Christian Gillet (UDI) : "Les élections départementales restent un scrutin local"


Rédigé par - Angers, le 19/03/2015 - 06:30 / modifié le 19/03/2015 - 10:16


Les élections départementales, premières du genre, se déroulent les 22 et 29 mars prochains, pour élire les 42 conseillers appelés à siéger au sein de la future assemblée départementale. La rédaction d'Angers Mag a interrogé les six responsables des principales forces politiques présentes en Maine-et-Loire. La parole est aujourd'hui à Christian Gillet (UDI), président sortant du Conseil général et candidat à sa propre succession.



Christian Gillet (UDI) : "Les élections départementales restent un scrutin local"
la rédaction vous conseille
Dans quel état d'esprit vous trouvez-vous à quelques jours du 1er tour de scrutin ?
"Serein, concentré et vigilant. En démocratie, c'est la règle, c'est l'électeur qui choisit ce que bon lui semble mais je ne suis pas inquiet. Maintenant, il y a des enjeux très importants pour la population du Maine-et-Loire, d'autant que la collectivité départementale va rester quasiment ce qu'elle est si le vote en première instance de la loi NOTRe est confirmé. On devrait perdre la clause de compétence générale -ce qui était prévu-, les transports scolaires et la compétence économique que nous allons céder aux Régions mais avec des compensations et peut-être même des mutualisations dans certains domaines."

Il y a quelques mois, la suppression de ces collectivités était présentée comme un objectif essentiel. Doit-on vraiment se réjouir de ce "quasi" statu-quo décidé à quelques jours même de l'élection ?
"C'est inédit et je trouve assez scandaleux de demander aux gens de voter pour des départements dont on ne connaît pas vraiment les contours des compétences et, plus grave encore, les moyens de les financer. Je pense que l'on a une instance de proximité et qu'il était bon de l'affirmer avec les citoyens, dans le cadre de la solidarité, et avec les territoires. Maintenant, dans une région des Pays-de-la-Loire qui ne change pas de configuration, on peut effectivement discuter de la légitimité des départements. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on mutualise de plus en plus pour voir qui est le plus efficace pour assumer telle ou telle compétence, sans forcément supprimer un échelon."

Donc garder le département mais travailler plus étroitement avec les autres collectivités ?
"Avant la réflexion autour de la loi NOTRe, je pensais qu'on irait vers une fusion des départements et des régions ancienne formule. Le conseiller territorial proposé sous Sarkozy (ndlr : un même élu pour siéger au Département et à la Région) n'était pas une mauvaise méthode pour faire des économies d'échelles et mutualiser progressivement jusqu'à une fusion."

Vous êtes prêt à présider une collectivité qui disparaitra peut-être demain ?
"Je ne suis pas attaché en tant que tel au département même si en 200 ans, il a fait preuve de son efficacité. Je regrette surtout que l'Etat ne fasse aucune économie mais les impose au département en les asphyxiant, alors même que nos dépenses obligatoires liées aux transferts de compétences augmentent. Le point de crispation, c'est clairement le RSA pour lesquels les montants engagés vont dépasser les 80 millions d'euros cette année, avec une participation de l'Etat passée de 95 à 75%. Nous demandons le retour de l'Etat pour le RSA."
 
"Tout me laisse à penser que nous devons gagner un certain nombre de cantons."

Vous êtes attaqué par vos concurrents politiques sur le poids de la dette du département (453 millions d'euros). Est-ce vraiment possible de le désendetter ?
"Ca demandera du temps et beaucoup d'efforts. Pour 2015, nous avons adopté un budget qui permet de stabiliser cette dette. Par habitant, elle s'élève à 575€ soit 900€ de moins que pour la Corrèze chère à notre Président de la République. Beaucoup de départements, curieusement tous à gauche, ont une dette beaucoup plus élevée que la nôtre. Il n'empêche, il faut que l'on réduise absolument nos dépenses de fonctionnement même si nous ne sommes pas, de loin, les plus mauvais élèves. Selon un classement récent de BFM, nos frais de fonctionnement par habitant sont au 97e rang et nos frais de personnel au 93e rang, nous sommes déjà économes mais nous devons poursuivre cet effort notamment au travers de la mutualisation avec l'agglomération d'Angers et les départements voisins." 

Que dites-vous aux électeurs tentés par le vote "Front National", annoncé à un niveau historique ?
"J'en rencontre. Je comprends le vote protestataire d'électeurs qui estiment que ni la droite, ni la gauche ne les ont satisfait. Mais au fond d'eux-même, beaucoup savent que le Front National n'offre pas la solution. Le FN pose quelque fois des questions pertinentes mais il a rarement la bonne solution, sa force, c'est de proposer sans risque. Le 1er tour sera protestataire certainement mais le 2e sera celui de la raison."

Quels sont vos objectifs ?
"Renforcer la Majorité départementale clairement. Ce n'est pas une majorité politique, c'est une majorité pluraliste composée de membres de partis (UDI, UMP...) mais surtout de conseillers généraux de terrain, pragmatiques, non inscrits. Tout me laisse à penser que nous devons gagner un certain nombre de cantons et que la Gauche multiforme va reculer devant une majorité unie."

Ca, c'est ce que vous nous dites. Mais si elle est si unie, on se demande bien pourquoi Marc Laffineur, le patron de l'UMP de Maine-et-Loire, entretient autant de distance à votre égard ?
"Ecoutez, j'ai reçu hier une lettre d'Alain Juppé qui m'apporte son plein soutien. Je ne l'avais pas sollicité. J'ai reçu aussi le soutien des deux anciens présidents UMP du Conseil général, André Lardeux et Christophe Béchu (voir ci-dessous). Je crois que le président de l'UMP en Maine-et-Loire est dans une logique nationale et je ne suis, au passage, pas certain que ses adhérents partagent cette vision très politicienne de l'élection départementale qui reste une élection locale, sur des hommes."

Vous êtes donc bien certain, en cas d'élection, que l'UMP ne vous glissera pas un candidat concurrent pour la présidence du département ?
"Je ne sais pas. Mais regardez le nombre de candidats encartés à l'UDI ou à l'UMP et vous verrez que comme dans le conseil précédent, ce sont les non inscrits qui forment la majorité. Et puis, après tout, le débat est démocratique, je suis évidemment candidat à ma succession mais c'est la Majorité départementale élue qui décidera."
 
"La subvention annuelle que nous allons donnée à Terra Botanica (1,8 millions d'euros), c'est moins d'une semaine de RSA"

Vous êtes candidats sur Angers 1 alors que vous étiez l'élu du canton de Vihiers, aujourd'hui fusionné avec Cholet 2. Pourquoi ?
"Vous l'avez dit, le canton de Vihiers n'existe plus. Ensuite, j'habite à Angers depuis quinze ans et même si je ne dors pas dans mon canton, j'y travaille tous les jours. J'ai fait aussi mes études de médecine à Angers où je me sens chez moi depuis longtemps."

Avec Terra Botanica, vous ne craignez pas de trainer un boulet si vous être réélu ?
"Non. A titre de comparaison, la subvention annuelle que nous allons donnée à Terra Botanica (1,8 millions d'euros), c'est moins d'une semaine de RSA. Et puis, dans le cadre d'un Groupement d'intérêt public, nous allons mutualiser avec la Ville d'Angers et communiquer ensemble, ce qui est complètement nouveau. Nous avons aussi revu entièrement la direction du parc, les méthodes juridiques, la conduite du personnel et vous le verrez, il y aura des nouveautés. Je ne suis pas inquiet, on peut relancer ce parc."

Quelles seront vos priorités, si vous êtes réélu ?
"Continuer à rationaliser les services du département. Le mois prochain, nous allons poser enfin la première pierre du Centre d'activités Foch où nous allons regrouper tous les services et au moins deux satellites du département. L'autre projet important, c'est le Très Haut Débit qu'il nous faut continuer à développer pour tous, en lien avec les communautés de communes. Au delà, nous avons un schéma de développement routier à poursuivre et 15 collèges publics à restructurer."

Et un autre à construire à Beaupréau...
"Non. Clairement, ce n'est pas notre priorité, nous avons donné aux parents de Beaupréau toutes les possibilités de transports pour qu'ils puissent inscrire leurs enfants dans les collèges publics voisins, s'ils le souhaitent. Les priorités bien évidemment sont ailleurs."

Le soutien sans ambiguïté de Christophe Béchu
Contrairement à Marc Laffineur, le président de l'UMP de Maine-et-Loire, Christophe Béchu ne laisse pas planer d'ambiguïté quant à son soutien à Christian Gillet. Mardi, lors d'une conférence de presse tenue en compagnie des neuf membres du conseil municipal d'Angers engagés dans l'élection départementale, le maire d'Angers l'a formulé clairement : "Chacun sait la proximité que j'avais avec Christian Gillet, les dix ans que j'ai passé avec lui comme premier vice-président, la façon dont ma succession s'est opérée, sans la moindre difficulté, avec un large rassemblement à l'intérieur de la majorité. Mon souhaite est que pour le troisième tour de l'élection, il n'y ait qu'un seul candidat qui est aujourd'hui le patron de la Majorité départementale. Et qui demain aura vocation à la rester. Nous sommes dans des temps compliqués, il y aura un fort renouvellement, il est souhaitable d'avoir un capitaine qui ait de l'expérience et qui tienne la barre." C'est dit.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Rage49 le 19/03/2015 07:09 (depuis mobile) | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Scandaleux de comparer terra botanica et rsa! Faut il rappeler à M.Gillet que la solidarité est la priorité d''un CG?















Angers Mag











Angers Mag : Au comptoir de Mathilde... et de Catherine: Depuis la fin du mois d'octobre, la rue... https://t.co/wkV9xA1N3F https://t.co/6yuEQFFF5o
Mercredi 7 Décembre - 08:00
Angers Mag : A l’Ecole démocratique, on fait ce qu’on veut… ou presque: Basée sur la liberté... https://t.co/j0ywJZAzgI https://t.co/jEK0S9wvGs
Mercredi 7 Décembre - 07:31
Angers Mag : RT @LeQuai: N'oubliez pas d'aller voir #AdishatzAdieu ce soir. Vous nous remercierez demain. #Theatre #JonathanCapdevielle #Angers RESA 02…
Mardi 6 Décembre - 13:55
Angers Mag : A Angers, Montessori a pris racines: Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes... https://t.co/bXNDdgyLpz https://t.co/nar3Qs6vye
Mardi 6 Décembre - 07:30



cookieassistant.com