Aurélien Dougé, un corps en création


Rédigé par - Angers, le Jeudi 28 Mai 2015 à 07:50


Danseur et chorégraphe, Aurélien Dougé a créé en 2014 sa propre structure, Inkörper Company. Le prolongement d’une passion née un peu par hasard, et sur le tard. Originaire de Faveraye-Mâchelles, il donnera son DarkRise le 30 mai à Chalonnes-sur-Loire, dans le cadre de Villages en Scènes. Découverte.



DarkRise, d'Aurélien Dougé, sera présenté à Villages en scène, samedi à Chalonnes. Photo Julien Benhamou.
DarkRise, d'Aurélien Dougé, sera présenté à Villages en scène, samedi à Chalonnes. Photo Julien Benhamou.
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Existe-t-il une forme de déterminisme du corps ? Ce serait faire injure au hasard, puis à la liberté qui anime les créateurs. Illustration par l’exemple avec Aurélien Dougé. A 28 ans, le jeune homme originaire de Faveraye-Mâchelles a passé la moitié de sa vie à danser. Sur un ton posé, dénué de toute forfanterie, il explique : « J’ai un physique parfait pour la danse classique, un corps très laxe, des capacités physiques qui correspondent à ces exercices ».

C’est pourtant bien plus au hasard des choses qu’au déterminisme qu’Aurélien doit d’avoir dansé sur des centaines de scènes à travers le monde. Et c’est encore plus au projet qu’il a rêvé, mûri puis mis en mouvement qu’il doit depuis janvier 2014 d’être à la tête de sa propre entreprise, Inkörper Company. C’est sous son égide –encore une référence au corps- qu’il viendra danser pour la première fois ou presque devant les siens (voir ci-dessous), dans quelques semaines.

Retour 15 ans en arrière. A l’heure où les futures étoiles ont déjà plusieurs années de danse dans les chaussons, Aurélien, à 14 ans, pratique le judo. « Ma sœur dansait dans une association du village. Je suis venue la voir un jour et son professeur m’a demandé de rejoindre le groupe », se souvient-il. « La danse ne m’intéressait pas plus que ça, mais j’y suis allé pour relever le challenge ».
« Le centre de mon travail, c’est la place, les usages et les représentations du corps –structure de chair éphémère- dans nos sociétés contemporaines »

​Son histoire est en marche, qui passera dès l’année suivante, en 2000, par le Conservatoire national de Région d’Angers, puis par le Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Lyon (à partir de 2002). Là-bas, il « bouffe de la danse classique et contemporaine de 9 h à 18 h » –il s’agit de rattraper le retard accumulé avec ces débuts tardifs- mais commence surtout « à voir des spectacles, découvrir l’opéra, la culture au sens large. J’avais un boulot d’agent d’accueil à l’opéra, et je suivais également des cours à distance », détaille Aurélien

Les journées ne faisaient déjà que 24 heures, mais le jeune homme a gardé de ces années un rythme de travail soutenu. C’est sans doute à cette époque, aussi, qu’on trouve la genèse des projets qu’il mène aujourd’hui : « Je côtoyais beaucoup les étudiants des Beaux-Arts, des musiciens, des compositeurs, des photographes. J’étais déjà plus un créatif qu’un interprète », poursuit-il, « mais je voulais avoir l’expérience du danseur pour voir comment les choses se passaient ».

Une immersion totale mais polymorphe dans le petit monde de la danse : du ballet junior de Biarritz, Aurélien rejoindra le ballet de l’Opéra de Leipzig. « C’est là où j’ai réellement appris le boulot, au milieu de 50 danseurs ». Si « le côté hiérarchique » lui laisse un goût amer, il y finalise sa formation et ne cesse de chercher ou de créer. L’inspiration, c’est ensuite dans un lieu improbable qu’il va la stimuler : en… Laponie ! « J’ai intégré la compagnie Norrdans durant un an, c’était une expérience énorme, humainement parlant ».

Photo Julien Benhamou.
Photo Julien Benhamou.
Souvent, dans son discours, les notions d’échange et de partage prennent le pas sur celles de danse et de scène. Une constante inscrite au plus profond de lui et qui irrigue aujourd’hui son travail. A 25 ans, Aurélien estime qu’il manque encore des pièces au puzzle qu’il construit depuis bientôt 10 ans. Il auditionne donc encore et est engagé au Ballet du Grand théâtre de Genève où il s’adapte bon an mal an, au rythme d’une grosse compagnie de créations classiques et contemporaines : 10 mois sur 12 en tournée à travers le monde, trois ans durant. Une cadence qui interdit tout autre projet ? Sûrement pas. « J’en ai profité pleinement pour découvrir le monde, mais également pour finaliser les bases de création de ma compagnie, chercher les financements, les créateurs… »

En 2014, après une décennie de gestation, Inkörper Company est portée sur les fonds baptismaux. « Je la vois comme une plate-forme d’échanges des savoirs et des sensibilités », confie Aurélien. Pas d’engagements de gens à l’année, mais sur des projets, des expériences « à visée chorégraphique ».

Un espace de création où l’on en revient toujours à la question du début : celle du corps. « Le centre de mon travail, c’est la place, les usages et les représentations du corps –structure de chair éphémère- dans nos sociétés contemporaines », explique le jeune homme, qui a installé sa compagnie à Genève, en Suisse. Il se nourrit d’images, de rencontres, de ses lectures –notamment celles de l’anthropologue David Le Breton- pour créer, quel que soit le media.
Une ouverture qui le conduira en 2016 dans les ruines de Détroit, aux USA : « Adieu, et à demain », projet photo monté avec Julien Benhamou et en construction avec des habitants, interrogera la métamorphose des corps. Figure libre garantie.
 
www.inkorpercompany.com.inkorpercompany.com

DarkRise, au tréfonds de la chair
 
Le samedi 30 mai, seul en scène, Aurélien Dougé viendra présenter à Chalonnes-sur-Loire, dans le cadre de Villages en scènes, son spectacle DarkRise, créé en septembre 2014 à la Biennale de la danse de Lyon. Une proposition physique et intime, puisqu’elle livre le fruit des réflexions et des discussions d’Aurélien avec sa tante et certains de ses amis atteints d’un cancer. Solo sombre et esthétique –qui permet à chacun de créer sa propre histoire, DarkRise questionne durant 45 minutes le corps traversé par la maladie. Un spectacle d’autant plus chargé pour Aurélien Dougé que sa tante est décédée depuis, et qu’il revient pour la première fois danser « réellement » dans son Anjou natal.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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