Biopole à l'arrêt : le début de la fin ?


Rédigé par - Angers, le 16/04/2015 - 18:01 / modifié le 17/04/2015 - 13:39


En décidant de cesser l'accueil de déchets dans l'usine de traitement de l'agglo d'Angers à compter de ce jeudi, Veolia Environnement vient de donner un grand coup de pied dans le dossier enlisé "Biopole". Et de remettre la pression tout à la fois sur le constructeur (Vinci) et la collectivité. De quoi accélérer le scénario de fermeture privilégié par certains ?



Biopole à l'arrêt : le début de la fin ?
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Depuis jeudi matin, plus un seul déchet produit sur l'agglomération d'Angers ne rentre en traitement dans l'usine Biopole à Saint-Barthélémy-d'Anjou, pourtant mise en service spécifiquement à cet effet il y a seulement cinq ans. Filiale de Veolia Environnement, la société Geval qui exploite le site a pris cette décision mercredi sans crier gare -et sans limite de temps- pour préserver, explique-t-elle, la santé de ses salariés.

"Cette mesure est aujourd’hui rendue indispensable afin de préserver leur santé et leur sécurité, constatant que le niveau de sécurité de l’installation est devenu incompatible avec la bonne exécution de la mission" explique Geval dans un communiqué. Alain Le Gall, son directeur, nous a confirmé les informations parues jeudi matin dans Le Courrier de l'Ouest, à savoir que c'est à la suite d'un CHSCT (1) puis d'un comité extraordinaire d'entreprise convoqué à la demande des salariés, qu'il a pris sa décision.

"La médecin du travail m'a vraiment alerté sur la dégradation des conditions de travail et la vraie détresse de certains salariés. Ils supportent mal déjà l'insécurité qui entoure l'avenir du site mais ils sont surtout exposés aux risques à moyen et long terme engendrés par la forte concentration en poussières et le taux très élevé d'ammoniac dans l'usine. Je suis employeur, il fallait à un moment donné que je bouge" explique t-il.
"Faire prendre autant de risques à nos salariés pour une installation qui n'est pas viable, ça n'a plus de sens à un moment."

Au problème sanitaire, s'ajoute pour Veolia Environnement, le problème récurrent de "viabilité" du site. En raison de ses dysfonctionnement, Biopole accuse aujourd'hui en bout de traitement 65% de refus de tri. "Entre 80 et 85% de ces refus sont traités à l'usine d'incinération de Lasse (qu'exploite aussi Veolia Environnement dans le Baugeois) et le reste est enfoui. Ce surcoût de traitement, c'est nous qui le payons" insiste Alain Le Gall. Pour Geval, indique-t-il, les pertes d'exploitation s'élèvent aujourd'hui à 2,5 millions d'euros par an : "Faire prendre autant de risques à nos salariés pour une installation qui n'est pas viable, ça n'a plus de sens à un moment."

Les déchets sont désormais incinérés ou enfouis

Quid désormais des déchets réellement traités par Biopole (les 35% restant) ? Ils "seront envoyés et pris en charge sur un site de traitement à Laval, et ce jusqu’à ce que les travaux nécessaires au fonctionnement normal et garantissant l’intégrité et la santé des employés du site soient réalisés" précise Geval. En clair, à raison "environ de quatre camions par jour" selon Alain Le Gall, ces déchets ménagers supplémentaires vont prendre la direction d'un immense centre d'enfouissement situé à Changé (Mayenne) et géré par le groupe mayennais Séché Environnement.

Un comble ? Quand on songe aux objectifs écologiques avancés pour justifier la construction de Biopole, bien difficile en réalité aujourd'hui de ne pas parler de "fiasco". "Nous avons fait le choix des nouvelles technologies pour une valorisation maximale des déchets et une minimisation des impacts environnementaux" expliquait à l'époque Jean-Claude Antonini, l'ancien président de l'agglomération d'Angers, dans les documents de promotion de Biopole. Une ambition initiale totalement rattrapée aujourd'hui par la réalité.

Et maintenant ?

C'est la question. La décision de Veolia Environnement intervient alors que le contentieux entre les trois acteurs de Biopole -le constructeur Vinci, l'exploitant Véolia Environnement et le délégataire Angers Loire Métropole- est complètement enlisé. D'un côté, l'agglomération d'Angers, qui n'a jamais réceptionné les travaux, attribue la majeure partie de la responsabilité des dysfonctionnements au groupe Vinci. Récemment, elle l'a ainsi mis en demeure d'engager les solutions pour "atteindre les objectifs de traitement prévus dans le marché de construction et d’améliorer les conditions de travail des salariés"

De l'autre côté, Vinci minimise sa responsabilité, estimant que la quantité et la qualité des déchets traités ne correspondent pas à ce qui était prévu, pas plus que les conditions d’exploitation de l'usine par Veolia, notamment en terme de maintenance. Quant à Veolia Environnement, Alain Le Gall souligne qu'il a eu "zéro contact depuis quatre mois" avec Angers Loire Métropole, tout en renvoyant la balle dans le camp de Vinci... "ALM n'a pas réceptionné les travaux. Ils n'y a donc que Vinci qui est en mesure à ce jour d'engager les travaux" a t-il expliqué au Courrier de l'Ouest, précisant "Mais personne ne sait quelle sera l'issue." Vraiment ?

Avec un tel mariage conflictuel à trois, un investissement de près de 60 millions d'euros loin d'être amorti et un déficit de fonctionnement chronique, le scénario de la fermeture déjà envisagé à plusieurs reprises par des élus vient manifestement de gagner quelques points. "Une fois amorti, l'outil pourrait avoir coûté le double de l'investissement initial" ne se gêne t-on pas de répéter dans l'entourage de Christophe Béchu.

(1) Comité d'hygiène et de sécurité au travail





Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Hervé le 16/04/2015 17:30 | Alerter
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Christophe Béchu a enfin trouvé un rival sur le plan du gaspillage budgétaire. Biopole ou Terra Botanica, lequel nous coutera le plus cher?

2.Posté par Nicolas le 17/04/2015 09:40 | Alerter
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Exemple d'un choix politique idéologique où les citoyen-nes/contribuables vont payer le prix fort ! Encore, un autre...
Bravo à vous Mesdames et Messieurs les politiques d'Angers et de l'Agglo pour ce fardeau, ce cadeau empoisonné !

3.Posté par Gerrard le 17/04/2015 13:41 | Alerter
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On se demande bien pourquoi, il n'y avait aucune autre collectivité voulant acquérir ce type de projet "made in vinci".

4.Posté par un ouvrier de biopole le 18/04/2015 10:44 | Alerter
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depuis le debut les ouvriers reclament de la securitée un colegue a meme ete licencier pour une faute non justifié mais veolia est comme vinci l' argent avant tout il a meme changé le poste de plusieurs ouvriés avec une perte de salaire de 350 euros (a des ouvriés qui ont entre 55 et 59 ans)enlevé des 3x8 pour faire de la maintenance (sans compensation de salaire ) avec changement de contrat ( un ne voulait pas signer on lui a dit que c etait un refus d obtemperer et qu il nous laissait imagi...








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