Cancer : "L'enjeu, c'est notre capacité à nous projeter à 10 ans"


Rédigé par - Angers, le 06/02/2016 - 08:30 / modifié le 07/02/2016 - 15:30


L'Institut de Cancérologie de l'Ouest a profité de la Journée mondiale du cancer jeudi pour inaugurer à Angers son nouveau site Paul Papin, à l'est du CHU. Un bâtiment flambant neuf où 500 à 600 patients sont accueillis chaque jour. L'occasion de faire le point avec Yves Dubourg, son directeur-adjoint, sur la raison d'être de ce nouveau bâtiment et ses ambitions médicales.



Cancer : "L'enjeu, c'est notre capacité à nous projeter à 10 ans"
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Pouvez-vous rappeler la raison d'être de ces nouveaux bâtiments ?

"A Angers, il existe un centre de lutte contre le cancer depuis 1925. A l'époque, la création d'un bâtiment spécifique est né de la concentration de patients, atteints de cancers dans les hospices de la ville mais il n'a été reconnu véritablement qu'en 1945 par une ordonnance du Général de Gaulle. Ce bâtiment a connu sept phases d'agrandissement successives jusqu'à rendre totalement inopérante son efficacité pour les patients comme pour les professionnels. Et la réflexion sur la création d'une alternative est devenue une absolue nécessité. On a commencé à plancher sur ce projet fin 2006, en lien étroit avec le CHU, puisque nous étions sur ses terrains et que nous grignotions un peu plus son espace. D'où l'idée d'un site propre."

Quels grands changements a du prendre en compte ce bâtiment ?

"Il y a d'abord les changements liés à la médecine elle-même. A commencer par le fait que la recherche doit se faire le plus proche possible désormais des cliniciens. Deuxièmement, il fallait beaucoup plus de place demain qu'aujourd'hui. Pas tant en termes d'hôtellerie, mais dans notre capacité à absorber les flux, nous avons entre 500 et 600 patients qui rentrent chaque jour dans le bâtiment. Forcément, ça a des répercussions sur l'accueil, sur les places d'hôpital de jour, de parking etc... Et troisièmement, ce dont nous avons le plus souffert sur notre site précédent, c'est notre capacité à faire évoluer le bâtiment dans le temps pour l'hospitalisation de jour, les blocs opératoires, l'imagerie médicale, les surfaces de recherche... Le concepteur a très bien compris cet enjeu."

Pour beaucoup d'Angevins, vous êtes encore le centre Paul-Papin. Que recouvre votre nouvelle appellation d'Institut de Cancérologie de l'Ouest ?

"Le Centre Paul Papin n'a pas disparu, il figure bien dans le logo d'accroche, tout comme le centre René Gauducheau à Nantes. Mais l'ICO est apparu lorsque les équipes dirigeantes de ces deux centres de lutte contre le cancer ont commencé à réfléchir, à l'été 2009, à l'intérêt de rapprocher les deux structures. De discussions en discussions entre communautés médicales, il est apparu évident que pour donner du sens à notre rapprochement, nous de devions faire plus qu'un seul établissement. Avec toujours deux sites et leurs bassins de recrutement dépendant de la géographie : on ne demande à aucune patiente atteint d'un cancer du sein d'aller à Nantes, pas plus qu'à un patient atteinte du cancer de colon d'aller à Angers. On a simplement quelques niches particulières comme la radiothérapie en pédiatrie à Nantes, parce qu'il y a un vrai savoir faire pour une cinquantaine d'enfants par an et que ça ne vaut pas le coup de disperser les populations."
"On sait que le nombre de cancers ne cesse de croître en France. Et que le nombre de personnes guéries ne cesse de croître lui aussi.

Quels bénéfices a apporté cette fusion ?

"En changeant la taille critique de l'établissement, on a développer sa capacité à développer des programmes de recherche thérapeutique auquel nous n'aurions pas eu accès seul. Aussi bien à Nantes qu'à Angers, on peut offrir aux patients la possibilité d'être associé à des essais thérapeutiques que nous ne pouvions réaliser avant notre fusion, faute d'avoir la molécule attesté par les laboratoire pharmaceutiques."

20 000 patients ont été accueillis l'an passé. Qu'est-ce que ça nous dit de l'évolution des cancers aujourd'hui dans notre région ?

"L'Institut national du cancer (Inca) a rendu public les chiffres pas plus tard que mercredi. On sait que le nombre de cancers ne cesse de croître en France. Et que le nombre de personnes guéries ne cesse de croître lui aussi. Et on sait, comme l'âge moyen de la population augmente également, qu'on a des maladies qui se chronicisent parce que le patient bénéfice de techniques médicales qui allongent son espérance de vie, et qu'indépendamment de sa première maladie, il connaîtra probablement plusieurs épisodes cancéreux. La probabilité d'occurrence de la maladie est donc bien plus importe qu'il y a 20 ans. La problématique pour nous, et pour l'Etat, surtout si l'on ajoute que l'Insee annonce l'arrivée de plus d'1 millions de personnes supplémentaires dans la Région, c'est bien d'avoir la capacité de se projeter non pas à 1 ou 5 ans, mais à 10 ans."

Est-ce que la patientèle de l'institut présente des singularités ?

"L'une des particularités de l'Anjou a été celle des tanneries dont les plus récentes d'entre elles ont fermé ces 30 dernières années. On sait qu'on a une occurrence des cancers de la vessie directement liée aux solvants utilisés par les professionnels. La deuxième particularité, c'est l'usage des pesticides avec un certain nombre de pathologies d'ordre cérébral sans doute un peu supérieur à la moyenne."

L'émission télévisée Cash Investigation a remis ce sujet dans la lumière cette semaine, faut-il craindre une bombe à retardement ? 

"Je vais vous faire une réponse de Normand. Quand on se sera clairement attaqué à l'alcool, au tabac et à nos habitudes alimentaires, je pense qu'on aura fait plus de la moitié du chemin. Alors que les cancers que j'évoquais à l'instant représentent un peu moins de 3% des cancers dans les Pays-de-la-Loire. Je pense qu'il faut bien évidemment avoir en tête que ne prendre aucune précaution dans son travail agricole, c'est s'exposer à des risques. Mais le vrai problème, c'est le tabac et l'alcool, très clairement."

 





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