des moyens qu'il vous faut si vous voulez appliquer le même raisonnement pour vos aménagements futurs...
"Exactement. Mais on ne part pas d'abord dans une logique de course à la nouveauté annuelle systématique. Ce qui nous intéresse, c'est de faire les choses au bon moment quand on a réunit la capacité financière de les faire et d'acquérir les terrains. C'est pour cela que généralement, on a une grosse nouveauté tous les trois ans. Mais chaque nouveauté évolue. Le dernier gros projet, le sanctuaire des okapis (ndlr : ouvert en 2013) reçoit de nouvelles espèces et la vie s'y installe là-aussi. Des choses nous échappent et on est surpris de voir tous les jours en voyant des nouveaux comportements y compris dans le rapport des animaux à l'homme."

A la rubrique "Carnet rose", que retenir de l'année 2014 ?
"Chez les girafes, une de nos espèces emblématiques, on a eu deux naissances dont la petite dernière, Fandou, est née en septembre je crois. Au total, ça forme un groupe de neuf girafes qu'on peut voir dans leur carrière. Des tigres de Sumatra sont nés à l'automne aussi et ils font aujourd'hui le tiers de la taille de leurs parents. Deux loups à crinière sont arrivés aussi pendant la période de fermeture, il s'agit de deux femelles. Et puis nous avons eu des naissances de vautours dans le cadre du programme de protection que nous menons avec la LPO. Un vautour moine et un vautour fauve sont partis compléter les populations naturelles en Bulgarie et dans le Sud de la France où sa réintroduction a fonctionné. On est très fier."

www.bioparc-zoo.fr
Horaires : de 10h00 à 18h00 (en février et mars). Tarifs : 19,90€ (adultes), 14,50€ (enfants de 3 à 10 ans), 18,50€ (demandeurs d’emploi). Familles nombreuses (à partir de deux adultes et trois enfants) : 18,50 € (adultes) et 13,00 € (enfants).




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