Angers : une marche de soutien au peuple malien


Rédigé par - Angers, le 09/04/2012 - 10:41 / modifié le 12/04/2012 - 14:02


La ville d’Angers, jumelée avec Bamako, la capitale du Mali depuis 1974, est très préoccupée par la situation conflictuelle de ce pays d’Afrique réputé comme l’un des plus stables, il n’y a pas si longtemps encore. De nombreux Maliens sont installés ou effectuent leurs études dans le cadre d’échanges franco-maliens, à Angers. Ces derniers, très inquiets, en appellent au soutien des Angevins lors d’une grande marche prévue le 14 avril prochain.



Les représentants des maliens d'Angers et des associaitons locales, devant la préfecture d'Angers, le 31 mars dernier
Les représentants des maliens d'Angers et des associaitons locales, devant la préfecture d'Angers, le 31 mars dernier
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Regroupés en collectif, les Maliens d’Angers, rejoints par de nombreuses associations d’échange avec l’Afrique et soutenus par la ville d’Angers, la jumelle, proposent aux Angevins de les rejoindre pour une manifestation de soutien « pour la paix, la démocratie, l’unité nationale et le respect de l’intégrité territoriale du Mali ». Ce grand rassemblement est prévu le samedi 14 avril, à partir de 15h, devant l’hôtel de ville d’Angers.

Fin mars, les membres de ce collectif s’étaient réunis devant la préfecture d’Angers, afin d’alerter l’opinion publique sur la situation dans leur pays d’origine, suite au coup d’État du 22 mars 2012. Celui-ci a entrainé la destitution du Président de la République, Amadou Toumani Touré, démocratiquement élu, l’arrestation des ministres et la suspension des institutions républicaines, à quelques jours d’une élection présidentielle. « Le Mali connaît aujourd’hui une situation d’impasse avec toutes ses conséquences », déclarait Ibrehima TAMEGA, président de l’association Devoir de Génération. « Les Maliens d’Angers ont décidé de montrer leur attachement à la démocratie, dénoncer le coup d’état militaire et demander le retour à l’ordre constitutionnel ».

Les militaires dissidents, représentés par le CNRDRE (Conseil national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État), dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo ont reproché au pouvoir en place de ne pas doter l’armée de moyens efficaces pour protéger le pays des groupes rebelles, proches d’AQMI (Al Quaïda au Maghreb Islamique), qui opèrent dans le nord du pays et notamment dans les zones touarègues.

« Nous avons de la famille sur place et nous contribuons, depuis la France, au développement du pays et à sa souveraineté. Il est de notre devoir d’intervenir. Ici nous sommes les messagers de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer, les médias ayant été pris par les mutins », poursuit Ibrehima TAMEGA. « Nous pensons que le Mali a besoin de l’aide de tous ses pays amis. Il ne s’agit pas d’une ingérence, mais d’une aide internationale, car sur place les démocrates ne peuvent pas s’exprimer ».

Les Maliens ont besoin du soutien de la communauté internationale

Depuis la situation a évolué et les militaires battus pas les rebelles d’ AQMI et les indépendantistes touarègues du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), ont été obligés de se replier dans le sud, abandonnant les villes de Tombouctou, Kidal et Gao aux mains des rebelles.

Si le MNLA qui ne souhaitait que l’indépendance a décidé de déposer les armes, la situation n’est pas pour autant réglée. Les groupes d’AQMI qui veulent imposer la charia (loi islamique) sur tout le pays, sont plus lourdement armés. Ils continuent leurs exactions et actes terroristes.

« Ce dimanche le président Amadou Toumani Touré a officiellement démissionné, permettant à la Cour constitutionnelle d’autoriser la nomination du président de l'Assemblée nationale malienne, Dioncounda Traoré, rentré la veille de Ouagadougou, au poste de chef de l'État par intérim », a annoncé le représentant du médiateur de la CEDAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest), Djibril Bassolé (source AIP – Agence Ivoirienne de Presse).

La junte militaire a conclu un accord-cadre avec les médiateurs de la CEDEAO, par lequel elle s'engage à rendre le pouvoir aux civils après la démission du Chef d’État. Celui-ci permet de lever l’embargo diplomatique, d’assurer une présidence par intérim et la nomination d’un « premier ministre de consensus », ayant pour mission d’unifier un pays coupé en deux. Ce ne sera pas chose aisée.

De son côté la France a fait le choix de la diplomatie plutôt que l’intervention militaire. Celle-ci serait pire que le mal et aurait pour conséquence de légitimer les interventions des rebelles.

Mais tout cela ne rassure pas pour autant les Maliens d’Angers. A ce jour ils sont soutenus par des élus angevins comme Silvia CAMARA-TOMBINI, adjointe très impliquée dans les relations franco-maliennes et plusieurs associations locales à l’exemple d’Art et Cultures du Monde, une association de promotion et diffusion de la culture africaine à Bamako. « Nous partageons les inquiétudes de la communauté malienne. Je ressens la même impuissance et le même désarroi qu’eux et j’essaie avec eux de faire la lumière sur la situation au Mali », explique Felipe GARATE, le président de cette association d’échanges culturels.

Marche pour le soutien au peuple malien
Samedi 14 avril 2012 à Angers
15h – Mairie d’Angers
Voir page Facebook de la marche




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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