BD : une lycéenne angevine primée à Angoulême


Rédigé par Baptiste QUINIOU - Angers, le Vendredi 3 Février 2017 à 07:45


En remportant le Prix de la BD scolaire au dernier festival d’Angoulême, Clémence André, élève du lycée Bergson, s'est ouvert le droit d'entretenir son rêve : travailler dans le domaine de l'art. Sa détermination est grande, elle se présentait pour la troisième fois à Angoulême.



Clémence André, récompensée pour " Monde à part ".
Clémence André, récompensée pour " Monde à part ".
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La troisième tentative aura été la bonne. A 16 ans, Clémence André vient de remporter le prix du concours de la BD scolaire lors de la 44ème édition du festival d'Angoulême. Récompense qui lui a été attribuée pour une planche intitulée "Monde à part".

Passionnée de dessin depuis toujours, Clémence n'en était pas à son premier essai. Plus près d'elle, le festival de BD de Chalonnes lui avait donné déjà l'occasion de montrer ses talents, un premier prix à la clef. C’est un membre de sa famille qui lui a appris l'existence du concours de BD scolaire d'Angoulême. Elle s’adresse alors à son lycée, Henri Bergson, où elle est scolarisée pour pouvoir monter le dossier de candidature. Dossier qui est envoyé à Angoulême et qui doit entre autres comporter le projet de planche. « Un projet très stricte au niveau des règles et notamment du nombre de planches à ne pas dépasser » précise Clémence.

La lycéenne parle en connaissance de cause. « Quand j’ai participé pour la première fois, il fallait faire au maximum deux planches et comme j’avais dépassé le seuil, je n’ai pas pu être retenue ». Pas question cependant de baisser les bras. Ces petits défauts corrigés, elle se représente l’année suivante où son projet est cette fois-ci retenu. Elle parvient à obtenir le « petit fauve » de bronze, un des trois prix décernés lors du concours de la BD scolaire.
 
Un scénario inspirée de son histoire personnelle

La consécration arrive donc cette année avec le prix le plus important de cette section scolaire, le Prix Angoulême : «  J’ai été sélectionnée avec 40 Petits fauves d’or. C’est incroyable d’avoir réussi alors qu’il y avait cette année plus de 5000 participants. » Une réussite qu'elle attribue à ses remises en question. « J’ai commis des erreurs lors de la précédente édition, en m'essayant à un projet de planche de science-fiction mais c’était trop compliqué. J’ai cherché une idée plus simple et également plus proche de moi . L’inspiration est dure à trouver mais quand on a son idée, la création se fait rapidement. »

Elle décide donc d’évoquer les problèmes de sa petite sœur Mathilde, qui est atteinte d’autisme. Le découpage de sa planche est fait sur un modèle cinématographique. « J’ai imaginé un découpage en scènes comme dans un film. En séparant les deux planches en deux visions du monde, celle autour d’elle et celle dans son esprit. Le jeu sur les couleurs est également une création personnelle car je déteste l’association du bleu et du jaune. Le mélange des deux m’a permis de créer une atmosphère dérangeante » glisse-t-elle.

Un thème qui lui est cher et qu’elle a voulu faire partager, aussi pour montrer l'incompréhension que suscite dans la société, ce genre de handicap. « Tout le monde la regarde, aussi bien les petits que les adultes. La vision de ce handicap doit évoluer car ces personnes peuvent aussi trouver leur place dans la société même si elles sont décalées par rapport à nos modes de vie » explique-t-elle. Forte de cette reconnaissance dans la crème des festivals de bande-dessinée, elle s’imagine continuer « peut-être dans le domaine de l’art. J’aimerais devenir scénariste pour pouvoir avoir le plus de liberté possible dans la création » précise-telle.

Une certitude, gagnée avec son prix d'Angoulême, elle fera partie en 2018 du jury du prochain concours de la bande-dessinée scolaire.
 












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