Agglo d'Angers : un budget et du chahut


Rédigé par - Angers, le 10/03/2015 - 06:00 / modifié le 31/03/2015 - 21:13


Le conseil communautaire a adopté hier soir le budget d'Angers Loire Métropole pour l'année 2015. L'occasion pour les élus de revenir, de manière virulente ou potache, sur les sujets qui ont fait l'actualité de ces derniers mois, et pèseront dans celle de demain.



Les élus de l'agglo d'Angers ont adopté à une grande majorité le budget 2015. Et évoqué de nombreux sujets qui ne manqueront pas de marquer les prochains mois.
Les élus de l'agglo d'Angers ont adopté à une grande majorité le budget 2015. Et évoqué de nombreux sujets qui ne manqueront pas de marquer les prochains mois.
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Il régnait une ambiance de cour d'école, lundi soir, au conseil d'agglo, à l'heure d'adopter le budget 2015 de la collectivité. Mettons fin sans tarder à un suspense insoutenable : oui, le budget -tel qu'il avait été présenté lors du débat d'orientations budgétaires il y a un mois- a été adopté par la grande majorité des élus.

Mais en marge de cette adoption, on a eu droit à tout ce qui fait le charme d'une cour d'école. Dans le rôle de l'élève frondeur, on retrouve sans surprise Antony Taillefait -par ailleurs professeur en finances publiques à l'Université d'Angers. L'élu de l'opposition angevine a relevé dans la présentation du budget "l'illustration d'un mépris vis-à-vis des conseillers communautaires non maires de cette assemblée". Il estime en substance ne pas avoir eu les informations nécessaires pour se prononcer sur ce budget, avant de se faire plus offensif encore sur la question du tram, "un projet mal débrouillé, imaginé un matin de campagne sans réalité technique ou financière".

Qui d'autre que Christophe Béchu, "choqué", pour jouer le rôle du professeur ? "Monsieur Taillefait, je vous renvoie cette question : pourquoi tant de mépris ? Sortez de ces postures, vous allez vous faire du mal pour rien ! Je commence à vous connaître un peu, et vous valez mieux que ça", poursuit, un brin condescendant le président de l'agglo. "Reprenez-vous, car vous allez vraiment finir par lasser les uns et les autres." On a frisé le conseil de discipline... fort heureusement évité par le bon camarade Frédéric Béatse, fustigeant les "conseils de maître d'école" de Christophe Béchu et l'appelant "à respecter Antony Taillefait tel qu'il est".
"Les questions  de l'opportunité de la 2e ligne et de son  tracé ne se posent plus. Reste celles du calendrier et des modalités de financement"

Fin de la récréation ? Non ! Sur le sujet du tram- qui fait décidément couler beaucoup d'encre- on a pris Marc Laffineur, le 1er vice-président de l'agglo, en flagrant délit de rétropédalage. Il y a 10 jours, lors de l'émission Quai des Carmes, c'est lui qui avait allumé la mèche, avançant qu'il serait raisonnable de reporter la réalisation de la seconde ligne de tram "au prochain mandat", pour limiter l'endettement de la collectivité. "J'ai toujours été favorable à cette 2e ligne", a commenté le député-maire d'Avrillé lundi soir, mais "que la décision ne serait pas prise avant 2016".

Un brin agacé par les atermoiements de ces derniers jours sur le sujet, Christophe Béchu a clos le débat, en arguant que la décision ne se prendrait pas "dans les colonnes des journaux", mais "dans la salle du conseil communautaire. Les questions de l'opportunité de la 2e ligne et de son  tracé ne se posent plus. Reste celles du calendrier et des modalités de financement", conclut le président de l'agglo. Bref, le maître d'école, redevenu élève, couvre son petit camarade. 

Fin des cours ? Pas tout à fait, puisque Marc Goua a gratifié l'assemblée de son esprit potache, sur la très sérieuse question de la communauté urbaine (voir plus bas). "Perplexe devant cette évolution à marche forcée à l'heure où l'on veut rapprocher les décisions du citoyen", le député maire de Trélazé ne s'interdit rien sur le sujet et fait appel à ses souvenir d'armée -là où il a fait ses... classes- pour l'illustrer : "Il ne faut jamais pisser contre le vent"

Précisons ce proverbe pour le moins populaire pour conclure ce conseil haut en couleur : "Qui pisse contre le vent mouille sa chemise". Après tout, n'est-ce pas ce que l'on demande aux élus ?

Conseil communautaire : échos et à côtés…

Un conseil communautaire à huis clos se tiendra le 23 mars prochain sur le sujet Biopole.
Un conseil communautaire à huis clos se tiendra le 23 mars prochain sur le sujet Biopole.
L'avenir de Biopole à huis-clos
Convoqués ! Les élus d'ALM sont invités à un conseil communautaire à huis-clos, le 23 mars prochain. Au menu du soir : Biopole. Alors que les négociations avec le constructeur, Vinci, ont échoué, Christophe Béchu a indiqué lundi soir, lors du conseil d'agglo, que la collectivité était entrée dans une phase "pré-contentieuse. Le cabinet d'études que nous avions mandaté pour y voir clair d'un point de vue technique a fait apparaître deux solutions : le réaménagement du site ou la fin de l'exploitation. Nous allons approfondir ces deux hypothèses." 

Reste qu'il convient d'agir. Et vite. "Les premiers actes juridiques doivent être posés rapidement", confirme Christophe Béchu. Il informera les élus communautaires, lors de ce prochain huis-clos choisi en raison "de l'ampleur du préjudice et du caractère sensible du dossier", des analyses juridiques et techniques précises. Avant un enterrement en catimini ?

Bientôt la communauté urbaine
Le conseil communautaire de lundi soir a été l’occasion d’une première discussion publique sur le projet de transformation de l’agglomération d’Angers en communauté urbaine (voir l'article que nous y avions consacré dans le magazine du mois de février). Du point de vue administratif, tout doit être entériné au 1er janvier 2016, sans quoi les avantages financiers –estimés à 4 M€, en Dotation globale de fonctionnement supplémentaire- n’existeront plus.

La perspective n’inquiète pas Christophe Béchu outre mesure : « ALM exerce déjà 90 % des compétences obligatoires d’une communauté urbaine… » Reste tout de même à organiser d’ici le 1er janvier 2016 la question de la voirie, autre compétence obligatoire d’une CU. Quid des équipements culturels à intérêt communautaire ? « Les délais sont contraints, donc nous allons faire cette communauté urbaine a minima. Nous aurons ensuite deux années pour ajouter des compétences facultatives, comme la culture », conclut Christophe Béchu.

Entre les doutes émis, au nom de son conseil municipal, par le maire de Beaucouzé Didier Roisné, ou ceux de Marc Goua interpellant sur "le miroir aux alouettes" que constitue la dotation supplémentaire ; entre l'opposition nette et sans bavure du communiste Alain Pagano et la volonté de Frédéric Béatse (PS) d'aller dès 2016 "plus loin que les simples compétences obligataires, sur ce qui fait sens commun", le président de l'agglo devra, là aussi, faire preuve de pédagogie...

La Cité de l'objet connecté sur le site de RCO
C’est la fin d’un feuilleton qui aura alimenté la chronique, ces derniers mois : la future Cité des objets connectés ouvrira ses portes courant mai dans les murs de RCO (Radio comptoir de l’Ouest), non loin du Parc des expositions, à Saint-Sylvain d’Anjou. Exit, donc, l’ex-usine Valéo, à la Roseraie, qui a longtemps tenu la corde. L’agglo d’Angers a racheté les bâtiments de RCO pour 4M€, sur un site qui présente l’avantage de ne pas nécessiter de gros travaux.

L’agglo et la Caisse des dépôts filent bon train
Les responsables de l’agglomération d’Angers ont rencontré il y a quelques jours le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) –qui a repris depuis 2013 l’activité de financement des collectivités locales de la banque Dexia- avec deux bonnes (possibles) nouvelles à l’ordre du jour : la première consiste en une convention signée entre la CDC et l’agglo qui garantit, sur la durée du mandat (jusqu’en 2020), des facilités de financement sur les projets structurants. En clair, l’agglo pourra contracter 50 % de ses emprunts auprès de la CDC sur des projets comme le tram ou la patinoire.

Autre engagement, tout aussi fondamental, la CDC garantit, par convention, le financement de poursuite d’activité des Sociétés d’économie mixte du territoire, qui portent des projets comme les Capucins (dont le contrat d’urbanisme vient d’être accordé au cabinet angevin GOA, qui succède à Roland Castro), ou le Plateau de la Mayenne. Une vraie bouffée d’air frais pour des structures qui avaient quasiment atteint l’emprunt maximal… pour peu que l’activité reprenne.
 
Le second point concerne les quelque 800 salariés (dont la grande majorité se trouve à l’heure actuelle rue Louis Gain) de la CDC sur Angers. Si ceux qui dépendent de la direction interrégionale de la CDC devraient rejoindre le bâtiment Foch projeté par le Conseil général, le directeur a visité lors de sa visite à Angers le site de Gare+. « Je ne doute pas que nous devrions avoir, d’ici l’été, une réunion de travail conclusive sur le sujet », avance le président de l’agglo, Christophe Béchu.




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