Bois énergie, la filière angevine est sur les rails

Dossier : la proximité, une chance pour l'économie ? (6/7)


Rédigé par - Angers, le 26/05/2014 - 07:53 / modifié le 26/05/2014 - 08:07


"Produire et consommer à proximité : rêve ou nouvelle façon de vivre ?" La question sera au centre des échanges qui clôtureront mercredi l'événement Imagine 2020 (26-28 mai) au Quai à Angers. Partenaire de ces trois jours de conférences, spectacles et table-rondes autour de la transition écologique, Angers Mag Info vous propose à cette occasion de faire connaissance avec des acteurs et projets locaux de l'économie de proximité.

En intégrant du bois bocager local dans les approvisionnements de sa chaufferie de la Roseraie, Angers a scellé le lancement d'une vraie filière énergétique départementale. Un pari écologique et économique sur l'avenir.



Pierre Deslandes, agriculteur à Seiches-sur-le-Loir.
Pierre Deslandes, agriculteur à Seiches-sur-le-Loir.
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Comment redonner de la valeur au bocage angevin ? Plus de vingt ans que certains se grattent la tête en Anjou pour remobiliser les agriculteurs sur cet enjeu environnemental. Pièges à carbone, filtres à eau, réservoirs de biodiversité... Malgré leurs nombreuses vertus, les haies ont souvent vu s'éloigner l'attention de leurs propriétaires.

Trop gênantes pour les engins agricoles, trop contraignantes en entretien pour des exploitants déjà débordés de travail et jugées, qui plus est, sans intérêt pour le porte-monnaie. « Je me souviens d'un voyage d'études en 1993 dans la Manche où nous avions emmené élus, agriculteurs, artisans chauffagistes pour visiter un réseau de chaleur au bois. Tout le monde est revenu convaincu mais, faute de suivi, le projet est resté dans les cartons », rappelle Yves Gabory, directeur de l'association Mission Bocage à Beaupréau.

A l'époque pourtant, il n'y a pas que dans les Mauges que l'explosion annoncée du coût des énergies fossiles relance l'attention autour du bois. Mais il est manifestement trop tôt pour passer à l'action. La mise en place d'un plan Bois Energie régional en 2000 marque un déclic. Marginaux jusqu'alors, les projets de chaufferie collective se multiplient sous l'impulsion de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie) et de l'association Atlanbois (Association interprofessionnelle de la filière bois en Pays-de-la-Loire).

En Anjou, Saumur montre l'exemple en 2008 en convertissant au bois son réseau de chaleur. Michelin s'y met aussi à Cholet. Les tonnages en jeu progressent de façon notable, relançant l'attention du monde agricole. Aujourd'hui, une centaine d'installations collectives chauffent au bois en Maine-et-Loire.

Moins cher que le fuel

« Une étude a permis d'évaluer à 50 000 tonnes de bois sec, la ressource mobilisable chaque année en Anjou, la moitié en production bocagère, la moitié en production forestière », explique Gilles Beaujean, chargé de mission énergies à la Chambre d'agriculture de Maine-et-Loire. Restait à trouver l'organisation pour porter la filière et, surtout, des débouchés rémunérateurs.

L'organisation a pris la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC), baptisée Maine-et-Loire Bois Energie, regroupant tous les acteurs de l'amont à l'aval : fournisseurs, industriels, entrepreneurs agricoles, transporteurs, clients... Pour les débouchés, l'affaire s'est révélée plus compliquée car l'offre, trois fois moins chère que le fuel, reste plus onéreuse que du bois énergie extérieur au département.

C'est la volonté politique qui a fait la différence en encourageant financièrement Dalkia, le gestionnaire de Biowatts, la centrale de co-génération de La Roseraie à Angers, à jouer le jeu. Le contrat, signé sur cinq ans avec la SCIC, porte sur 1 000 à 3 000 tonnes par an. Peu au regard des 90 000 tonnes nécessaires à l'équipement, mais suffisant pour servir de levier à la coopérative. Charge à elle de diversifier sa clientèle.

« Il ne faudrait pas que Biowatts soit l'arbre qui cache la forêt. L'idéal serait aussi d'associer le maximum de petites chaufferies du département », analyse Pierre Deslandes, éleveur laitier à Seiches-sur-le-Loir, satisfait d'avoir trouvé un débouché supplémentaire pour l'entretien de ses 3,5 km de haies. Point fondamental, le projet s'accompagne de plans de gestion obligatoires pour chaque producteur, destinés à renouveler le patrimoine bocager.

Bois énergie, la filière angevine est sur les rails
Imagine 2020, un temps pour parler de la "Grande Transition"

C'est ce lundi que s'ouvre au Quai à Angers, l'événement "Imagine 2020. Trois jours de spectacles, conférences et tables-rondes pour échanger autour de la transition écologique de la société. Découvrez le programme sur www.lequai-angers.eu/fr

Partenaire de l'événement, Angers Mag vous propose depuis une semaine de faire connaissance avec des acteurs locaux de l'économie de proximité.

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