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Mercredi 17 Septembre 2014







Centre des Congrès, Christophe Béchu plaide pour la rénovation


Rédigé par - Le 01/03/2013 - 20:01 / modifié le 06/03/2013 - 15:27


Incohérent et trop cher. Pour Christophe Béchu, construire un nouveau Centre des Congrès au Front de Maine est une mauvais choix dans le contexte économique actuel. Le président du Conseil Général de Maine-et-Loire lui préfère l'idée d'une rénovation sur place pour ménager les finances publiques et le centre-ville. Un vrai angle d'attaque électoral, non ?



Centre des Congrès, Christophe Béchu plaide pour la rénovation
Un temps pour tout. Comme Jean-Luc Rotureau, il y a dix jours, Christophe Béchu a refroidi rapidement vendredi ceux qui guettent le jour où il officialisera ou non sa candidature (plus que) pressentie à la mairie d'Angers. En conviant la presse au bar du Centre des Congrès sans en préciser l'objet, le président du Conseil Général de Maine-et-Loire avait, il est vrai, malicieusement ménagé le suspense. Mais mon cher Watson, regardez bien l'invitation, l'objet est là : c'est le lieu lui-même !

L'énigme levée, son auteur n'a pas échappé pour autant à la question de rigueur : "Vous intervenez avec quelle casquette Monsieur Béchu ?". "J'interviens en tant que Christophe Béchu. Donc en tant que président du département, parce que ce qui participe à l'économie ou à l'attractivité de la capitale du département, ça a des conséquences ailleurs. Mais j'interviens aussi dans un débat qui me semble mériter de sortir d'une enceinte dans laquelle il y a une certaine omerta."

Omerta ? "Il y a aujourd'hui, à l'intérieur de l'équipe municipale des tensions sur ce sujet. Il y a des hommes et des femmes qui n'ont pas forcément mon étiquette politique qui s'interrogent sur le fait de savoir s'il s'agit véritablement d'une priorité." Visés, les élus écologistes de la majorité, pas tous emballés à l'idée de dépenser 65 millions d'euros pour élever un nouveau centre des congrès face au château.

Construire du neuf ou rénover l'existant ? Là est donc le sujet. Et c'est une évidence, les "sérieux doutes" que suscitait chez Christophe Béchu la première solution ont valeur désormais de conviction. Pour ne pas dire d'argument électoral.

La desserte et le coût en question

Pour le président du Conseil Général, beaucoup d'éléments plaident contre le transfert de l'actuel Centre des Congrès dans la dent creuse qui jouxte le Quai. Le premier est lié à l'emplacement lui-même. Un aveu "d'échec" à lui seul, souligne-t-il, rappelant les projets avortés d'y transférer la préfecture puis d'y construire le siège de l'Ademe et en s'étonnant qu'aucune étude économique n'a été engagée pour promouvoir le site auprès d'un investisseur, "une entreprise qui représenterait une vraie valeur ajouté pour le territoire".

Autre défaut de cet emplacement, selon Christophe Béchu, le risque de voir s'y construire l'équipement sans aucune garantie qu'une deuxième ligne de tram ne le desserve. "Le Plan pluriannuel d'investissement présenté récemment à l'agglo, n'a pas prévu un centime pour les travaux de cette deuxième ligne. On va donc construire le Centre des Congrès avant ?" Surtout, il y voit un "nouveau mauvais coup pour le centre-ville" ainsi privé d'un de ses "derniers points d'animation", alors même qu'il souffre déjà, estime l'élu, "de l'ouverture de l'Atoll et de l'augmentation des tarifs de stationnement".

A la vue sur la Maine et le château, Christophe Béchu oppose la beauté symbolique pour l'économie locale du Jardins des Plante, sur lequel donne l'actuel Centre des Congrès. Mais c'est sur les questions de la longueur et du coût des travaux que tombe, selon lui, l'intérêt d'une construction nouvelle. Deux ans pour rénover l'équipement existant ? "Strasbourg ou Nice ont rénové sur place leurs équipements de congrès en un an. Localement, la restructuration d'Amphitéa n'a nécessité que huit mois. J'ai l'impression qu'on cherche des arguments."

65 millions d'euros ? "Quand on connaît la tradition de dérapages financiers d'Angers, on peut douter que ce coût en restera là" attaque franchement cette fois-ci Christophe Béchu pour qui il convient d'ajouter le coût de la réhabilitation de l'équipement existant, voué, entre autres pistes d'affectation nouvelle, à accueillir l'UFR Ingénierie du Tourisme, du Bâtiment et des Services (ITBS) de l'Université. Soit, selon lui, plus de 80 millions d'euros contre 20 millions dans le cadre d'une rénovation sur site.

Rappelant les baisses annoncées des dotations de l'Etat aux collectivités pour les années à venir, Christophe Béchu, on l'a compris, estime qu'il n'y a pas photo entre les deux options. Et que l'argent économisé pourrait être utile à bien d'autres choses, il cite Monplaisir, la place du Tertre, l'avenue Patton, la place du Lycée... "En politique, on se grandit quand on est capable de considérer que ce n'est pas parce qu'on a dit une chose qu'elle est gravée dans le marbre. On a le droit d'avoir tort" conclu le président du Conseil Général.

De là à ce que Frédéric Béatse l'entende de cette oreille...



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur
























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