Angers, le nouvel élan de la Bio

La conquête du bio (1/5)


Rédigé par - Angers, le 27/06/2016 - 07:15 / modifié le 28/06/2016 - 01:35


Nouveaux producteurs, nouveaux magasins, nouveaux consommateurs… Quarante après leurs premiers pas, les produits biologiques connaissent un véritable essor sur le territoire angevin, confirmant leur installation pérenne dans notre paysage économique et social. Le bio, nouvel eldorado ?



Isabelle Lebeugle et Matthieu Perrouse, directrice adjointe et directeur de la Caba-Biocoop.
Isabelle Lebeugle et Matthieu Perrouse, directrice adjointe et directeur de la Caba-Biocoop.
la rédaction vous conseille
A l’image de la CABA-Biocoop, son pionnier, la distribution de produits biologiques est en plein renouveau sur Angers.
Le symbole est fort. Ce 30 juin, la Coopérative d’alimentation biologique d’Anjou (CABA) ouvrira sa quatrième enseigne Biocoop de l’agglomération angevine, boulevard Foch, en lieu et place de l’emblématique magasin de musique Desevedavy.

Une épicerie bio de 250 m2 sur le plus prestigieux boulevard d’Angers, qui l’aurait parié ? « C’est un choix d’avenir qui s’inscrit aussi dans notre logique de limitation des déplacements. On voulait que la CABA soit visible et accessible à pied pour les habitants de l’hyper-centre. Bref, que l’on assume pleinement notre rôle de magasin de proximité », justifie Matthieu Perrouse, le directeur de la CABA-Biocoop, assis dans les bureaux flambants neufs du… 50 boulevard du Doyenné.
Vous ne suivez déjà plus ? Vous avez probablement manqué l’essentiel : le 16 mars dernier, la CABA-Biocoop a quitté définitivement son magasin historique de la rue de la Chalouère pour s’installer sur 700 m2 de bâtiments à deux pas du Chabada et à proximité du Carrefour Saint-Serge.

Un déménagement destiné à répondre à l’exiguïté et aux défauts d’accessibilité de l’ancienne boutique, ouverte au milieu des années 80, qui a fait causer y compris dans les rangs de la coopérative. Trop beau le petit supermarché bio du Doyenné ?  Les premiers chiffres valent pour grande partie réponse aux interrogations des sceptiques. En deux mois, la fréquentation du magasin a progressé de 68% et son chiffre d’affaires, « de plus de 50% », dépassant toutes les espérances des responsables de la CABA. « Nous avions des efforts à faire pour rassurer tous ceux qui avaient soit une fausse image, soit une mauvaise connaissance de ce que nous sommes. La densité de nouveaux clients et de curieux montre que nous avons eu raison » appuie Matthieu Perrouse. 
« Nous avions des efforts à faire pour rassurer tous ceux qui avaient soit une fausse image, soit une mauvaise connaissance de ce que nous sommes. La densité de nouveaux clients et de curieux montre que nous avons eu raison » 

Surtout, avec bientôt 70 salariés et désormais quatre boutiques (Doyenné, Mûrs-Erigné, Avrillé et Foch), la CABA-Biocoop prouve qu’on peut être et avoir été. Car il y a quatre ans, c’est bien le gouffre qu’a entrevu la coopérative. Confrontée à d’importantes difficultés financières, elle avait dû passer alors par un plan de licenciements et le soutien du réseau Biocoop pour se sortir de l’ornière. Un tournant. « Depuis longtemps, la CABA est reconnue au sein du réseau par son dynamisme militant. Mais ce dynamisme s’est fait parfois au détriment de la partie technique et de la gestion. Quand la crise économique est arrivée, nous n’étions pas bien armés » reconnaît Isabelle Lebeugle, sa directrice adjointe.

Pour Pascal Deve, le directeur de Carrefour Saint-Serge, le bio est devenu aussi un enjeu commercial :  « C’est un vrai segment qui va continuer de se développer. Mais c’est bien le consommateur qui décide au final dans son face à face avec le produit."
Pour Pascal Deve, le directeur de Carrefour Saint-Serge, le bio est devenu aussi un enjeu commercial : « C’est un vrai segment qui va continuer de se développer. Mais c’est bien le consommateur qui décide au final dans son face à face avec le produit."
Entre 2008 et 2011 à Angers, comme ailleurs, les boutiques de la CABA-Biocoop ont été confrontées à une baisse notable du panier moyen de leurs clients. « Entre 2010 et 2011, il s’est fermé autant de boutique bios en France qu’il s’en est ouvert. L’écrémage s’est fait à cette période », analyse Antoine Lemaire, le directeur de la rédaction de la revue spécialisée Bio Linéaires. Localement, la période correspond aussi à la percée des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) et d’autres initiatives de circuits courts (paniers bio etc…) sans oublier les efforts des réseaux des GMS (Grandes et moyennes surfaces) pour densifier leurs propres rayons bios. « 93% de nos clients consomment aujourd’hui du bio. Il n’y a plus de clientèle spécifique pour ces produits dont les prix ne sont plus si décrochés que cela du marché », atteste Pascal Dève, le directeur du Carrefour Saint-Serge.
"Il n’y a plus de clientèle spécifique pour ces produits dont les prix ne sont plus si décrochés que cela du marché." Pascal Deve, directeur du Carrefour Saint-Serge
En capacité de proposer plus de 6000 références dont 1/3 en marque distributeur (Carrefour Bio), son hypermarché a enregistré 40% de progression d’activité sur le bio l’an passé. En tête des ventes : le lait, les œufs, les fruits et légumes et les produits pour bébé, sans oublier le pain. Un succès tel qu’une double implantation d’une partie de ces produits en rayons est aujourd’hui à l’étude. « C’est un vrai segment qui va continuer de se développer, assure Pascal Dève, Mais c’est bien le consommateur qui décide au final dans son face à face avec le produit. »

Un face à face pour lequel les Angevins auront bientôt plus de choix encore. Lancé à Chartres en 2007, le réseau de supermarchés bios NaturéO recrute actuellement sur internet des salariés pour son futur magasin angevin. 700 m2 de surface commerciale supplémentaire sont annoncés du côté de Grand Maine. Au risque de provoquer une suroffre ? « Le débat est là, estime Antoine Lemaire. On peut imaginer qu’il y aura de nouveau un écrémage à un moment donné mais en attendant, la réalité, c’est bien que le consommateur est là. » Selon une étude menée récemment par son magazine Bio Linéaires auprès de 700 points de vente en France, 93% indiquaient avoir connu une hausse de fréquentation en 2015. Qui dit mieux ?

Les chiffres clefs de la bio en Maine-et-Loire
30 349 ha de terres agricoles seraient aujourd’hui cultivés en bio en Maine-et-Loire. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans et cela représente plus 6% de la surface agricole totale utilisée du département. 

650 fermes environ pratiquent aujourd’hui l’agriculture biologique en Anjou. Elles étaient un peu plus de 300 il y a dix ans.

13,5 % des installations aidées chaque année relèvent de l’agriculture biologique. 

260 opérateurs environ transforment et distribuer des produits bios en Maine-et-Loire. Parmi eux, quelques marques pionnières - Biofournil (pain), Gaborit (produits laitiers), Bio Loire Ocean (fruits et légumes), La Fabrique des bières d’Anjou – et des grands opérateurs ayant développé leurs propres activités bio : Biscottes Pasquier, Pom’Anjou (fruits), Elivia et Charal (boeuf), Porci Mauge (porc).


LES TAGS : Angers, Bio, Biocoop, Caba


Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : #JPEL "Contre le complotisme, on ne peut pas enrayer tout (...) Mais on peut entraîner les cerveaux." 👏👏JB Schmidt… https://t.co/6pn23fJUHD
Vendredi 9 Décembre - 15:01
Angers Mag : L'indépendance, un état d'esprit ? #Angers Mag bien chez soi à la journée de la presse en ligne à Paris. #JPEL https://t.co/EpAgR2dt6N
Vendredi 9 Décembre - 12:17
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de décembre signé Fañch Juteau #prevention #VIH https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/oAZR7nNURX
Vendredi 9 Décembre - 12:01
Angers Mag : #Angers Le dessin du mois de septembre signé Fañch Juteau #accrochecoeurs https://t.co/J3CxFCf8FC https://t.co/Jkrkty2UMe
Vendredi 9 Décembre - 10:51


cookieassistant.com