Christophe Angot : “Qui dit innovation, dit marché économique”

Dossier : Ils innovent en Anjou (1/6)


Rédigé par - Angers, le 30/04/2014 - 07:18 / modifié le 01/05/2014 - 09:21


Présentée comme l'une des clefs du redressement économique, l'innovation est dans l’air du temps, reprise à tout va par les communicants et les responsables politiques. Mais qu’est-t-elle vraiment ? Et comment se décline-t-elle sur le territoire ? Angers Mag s'est penché sur la question en ouvrant, pour commencer, les portes d'Angers Technopole, l'incubateur d'entreprises innovantes de l'Anjou. Christophe Angot, son directeur, nous livre une partie de la réponse. Ces cinq prochains jours, nous vous présenterons différentes projets qui incarnent sur le territoire angevin, la réalité de l'innovation.



Christophe Angot, directeur d'Angers Technopole (© Philippe Noisette)
Christophe Angot, directeur d'Angers Technopole (© Philippe Noisette)
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Christophe Angot, c’est quoi exactement l’innovation ? En existe-t-il une définition précise ?
« A Angers Technopole, nous prenons comme base de travail la définition donnée par l’OCDE, mais c’est un terme qui est sujet à beaucoup d’interprétations. Ce qui n’est pas simple, c’est que la conception de l’innovation n’est pas aujourd’hui ce qu’elle était à la fin des années 70. Elle a évolué dans le temps. A la base, l’idée d’innovation était principalement liée aux grands programmes technologiques, ce dont nous avons un peu souffert, car ça n’est pas uniquement le développement des sciences dures, mais également celui des sciences humaines. Nous avons milité depuis 5 ou 6 ans pour ouvrir le champ ».

Peut-être est-ce plus facile de définir l’innovation par ce qu’elle n’est pas ?
« Depuis quelques années, une approche axée sur les nouveaux usages ou les nouveaux services a vu le jour. Cela a élargi notre champ d’intervention, mais en même temps, cela a sans doute brouillé un peu le message. Le mot “innovant” a été popularisé et utilisé à tort et à travers, au point parfois de le galvauder. Clairement, le point de bascule entre ce qui est innovant et ce qui ne l’est pas se fait sur un critère : la capacité à accéder à un marché. C’est celui que nous mettons en avant au moment d’accompagner ou non les projets au sein de la Technopole. Il y a évidemment aussi une lecture d’usage : nouveau ne veut pas dire innovant ».

Ce critère permet-il de faire le « tri » parmi les entreprises qui se disent innovantes dans le Maine-et-Loire ?
« Assez singulièrement. En 2011, l’Observatoire départemental de l’innovation, porté par la CCI, a publié les résultats d’une enquête menée auprès d’un échantillon de 400 entreprises du territoire. Parmi elles, 67 % se disaient innovantes. Nous avons repris chacune de ces entreprises et les avons placées du point de vue des pratiques réelles de l’innovation : après requalification, le chiffre est tombé à 27 %... ».

Un constat qui accrédite la fausse idée que l’on peut se faire de l’innovation, y compris dans le monde de l’entreprise ?
« C’est exact. Ces chiffres, nous nous en sommes servis pour décliner des outils adaptés à un maximum de publics, pour porter l’innovation au sein des entreprises. Bien souvent, et dans différents domaines, elles ont une expertise et des compétences fortes, mais elles ne travaillent pas dans une logique d’innovation. Elles sont plutôt dans une logique de bureau d’études, répondant aux offres présentes sur le marché. L’enjeu, pour elles, c’est de regarder comment ça bouge sur les marchés et de capitaliser sur une différenciation. C’est cela, l’innovation. Et de plus en plus dans les entreprises du département, le processus s’inverse ».

Pour survivre aujourd’hui, une entreprise doit-elle pour autant forcément être innovante ?
(Un temps d’hésitation)… « Je ne vais quand même pas nous tirer une balle dans le pied ! Je pense que la réponse est non… Tout dépend de la volonté du chef d’entreprise, de son projet. Ensuite, il y a le constat : y a-t-il des éléments au sein de l’entreprise qui sont pérennes et peuvent se développer ? Il y a quelque chose de paradoxal dans l’innovation : il faut le faire, mais à bon escient. A la Technopole, nous accompagnons via nos différents services principalement des petites et moyennes entreprises. Il ne s’agit pas de les envoyer dans le mur ! »

Justement, combien avez-vous accompagné de projets depuis le début des années 2000, et avec quelle réussite ?
« Sur le seul incubateur, qui s’adresse aux porteurs de projets individuels, 136. Une petite trentaine a vu le jour, c’est à dire a abouti à une création d’entreprises, avec un taux de survie entre 80 et 85 % ».




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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