« Cases blanches » ou l’art de la mise en abyme

Angers fait tourner la planche à BD


Rédigé par - Angers, le Lundi 1 Décembre 2014 à 07:41


Les 6 et 7 décembre prochains, le festival Angers BD ouvrira une nouvelle page de son histoire : une cinquantaine d’auteurs accueillera le public toujours plus nombreux de la bande dessinée. (Trop) longtemps ringardisé, le genre est désormais en passe d’être apprécié à sa juste valeur : celle d’un médium aux horizons pluriels, qui n’impose aucune limite à la création. Un espace de liberté dans lequel se sont immiscés, depuis 20 ans, nombre d’auteurs angevins. Mathieu, Rabaté, Davodeau, Juszezak, Supiot… des noms qui font référence au plan national, et témoignent d’une vitalité réelle en la matière. C’est cette vitalité qu’Angers Mag a choisi d’explorer dans ce dossier, en allant à la rencontre de ses principaux acteurs : les auteurs. Sans rien déguiser des difficultés que traverse le milieu, la rédaction lève une partie du voile sur ce qui constitue, disons-le sans fard, une excellence angevine…



"Cases blanches", de Sylvain Runberg et Olivier Martin, paraîtra au début du mois de janvier chez Bamboo éditions (collection Grand Angle).
"Cases blanches", de Sylvain Runberg et Olivier Martin, paraîtra au début du mois de janvier chez Bamboo éditions (collection Grand Angle).
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Sylvain Runberg au scénario, l’Angevin Olivier Martin au dessin… l’attelage avait déjà fait des étincelles avec « Face Cachée ». Ils reviennent avec « Cases blanches », un roman graphique fort et édifiant sur les coulisses d’un microcosme qu’ils connaissent par cœur : celui de la BD.
 
125 000 exemplaires. C’est peu dire que « Le sentier des ombres » tome 1,  fruit du travail commun du scénariste Olivier Moral et du dessinateur Vincent Marbier, cartonne en librairie. Et rendrait heureux la grande majorité des auteurs BD. 
Seulement voilà, depuis plusieurs mois, malgré les relances incessantes de son éditeur et l’impatience grandissante de son scénariste, Vincent Marbier n’a pas noirci une seule page du tome 2 de la série. Cases blanches…
 
Les lecteurs l’attendent pourtant comme une nouvelle révélation, l’éditeur comme le messie, pour renflouer des caisses de plus en plus vides… Un brin paumé dans sa vie privée –il s’est séparé de sa compagne- Vincent l’est aussi dans son dessin. Il ne trouve plus de motivation dans les traits de l’heroic fantasy développé tout au long du « Sentier des ombres ». Lui cherche autre chose, autrement.

Etonnante mise en abyme que ces « Cases blanches » imaginées par le duo –bien réel celui-ci- formé par Sylvain Runberg et Olivier Martin. « Ce projet est né de discussions que nous avions avec Sylvain depuis 3 ou 4 ans », explique Olivier, Angevin d’origine et ancien « sociétaire » de La Boîte qui fait beuh ! "De mon côté, j’avais envie de faire du roman graphique, quelque chose d’un peu différent de la BD mainstream. Sylvain a injecté là-dedans tout ce qu’il savait sur la chaîne de l’édition BD. Et voilà… »
 
Voilà, après l’excellent « Face cachée » (Futuropolis), une deuxième collaboration réussie entre les deux auteurs, où l’on entre sans avoir l’air d’y toucher dans la cuisine de la bande dessinée. Tout y est : le prestige du papa dessinateur, la complicité avec les libraires, le rapport parfois compliqué avec un scénariste que vous n’avez pas choisi, la pression financière des maisons d’édition, les salons, les dédicaces, les vernissages. L’agitation parisienne. Et au cœur de tout cela, Vincent, un homme en proie aux doutes.
 
« J’ai dû faire un millier de croquis pour le dessiner ! », raconte Olivier. « Il a été gros, petit… je n’arrivais pas à le saisir, et puis je suis tombé sur Nate, l’un des personnages de la série TV Six Feet Under. Lui m’a inspiré et j’ai commencé à dessiner un type assez commun mais qui dégage un certain charisme ». Vincent est né, entre fiction et réalité. Clin d’œil au vivant, on croise dans un TGV qui mène à Quai des Bulles, le festival BD de Saint-Malo, Kris, Jean-David Morvan, Emmanuel Lepage ou… Olivier Martin.
 
Que nous soufflent, finalement, ces « Cases blanches », peu à peu relevées d’élégantes touches de couleur ? Qu’au-delà du sentier des ombres, la BD, c’est un long et beau chemin vers la liberté.
 
« Cases blanches », Olivier Martin (dessins et couleurs) et Sylvain Runberg (scénario), Grand Angle (Bamboo éditions). Parution début janvier 2015.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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