Attention, talents littéraires en approche !


Rédigé par - Angers, le Mardi 24 Mai 2016 à 07:45


Deux des écrivains les plus en vue de leur génération -l'un est trentenaire, l'autre quadra- sont présents à Angers cette semaine. L'auteur grec Christos Chryssopoulos sera ainsi mardi 24 mai à la bibliothèque Toussaint, à l'invitation du collectif Lettres sur Loire et d’ailleurs. Une mise en bouche singulière... en attendant Olivier Bourdeaut, qui viendra dédicacer son non moins singulier "Bojangles", le samedi 28 mai, à la librairie Richer.



Attention, talents littéraires en approche !
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Il y a les poids lourds. Ceux que l'on retrouve à chaque rentrée littéraire avec un de leurs titres, en tête de gondole des librairies, dont le nom assure aussi bien les ventes que la qualité de leur livraison de l'année.

Et puis il y a les autres. Plus discrets, trop souvent perdus dans le foisonnement littéraire ambiant, mais qu'un libraire bien avisé saura vous conseiller, en dehors des sentiers battus, mais qui vous laisse le cœur battant.

Heureux Angevins ! Deux de ces derniers spécimens font étape à Angers cette semaine, et l'on vous conseille vivement de ne pas en manquer une miette.

Mardi soir, le romancier Christos Chryssopoulos sera à la médiathèque Toussaint, à 19 heures, dans le cadre d'une résidence itinérante de trois semaines dans les Pays de la Loire*. Depuis une petite dizaine d'années, l'écrivain grec trace un sillon singulier dans la littérature hellène et européenne. Témoin des affres de notre temps, la plus grande partie de son œuvre est éditée en France aux éditions Actes Sud. Dernier en date, "La Tentation du Vide, Shunyata", vient confirmer un talent déjà largement aperçu avec "La Manucure (2005) ou "Une lampe entre les dents" (2013). L'histoire, c'est celle d'une nuit de drame, au printemps 1951, dans une petite ville terne et sans histoire, Williamstown, sur la côte ouest des Etats-Unis, 14 jeunes et adolescents se donnent la mort la même nuit. On pense inévitablement au Virgin suicides de Sofia Coppola, mais du point de vue de la narration, toute la première partie évoque De Sang-Froid et la narration chirurgicale de Truman Capote.

Christos CHRYSSOPOULOS.
Christos CHRYSSOPOULOS.
Un petit délice de lecture qui prend un tour ésotérique et/ou philosophique à l’heure de mettre des causes et des mots sur la tragédie. Ces jours-ci, Actes Sud réédite également dans sa version poche (Babel), « La Destruction du Parthénon », une réflexion à plusieurs voix sur l’identité d’un pays, d’une ville, d’une génération amputée de son joyau, le Parthénon, pulvérisé par un homme à l’orée du XXe siècle. Le tout en 100 pages.

« Le rôle, y compris politique, de la littérature est de montrer les contradictions d’une situation, de rendre complexe ce qui paraît simple, étrange le familier. Je crois que la politique ne se fait pas en travaillant l’identité, mais en attaquant le système », appuie-t-il.

Bref, une rencontre avec Chryssopoulos ne se refuse pas. Si vous le manquez mardi soir à la médiathèque, deux chances pour se rattraper et apprécier les talents multiples du bonhomme : jusqu’à mercredi soir, puis le 3 juin, l’artiste sera au Grenier à Sel de la Maison Julien-Gracq, à Saint-Florent-le-Vieil, pour le vernissage de son exposition photos et vidéos « Disjunction-Athens 2015 ». Enfin, du 6 au 8 juin, Chryssopoulos sera à La Turmelière, à Liré.

Programme complet de la résidence
"La destruction du Parthénon" 2012, éd. Actes Sud
"La tentation du vide", 2016, éd. Actes Sud

*organisée par le collectif Lettres sur Loire et d'ailleurs, en partenariat avec la librairie Contact et la Maison internationale des écritures et des littératures (MIEL).

Olivier BOURDEAUT
Olivier BOURDEAUT
Tout autre parcours et tout autre univers pour le second écrivain au programme de la semaine littéraire angevine. C’est le carton du moment : avec En attendant Bojangles (ed. Finitude), son premier roman, Olivier Bourdeaut a signé une entrée fracassante dans le monde de l’écriture, un désir de toujours, pour la première fois assouvi à 35 ans. Les critiques pleuvent, dithyrambiques, et les comparaisons vont bon train, qui relient le Nantais qui au panache de Boris Vian, qui à celui de Fitzgerald.

Et si Bourdeaut écrivait tout simplement à la manière de Bourdeaut ? Il ne s’agit pas là du plus grand styliste des lettres françaises contemporaines, mais la fantaisie tragique de ce premier roman emporte tout sur son passage. Sur la musique de Nina Simon –En attendant Bojangles- Georges et sa dame dansent éperdument, sous le regard émerveillé de leur fils… et de Mlle Superfétatoire, l’oiseau exotique de l’appartement. Le trio humain pétille de vie, de démesure, de beaux mensonges et d’amour fou. Libre. Même lorsque la folie de madame explose le cadre de la simple extravagance pour se muer en un mal profond.

Il faut lire Bojangles, parce que comme l’indispensable Bukowski l’assure dans l’épigraphe : « Certains ne deviennent jamais fou… Leurs vies doit être bien ennuyeuses ». Il faut lire Bojangles, parce que toute la palette des sentiments défile à mesure que les pages se tournent. On sourit, on lève les yeux au ciel, on s’inquiète, on juge puis on pleure. Il faut lire Bojangles parce que le monde manque désespérément de fable contemporaine. Et qu’il y a parfois du beau dans le superfétatoire.

"En attendant Bojangles", 2016, éd. Finitude.
Dédicace à la Librairie Richer, le samedi 28 mai, à 16 heures.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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