Alexinho : « J’espère vivre de mon art »


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Mardi 22 Décembre 2015 à 08:51


L’Angevin Alexis Grimaud, de son nom d’artiste Alexinho, vient de décrocher, à 19 ans, un double titre de champion de France de beatbox, en solo et par équipe. Rencontre avec un jeune homme humble et ambitieux.



Alexinho, alias Alexis Grimaud, vient de décrocher un double titre de champion de France de beatbox. Crédit photo : Paco Photograhie
Alexinho, alias Alexis Grimaud, vient de décrocher un double titre de champion de France de beatbox. Crédit photo : Paco Photograhie
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Peux-tu te présenter ?

« Je suis un pur Angevin ! J’ai actuellement 19 ans et je suis en 2e année de BTS Fluides Énergies au lycée Jean-Moulin. Mais j’avoue que c’est un peu un plan B pour moi. J’aimerais vraiment décrocher l’intermittence, assez rapidement ».

Comment le beatbox est arrivé dans ta vie ?

« Un peu par hasard. C’était il y a six ans. J’ai regardé une vidéo de Joseph de la Nouvelle Star sur le net. C’était la première fois que je voyais un beatboxer. Cela m’a bluffé et j’ai commencé à travailler dans mon coin. J’ai tout simplement imité tous les artistes que je pouvais voir en vidéo ».

Quelle a été la rencontre ou quel a été le déclic pour que tu te lances vraiment ?

« J’ai rencontré L.O.S (beatboxer angevin qui fut le premier champion de France de la discipline, titre acquis à Angers en 2006 NDLR) au centre Jean-Vilar, début 2009. J’étais allé à ses ateliers et j’ai pu échanger avec d’autres adeptes. En octobre de la même année, L.O.S m’a proposé d’aller avec lui au championnat de France qui se déroulait à Toulouse. Il avait senti mon talent, si je peux l’exprimer ainsi, et ma motivation. À 13 ans, j’étais de loin le plus jeune de la compétition ! Mes parents m’ont d’ailleurs suivi. Mais je me suis senti tout de suite dans la famille des beatboxers et, une nouvelle fois, les rencontres ont été riches pour moi ».

Crédit photo : Paco Photographie
Crédit photo : Paco Photographie
Et quelles furent ensuite les étapes importantes de ta progression ?

« C’est d’abord la rencontre avec Efaybee, un artiste choletais aujourd’hui basé à Nantes, qui est aujourd’hui l’un de mes meilleurs potes. On a fait un premier battle (affrontement artistique) en deux contre deux, en 2010. En 2012, à Perpignan, on en gagne un lors d’une compétition européenne. Une première victoire et une première claque pour moi. L’année 2014 est celle des battles internationaux en solo, dont un en Suisse où j’atteins les demi-finales. Je rencontre des compétiteurs du monde entier et cela me booste énormément. La même année, je deviens vice-champion de France à Nantes ».

Et l’année 2015 est vraiment celle de la consécration…

« Assurément ! Cela commence par le championnat du monde, en mai, à Berlin. On est environ 140 à participer, et je termine dans les huit premiers. Arrive le championnat de France, en novembre dernier, à Nantes, et je deviens champion de France en solo et par équipe. J’étais très fier de moi car j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Et j’ai aussi beaucoup été soutenu par mes potes beatboxers ».

À tous ceux qui ignorent ce qu’est le human beatbox (littéralement « boîte à rythmes humaine »), comment pourrais-tu le définir ?

« Pour la petite histoire, c’est un art apparu aux États-Unis au début des années soixante-dix, dans un ghetto de New York. Il est associé au mouvement hip hop et permettait aux artistes de se passer de boîtes à rythmes. Le beatbox, c’est le fait de reproduire des sons, de la musique avec sa voix, son nez, ses dents et sa langue. C’est ce côté bluffant du « rien qu’avec la bouche » qui me séduit. On peut aborder tous les styles et j’aime d’ailleurs les varier : hip hop, dubstep, drum’n bass mais aussi reggae ».

Quels sont les critères qui départagent les beatboxers lors des compétitions ?

« Ils sont au nombre de cinq. Il y a la technique, la musicalité, l’originalité, la qualité des sons et la présence scénique ».

Quels conseils donnerais-tu à un jeune qui veut se lancer dans ta discipline ?

« D’écouter beaucoup de beatbox, de trouver ses sons à lui et plus généralement d’écouter beaucoup de musiques diverses pour pouvoir nourrir son art ».

Une préparation spéciale est-elle nécessaire pour pratiquer ?

« Chez moi, c’est devenu un réflexe. Je marche dans la rue et je commence à faire des sons. Sinon, avant chaque compétition, c’est comme pour un chanteur : on s’échauffe la voix, on fait des vocalises ».

Il semble que le beatbox soit à la mode aujourd’hui. Comment vois-tu son évolution ?

« C’est vrai qu’il y a plus d’événements organisés aujourd’hui en France. Les médias s’intéressent aussi un peu plus à cette discipline. Et ce qui a changé, c’est la demande plus forte d’artistes ou de groupes faisant appel au beatbox. Cela apporte plus de visibilité ».

Et quelle est à la suite ?

« Je vais conjuguer projet solo sous forme de show, projet de groupe avec le rappeur Dajanem et Mister Smith et projet d’équipe avec Efaybee, Furax et Saro de Rennes et Hutch d’Angers, mes partenaires champions de France. J’ai aussi pas mal de demandes pour faire partie de jurys. Je serai de celui de la « End Of The Weak » du 16 janvier au Chabada. Et puis il y a le championnat du monde, à Berlin, en 2018, en solo et par équipe ».













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