Alain Juppé à Angers, les mots d'une visite très politique


Rédigé par - Angers, le 02/07/2015 - 07:57 / modifié le 02/07/2015 - 19:46


Candidat aux primaires des Républicains pour l'élection présidentielle, Alain Juppé, le maire de Bordeaux était en visite mercredi à Angers. Aux côtés de Christophe Béchu, désormais l'un ses proches soutiens, il a réaffirmé sa volonté d'une grande alliance avec le centre voire "les déçus du hollandisme" pour redresser la France et contrer la montée du Front National. Morceaux choisis.



Arrivé en début d'après-midi à la gare, Alain Juppé a traversé à pieds le centre-ville d'Angers, avant de rencontrer l'équipe municipale, d'échanger avec des représentants de Végépolys puis des militants à Avrillé le soir même. Il rencontre ce jeudi matin des chefs d'entreprises et se rend ensuite dans le Segréen puis le Choletais.
Arrivé en début d'après-midi à la gare, Alain Juppé a traversé à pieds le centre-ville d'Angers, avant de rencontrer l'équipe municipale, d'échanger avec des représentants de Végépolys puis des militants à Avrillé le soir même. Il rencontre ce jeudi matin des chefs d'entreprises et se rend ensuite dans le Segréen puis le Choletais.
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Angers
"J'ai vécu ici presque une année (il a fait son stage de l'ENA à la préfecture en 1970, NDLR). Ma femme y a fait ses études, ma fille, Marion, y a vécu, et j'ai de la famille dans le coin, à Angers même, à Cholet aussi. C'est une ville que je connais un peu et dont j'apprécie d'abord l'harmonie, la beauté, l'esprit général. Je me retrouve ici, sans faire de citation un peu éculée, dans une douceur qui me plaît bien. Mais ce sont souvent les formules les plus éculées qui sont les plus vraies."

Les primaires
"Le cadre est fixé, les choses se présentent bien mais il y aura un gros travail d'abord d'information et ensuite de mobilisation à faire pour que l'on puisse s'adresser non pas à quelques centaines de milliers de militants, mais à 3 ou 4 millions de citoyens qui veulent de l'alternance. Mes groupes de réflexion fonctionnent, mes contacts se multiplient dans toute une série de domaines. Je viens de donner le bon à tirer d'un livre sur l'éducation, il est terminé. Ce n'est pas encore un programme de gouvernement mais c'est très certainement une matière à débat dans l'opinion avec les parents, les professeurs et tous ceux qui considèrent que l'éducation est la mère des réformes."

Déjà en campagne ?
"Arrêtons sur ce thème là : si on n'est pas au contact, on vous reproche d'être enfermé à Paris dans votre bureau; si on est au contact, on vous reproche d'être en campagne. Je ne me préoccupe pas de ces reproches : je suis au travail, je le répète, dans un travail d'écoute et de construction ou de co-construction de mon projet. C'est le rôle de l'homme politique. J'exerce à plein les fonctions de maire de Bordeaux et de président de Bordeaux métropole. Je n'ai pas le sentiment d'être plus particulièrement en campagne."

"Un besoin d'apaisement et de stabilité"
"Ce qui tourneboule les Français, c'est le sentiment que la boussole est déréglée. On leur a dit en 2012 qu'il fallait exterminer la finance et puis, en 2014, qu'il faut faire un pacte de responsabilité et se réconcilier avec les entreprises, et puis on annonce qu'on n'augmentera plus les impôts et puis les parlementaires socialistes ont déposé des amendements pour les augmenter... On fait des textes de loi ni faits, ni à faire comme la réforme du compte pénibilité, celle de la réforme territoriale.... Ce sentiment de désordre et de confusion fait que les Français ont besoin de stabilité, de visibilité et d'apaisement. 2017 sera un moment crucial, avec un choix clair : ou bien on continue sur la pente de ce long déclin, indolore, pas pour tous, qui risque d'être inéluctable, ou bien, on remonte."
Retraite à 65 ans, régime unique de retraites : "Ce sera oui ou non, mais ça aura le mérite de la clarté."
"En cinq ans, on peut faire des choses"
"Sauf progrès spectaculaire des biotechnologies qui me permettrait de remplacer la totalité de mes organes, je ne ferai qu'un seul mandat. Ca rassure beaucoup ceux qui se disent qu'au moins au lendemain de son élection, il n'aura pas la préoccupation de se faire réélire. Si je suis élu, ce sera sur un vrai projet, un ensemble d'engagements précis, pas 110 propositions mais 10 programmes de travail précis sur lesquels je demanderai aux Français leur confiance. Je leur dirai par exemple qu'il faut porter l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, s'avancer vers l'harmonisation des régimes de retraites pour aller vers un régime unique... Et ce sera oui ou non, mais ça aura le mérite de la clarté."

"Un grand pays économique avec des boulets aux pieds"
"Il y a des pauvres en France, hélas, et leur taux ne recule pas mais il y a aussi beaucoup d'argent et d'épargne. Cette épargne, elle ne s'investit pas dans les financements et les investissements de nos entreprises. Pourquoi ? Notamment à cause d'un régime fiscal complètement dissuasif. Quand vous avez des actions et que vous touchez des dividendes, ceux-ci sont taxés au taux marginal de l'impôt sur le revenu plus des cotisations sociales diverses et variées. Ca fait un peu plus de 60 % de prélèvements. Ensuite, si vous faites une plus-value et que vous les revendez, même topo. Quand vous transmettez une entreprise, idem, et cerise sur la gâteau, vous avez l'impôt sur la fortune. Résultat, il y a un flux permanent de gens qui vont investir ailleurs dont, le plus grave, des jeunes créateurs d'entreprises. C'est la raison pour laquelle je suis arrivé à la conclusion que cet impôt sur la fortune, quelle que soit la difficulté psychologique à le faire admettre, devait être supprimé."

La Grèce
"Nous avons tout intérêt à la garder avec nous et elle a toute sa place en Europe. C'est notre culture, littéraire, philosophique même scientifique. Cela dit, il faut dire la vérité aux Grecs : on a découvert en 2009 qu'ils avaient totalement triché sur leurs comptes. Pourtant, on leur avait donné beaucoup, beaucoup d'argent. Quand j'entends les experts américains dirent que l'Europe doit faire des efforts, c'est bien gentil mais on a déjà effacé plus de la moitié de la dette privée vis à vis de la Grèce. On est prêt à les aider à condition que ce ne soit pas le tonneau des Danaïdes. Il faut qu'ils prennent des engagements."
Projets de mosquée : "Le premier conseil que j'aurais à donner, c'est de ne pas croire les conneries qui circulent sur Twitter."
Terrorisme
"Ce qui compte, c'est une volonté politique indéfectible. On est en guerre, car une organisation criminelle, pas un Etat, nous a déclaré la guerre, et donc il faut se défendre sur le plan international et interne. Si j'avais été parlementaire, j'aurais très certainement voté la loi sur le renseignement. En revanche, je pense qu'il serait peut-être temps de relancer un vieux projet, la mutualisation des moyens des Européens en terme de défense."

Islam : comment les élus doivent accompagner les projets de mosquées ?
"Le premier conseil que j'aurais à donner, c'est de ne pas croire les conneries qui circulent sur Twitter (le maire de Bordeaux est attaqué sur les réseaux sociaux pour son soutien au projet de mosquée dans sa ville, NDLR). Je commence à en avoir ras-le-bol de ce machin là, c'est pas possible. C'est vraiment la poubelle de l'information : je n'ai jamais annoncé que la Ville de Bordeaux allait construire une mosquée et la financer. J'ai simplement dit, et je persiste, que les musulmans ont droit à des lieux de prière, comme les catholiques, comme les protestants, les juifs, les bouddhistes, dès lors qu'ils respectent les lois de la République. A Bordeaux, il y a un besoin, la communauté musulmane a un projet et j'ai simplement dit que non seulement je ne m'y opposerai pas mais que j'essayerai de le faciliter, bien évidemment sans mettre de l'argent public, puisque je n'y suis pas autorisé."

Mariage pour tous
"Mes idées sont mes idées. J'ai déjà pris position là-dessus, je ne reviendrai pas sur l'étape du mariage pour tous. Regardez le monde ! L'Irlande, les Etats-Unis,... ça y est, il y a un seuil qui a été franchi dans l'évolution de nos moeurs et ce serait un débat inutile que de rallumer cette question."








 




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