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Lundi 22 Septembre 2014


Artisans de la démocratie locale


Rédigé par - Le 31/10/2012 - 08:12 / modifié le 31/10/2012 - 08:12


Conséquence de la crise que nous traversons où simple reflet de notre époque, l’avenir semble reposer sur les épaules de chacun d’entre nous. Bénévoles associatifs, dirigeants d’entreprises, élus et autres responsables d’organisations, nombre d’acteurs aux casquettes des plus diverses inscrivent leurs activités dans une dynamique citoyenne et responsable. Un même credo semble réunir ceux-ci : "j’agis de là ou je suis".



Artisans de la démocratie locale
Gouverner, c’est décevoir affirme Michel WINOCK un point provocateur. Au mieux, cet acte éloigne des réalités ceux qui dirigent. Au pire son usage corrompt les individus qui y participent. L’exercice du pouvoir serait-il à ce point nuisible pour ceux qui y accèdent. C’est en substance ce que l’on entend communément dire dans les conversations où le sujet politique s’invite. En cause bien souvent : les ors de la République, le cercle des fidèles influents mais non moins intéressés et enfin l’incapacité des dirigeants à s’auto-réguler pour garder les pieds sur terre. Bref c’est l’ivresse du pouvoir. Doit-on en conclure pour autant qu’il faut s’exonérer de toute prise de position dans l’espace public pour rester honnête ? Que pour mener une vie juste, mieux vaudrait se tenir à distance de la chose publique ?

Plus celui qui s’engage s’éloigne du milieu politique et plus il se rapproche de la chose publique est-il permis de penser. L’engagement citoyen non partisan mais au service d’une cause serait-il le plus sûr moyen d’une action sincère ?

L’engagement au service de l’intérêt général devrait pourtant être une vertu. Pour tout républicain, il est par ailleurs indispensable et vital dans une démocratie digne de ce nom. Et si l’exercice du pouvoir déchaîne parfois les passions c’est tant mieux car le rôle de l’espace démocratique est précisément de les réguler. Pour autant, l’action publique ne se limite pas à la gouvernance politique. Pris dans son acception la plus large, cette implication au service des autres revêt toutes sortes d’engagement. Il est possible d’en relever trois à la fois autonomes mais également graduées sur l’échelle de la participation à la chose publique.

Société civile
La citoyenneté ne se définit pas uniquement d’un point de vue juridique par la possession de la nationalité française et de ses droits civils et politiques. Elle se définit aussi aujourd’hui comme une participation à la vie de la cité. Cependant, les citoyens n’ont aucun rôle obligatoire à jouer. En ce sens, le statut juridique de citoyen est un statut de liberté. Un citoyen peut choisir de participer (citoyen actif) ou non (citoyen passif) à la vie publique. Il peut le faire de chez lui en adoptant des gestes simples tel que le tri sélectif par exemple. Mais encore, en faisant le choix d’un don auprès d’une ONG. Il peut agir en tant que professionnel en faisant le choix d’un secteur d’activité qui défend des valeurs ou d’une entreprise responsable.

Engagement associatif
Nul ne conteste le rôle et l’utilité sociale qu’apportent les associations au service des territoires sur lesquels elles interviennent, des causes qu’elles défendent ou encore des publics qu’elles accompagnent. Chacun a croisé, un jour ou l’autre, une association sur sa route.
Du point de vue des politiques publiques, les associations en assurent la continuité territoriale au service du plus grand nombre.
Même si il s’illustre souvent comme un marche-pied qui conduit l’engagement politique le bénévolat associatif constitue une fin.

Participation au débat politique
Les pouvoirs publics doivent valoriser, soutenir et impulser les initiatives plutôt que créer des structures de participation ex nihilo. De plus, il semble indispensable de mettre l'accent sur la formation citoyenne des acteurs associatifs plutôt que mobiliser en créant des instances de concertation sans pouvoir réel.

Dans un ouvrage qui vient de paraître : La lettre perdue, Martin HIRSCH plaide pour l'ouverture de bureaux de l'engagement dans toutes les Préfectures afin d'aiguiller les volontaires vers des associations ou des entreprises sociales. Par cet article, je relaie cet appel. Un remède, selon lui, à l'atonie ambiante. Et une réponse constructive qui va dans le sens de l'intérêt général.



François-Xavier Helbert
Contributeur Angers Mag - "L'écriture n'est rien si elle ne sert à porter ou relayer un message".... En savoir plus sur cet auteur






















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