Bienvenue chez soi


Rédigé par - Angers, le 04/05/2012 - 08:00 / modifié le 04/05/2012 - 08:03


Pour la deuxième édition de son colloque intitulé : 20 ans, 50 ans, 90 ans, qui aide qui ? l'association Le temps pour toiT avait choisi Angers. Cette association promeut et met en oeuvre l'habitat partagé intergénérationnel à l'échelle des Pays de la Loire. Une idée originale dont le projet favorise le lien social, la mixité entre les générations et l'accès à un logement pour un moindre coût. Ou comment concilier trois questions clés parmi les préoccupations des pouvoirs publics locaux en un endroit unique : le domicile.



Bienvenue chez soi
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A House is not a Home chante Benjamin BIOLAY dans un album éponyme. Une manière de différencier le "logement" du "chez soi". Le logement désigne la question du simple logis là où le chez soi précise la personnalisation qui en est faite par son résident. Comme souvent, le vocabulaire de la langue de Shakespeare permet des subtilités là où celui de la langue de Molière demande des explications. Néanmoins, dans chacun des cas, le domicile se manifeste comme le repaire, les lieux de l'échange et pourquoi pas un espace de projets ?


[ Le logement est un lieu de vie ]

Si habiter c'est commencer de vivre comme le prétend l'architecte-urbaniste suédois Alvar AALTO doit-on pour autant supposer par-là qu'un SDF n'accède pas véritablement à l'existence ? Heureusement si. Néanmoins, accéder au logement, aussi sobre soit-il, offre sans doute la condition minimum de la dignité. Se loger semble en effet tout naturel pour quiconque, tant il s'agit d'un besoin vital. Habiter un lieu, c'est poser des repères, marquer des empreintes ou mieux construire un foyer. Pour toutes ces raisons et d'autres sans doute, habiter c'est bel et bien vivre.

Du point de vue sociologique, la question de l'hébergement, ne constitue-t-elle pas le niveau premier de l'insertion ? Ensuite seulement viennent les questions de la formation puis celle de la santé et enfin la mobilité.

Qu'il soit temporaire, d'urgence ou résidentiel, le logement dans une ville c'est donc un enjeu majeur. Dans la vie quotidienne, tout nous ramène au logement. C'est une base qui permet à l’individu d'établir tant son existence personnelle que ses relations sociales. La frontière entre la vie privée et la sphère publique est par ailleurs la seule vraie ligne de séparation qui prime dans la vie humaine entre l'intime et la notoriété. Inviter quelqu'un chez soi n'est-ce pas se dévoiler un peu tant le chez soi c'est une petite partie de chacun d’entre nous.


[ Le domicile est un espace de projets ]

Comment créer et maintenir les conditions du vivre ensemble, tel est la question que se pose tout acteur public à un moment ou un autre de son engagement. L'habitat intergénérationnel y répond à domicile et rétablit même des vérités. Notamment en montrant que la "dépendance" qui est une question d'actualité nous concerne tous. Au sein d'un foyer, microcosme s'il en est, chacun dépend de l'autre et le partage des tâches est la pierre angulaire de la relation. Comme le souligne le Docteur Michel BERGER nous sommes tous confrontés à la dépendance dans la simple mesure où nous ne vivons pas seuls et commerçons autant que nous conversons avec les autres. Autrement dit cette question ne relève pas uniquement du champ de la vieillesse ou du handicap. Dès lors que nous acceptons d'être des êtres sociaux, nous sommes dépendants. Et l'habitat est un de lieux où se joue cette relation.

Pour différentes raisons, "co-habiter" est une pratique sociale de la vie courante. Il s'agit d'une forme de vie en communauté qui se développe. Parfois par défaut. Pour des raisons économiques, les étudiants partagent le coût de leur loyer.


[ L'habitat est une question de société ]

L'intergénération, est le moteur de la solidarité. Créer les conditions d'une entraide au sein même des espaces de vie entre générations permet le respect par la compréhension de l'autre, la transmission d'expériences à travers le dialogue et la solidarité par le partage du loyer. Le principe est simple. Celui qui possède un logement suffisamment conséquent mais recherche une compagnie ainsi qu’une aide met disposition une pièce de son domicile. De l’autre côté, celui qui recherche momentanément un logis à moindre frais et qui fait preuve d’altruisme accepte le contrat d’hébergement. Cela répond donc à un besoin de la société. C’est un levier qu’il faut soutenir et développer. En complément des associations, les bailleurs sociaux les plus avertis ont commencé à le comprendre.




François-Xavier Helbert
Contributeur Angers Mag - "L'écriture n'est rien si elle ne sert à porter ou relayer un message".... En savoir plus sur cet auteur








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