Au Pré d'Angers : les Jeunes agriculteurs appellent au Ralliement


Rédigé par Victoria Beurnez - Angers, le 26/05/2016 - 07:55 / modifié le 26/05/2016 - 21:13


Pour la deuxième année consécutive, les Jeunes agriculteurs s'installent place du Ralliement à Angers, ce samedi 28 mai, pour nous faire découvrir leur quotidien. À cette occasion, Anthony Ménard, responsable de l’événement, répond à nos questions.



Le fameux Selfie'mathon de l'édition 2015
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Agriculteur à Saint-Lambert-La-Potherie, Anthony Ménard travaille dans une affaire familiale avec cinq associés. Chez eux, ils produisent du lait, de la volaille label, de la viande bovine, et font de la méthanisation. Il est également secrétaire des Jeunes Agriculteurs du Maine-et-Loire, syndicat agricole dédié à la cause des jeunes, et responsable de l'évènement Au Pré d'Angers. 

Qu'est-ce que vous attendez véritablement de cet événement, Au Pré d'Angers ?

"Notre objectif est de rapprocher le monde rural et le monde urbain, et surtout de communiquer sur notre métier d'une façon vraie et authentique, et non pas de la façon édulcorée comme le font souvent ces programmes que l'on voit à la télé, et qui nous portent préjudice !"
 
Pensez-vous que cette image est représentative de ce que vous vivez chaque jour ?

"Pas toujours, non. On a un métier très moderne, fait de beaucoup de nouvelles technologies, on se renouvelle sans cesse, et je pense qu'on ne se retrouve plus dans l'image que les gens ont de nous. On a aussi souvent l'impression d'être considérés à tort comme des pollueurs, alors que si on regarde en arrière, les efforts faits depuis les quinze dernières années sont phénoménaux ! Si toutes les économies avaient cette même dynamique, on irait dans un meilleur sens ! Bien sûr, ça n'engage pas les efforts qui restent à faire, et c'est aussi ce qu'on veut souligner dans cet événement, qu'on renouvelle sans cesse nos modes de productions, nos systèmes. C'est le message qu'on cherche à faire passer, l'image que l'on veut donner."
« Je pense qu'on peut parler des ambassadeurs de l'agriculture : on est jeunes et on montre qu'on veut y croire encore, malgré tout » 
Les jeunes agriculteurs doivent-ils, plus que leurs aînés, se faire les porte-parole de leur métier ?
 

"Je ne pense pas que le terme de porte-parole soit approprié : bien sûr, on bénéficie d'une meilleure image que nos aînés , grâce à la jeunesse, on a une image plus populaire, plus moderne. Plus que porte-parole, je pense qu'on peut parler d'ambassadeur de l'agriculture, on est jeune et on montre qu'on veut y croire encore, malgré tout. On aime notre métier." 

Ce type d'action permet-il de faire prendre conscience des difficultés qui pèsent aujourd'hui sur votre milieu ?

"Cette situation se ressent depuis plus d'un an avec la crise, le sentiment pessimiste se cultive, on voit le nombre d'agriculteurs diminuer chaque jour. Forcément, ça n'aide pas à avoir envie de mener des projets quand on voit les faibles revenus générés pour la quantité de travail qu'on fait. 30 à 40 % des agriculteurs dans le Maine-et-Loire génèrent des revenus en-dessous du RSA ! Ça, c'est le genre de chiffre qui fait prendre conscience que oui, c'est dur. On ne demande pas la lune mais en travaillant 70 h par semaine, on voudrait vivre décemment avec un SMIC minimum. A travers notre opération, on passe en priorité ce message, en montrant comment ça se passe à la ferme, en exposant des produits locaux, en allant à la rencontre du consommateur."
 
En parlant du consommateur, que pensez-vous de ce que l'on mange aujourd'hui en France  ? Comment promouvoir aujourd'hui une alimentation saine et locale au détriment du pouvoir d'achat ?

"Aujourd'hui, les consommateurs français veulent un produit d'origine irréprochable, bon pour la santé, ce qui est légitime, et pourtant l'acte d'achat du consommateur est incohérent avec ces envies. C'est un phénomène de crise sociale, de pouvoir d'achat qui est en baisse. Toutes les grandes surfaces font des discours sur qui est le moins cher : le consommateur est forcément séduit. Nous, on doit expliquer aux gens qu'un produit de base, si on veut qu'il respecte des critères sociaux et environnementaux français, c'est à dire plus "clean" que les autres pays, il faut y mettre le prix. Le consommateur, le transformateur et le distributeur doivent aller dans ce sens. Les agriculteurs sont le dernier maillon de la chaîne et ça nous porte préjudice, parce que c'est à nous de vanter les mérites des bons produits, de nos produits. Ça ne devrait pas être aux consommateurs de payer plus cher : dans la filière, beaucoup d'acteurs gagnent quand même très bien leur vie !  Lactalis, par exemple, premier transformateur de lait en France et dans le monde, a réussi à déplacer des milliards au Panama ! C'est un très vaste sujet ; on est des bosseurs et on ne gagne pas notre vie, et ça, on ne le comprend pas. L'image des agriculteurs en tant que « bosseurs » pourtant, n'a pas besoin d'être rappelée, tout le monde le sait." 

Un conseil pour cette édition 2016 ?

"Notre pôle restaurant et bar où on aura beaucoup de produits locaux de l'Ouest et du Maine-et-Loire. C'est un lieu d'échange et surtout le témoin d'une convivialité qui nous est chère. La convivialité, c'est ce qui nous anime, nous, agriculteurs, pour nous retrouver tous ensemble, et ce qu'on souhaite ce 28 mai, c'est de la partager avec tous les Angevins."

Au programme de cette deuxième édition : des animations interactives pour les petits et les plus grands, dégustations de produits locaux, une exposition photo sur le thème de l'agriculture, des simulations d'engins agricoles, une mini-ferme et la présence de la mascotte, la chèvre Brindille ! Rendez-vous Place du Ralliement et rue Lenepveu, ce samedi 28 mai, dès 11 h. Pour retrouver l'évènement sur Facebook en attendant, c'est ici









1.Posté par webduweb le 28/05/2016 10:28 | Alerter
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On est plus ou moins au courant de la crise continuelle qui affecte les agriculteurs, et les éleveurs, et de la PAC.
C'est très intéressant de les rencontrer à cette occasion. La plupart des gens se tournent vers le bio, ou recherchent tout au moins une alimentation saine et naturelle, et il ne faudrait pas que les petites exploitations agricoles disparaissent, comme on entend dire depuis quelques années. Ce sont eux qui nous nourrissent !!!!








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