Attentats de Paris : l'hommage émouvant des Angevins


Rédigé par - Angers, le 15/11/2015 - 10:40 / modifié le 28/05/2016 - 09:33


Combien sont venus déposer leur petite bougie sur les marches du Grand Théâtre d'Angers au cours de l'après-midi de samedi ? Au plus fort de la journée, vers 19h, ils étaient près de 200, le regard dans le vague, certains s’agenouillant pour prier, devant plus d'un millier de petites flammes, de messages de soutien et de fleurs.



Tout l'après-midi et en soirée des Angevins ont allumé des bougies en souvenir des victimes
Tout l'après-midi et en soirée des Angevins ont allumé des bougies en souvenir des victimes
la rédaction vous conseille
Édith est venue avec ses deux enfants. Pour chacun d'eux, elle a allumé une bougie qu'ils ont posé délicatement parmi le millier de petites flammes vacillantes depuis le début de l'après-midi. Puis calmement, elle a expliqué le geste à ses bambins. «  Des méchants ont tué des gens comme nous, qui ne demandaient qu’à vivre paisiblement. Ils sont morts et chaque petite flamme qui brille ce soir, rappelle qu’avant de mourir, ils étaient vivants. Il faut penser à eux, se souvenir de ce moment qui les a enlevé à la vie ». Les deux bambins regardent leur mère, sans vraiment comprendre. Puis l’un d’eux s’avance. « C’est comme mamie. Mais elle était malade. Ils n’étaient pas malades, eux ? »
 
Pas facile d’expliquer l’horreur aux enfants (*) sans leur faire peur. « Nous ne pouvons pas allumer la télévision sans voir ces images en boucle. Depuis ce matin nous tentons de leur expliquer la situation. Ils ont compris que c’était très grave, mais ils n’en comprennent pas vraiment les raisons », poursuit la mère de famille. « Nous non plus d’ailleurs ».
 
Ce soir, répondant à l’appel des réseaux sociaux, ils étaient près de deux cent, massés au pied du grand théâtre d’Angers, certains hagards, comme s’ils avaient vécu en direct les scènes de crime parisiennes. « Nous n’y étions pas, mais nous imaginons l’horreur de la mort en direct qu’ont dû vivre ces pauvres gens », nous explique un jeune couple, des sanglots dans la voix. « Nous n’avions personne sur place, mais Paris n’est pas si loin et nous aurions pu avoir des amis au Bataclan ».
 
Devant ces milliers de petites flammes, certains prient, d’autres fondent en larme. Certains, choqués ne veulent même pas s’exprimer. « C’est assez dur comme ça, je ne veux pas en parler ».
 
« Nous sommes vivants, il faut continuer à vivre et rester unis, monter que nous n’avons pas peur, et surtout ne pas céder à la tentation de s’en prendre aux populations d’origine étrangère. Car c’est ce qu’ils cherchent »,

Pas de violence chez tous ceux qui amènent leur bougie, mais de la compassion pour les victimes, pour leurs familles. « Quand je pense que certains n’ont toujours pas de nouvelles. Ils ne savent pas encore s’ils sont vivants, en soins intensifs dans hôpital, ou tués sur coup. Ce doit être atroce », soulignent des jeunes, tapotant sur leur téléphone pour envoyer des messages de soutien à des proches fragilisés par cette barbarie sans précédent sur le sol français.
 
« Je ne comprends pas les raisons de cette boucherie », explique une étudiante. « J’ai de la famille dans le 93 et nous les avons appelés hier soir pour savoir s’ils ne faisaient pas partie des victimes et leur conseiller de rester chez eux ».
 
Devant les bougies, les Angevins sont venus se recueillir, plusieurs centaines au cours de l’après-midi, pour marquer leur adhésion au grand mouvement de solidarité qui, après la tuerie de Charlie Hebdo, en janvier, refait surface. « Avec Charlie on pouvait comprendre, sans l'admettre, que certains religieux fondamentalistes se sentent blessés par les dessins, même si cela n’excuse pas l’acte, mais de là à tuer des gens à l’aveugle, dont certains sont peut-être même musulmans, c’est inhumain », soutient un vieux monsieur, visiblement abasourdi. « Mais qu’est-ce qui peut bien leur passer par la tête pour qu’ils aient une telle détermination à tuer des innocents ».
 
Les Angevins se sont recueillis, sans grand mouvement de foule, contrairement au rassemblement de soutien à Charlie Hebdo. Le contexte n’est pas tout à fait le même, mais la conviction est restée intacte : « Nous sommes vivants, il faut continuer à vivre et rester solidaires, montrer que nous n’avons pas peur, et surtout ne pas céder à la tentation de s’en prendre aux populations d’origine étrangère. Car c’est ce qu’ils cherchent », ajoute un passant qui, s’il n’avait pas de bougie, s’est arrêté quelques instants pour se recueillir.

A lire : Attentats de Paris : comment réagir face aux questions des enfants (Editions Bayard Jeunesse)




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : Report'Cité : portez la plume, s'il vous plaît !*: Un an et demi après son lancement, le... https://t.co/Qf1FyGW1iJ https://t.co/P8YYlZPYdm
Vendredi 2 Décembre - 19:06
Angers Mag : #musique De Macao à Pergolèse,la riche actualité de l'ensemble Amarillis @Angers https://t.co/hAW8WkdOUw
Vendredi 2 Décembre - 10:46
Angers Mag : #Angers Le jour d'après #PSGSCO, le billet @LardeuxT. Comme quoi on peut supporter @SCO et admirer @ECavaniOfficial https://t.co/nA3Ivf5HEE
Jeudi 1 Décembre - 18:18
Angers Mag : Au musée des Beaux-Arts, l'énigme Peter Briggs: Jusqu'au 26 mars, le musée des... https://t.co/Ys4SmHHl6M https://t.co/4mARuYnceC
Jeudi 1 Décembre - 07:30


cookieassistant.com