Christophe Béchu : "Ne plus mettre l'Etat islamique et El-Assad sur le même plan !"


Rédigé par - Angers, le 17/11/2015 - 09:07 / modifié le 17/11/2015 - 09:07


Après la minute de silence observée sur le parvis de l'Hôtel de Ville et avant son départ pour le Congrès, à Versailles, le maire d'Angers et sénateur Les Républicains, Christophe Béchu, a livré son sentiment sur la position de la France vis-à-vis de la réalité terroriste. Peu disert sur les sujets nationaux et internationaux depuis la campagne des élections municipales, il se positionne clairement en faveur d'une inflexion de la politique française à l'internationale, en arrêtant notamment de "tourner le dos à la Russie". Interview.



Christophe Béchu : "Ne plus mettre l'Etat islamique et El-Assad sur le même plan !"
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Que vous inspirent les attentats tragiques qui ont touché Paris vendredi soir ?
 
"Au-delà de l'émotion, les attentats monstrueux perpétrés amènent à de nouvelles réflexions et nécessitent des décisions. Depuis vendredi soir, le chef de l'Etat et le chef du gouvernement utilisent une rhétorique plaçant la France en état de guerre. Je me retrouve dans cette position. Avec les opérations de massacre planifiées dans Paris contre des personnes qui n'ont rien fait mais qui sont juste mortes pour ce qu'elles représentent, nous avons franchi un palier supplémentaire. Et l'on ne peut pas rester sans réaction.

Après les attentats de janvier dernier, il y a eu des manifestations de masse, plus de 4 millions de Français dans les rues. Quelles leçons en a-t-on tirées ? Tout ça s'est étiolé alors même que la France avait déjà connu l'horreur, lors des tueries commises dans une école juive à Toulouse (en mars 2012 par Mohamed Merah NDLR). Qu'est-ce qu'on a fait depuis ? Ce ne sont pas 3 frappes aériennes, ou 5 ou 10 ou 50 qui vont changer les choses. C'est une stratégie qui montre ses limites.
 
Que préconisez-vous alors ?
 
" Sur le plan international, il fait se donner les moyens de mener ce conflit. Ce qui signifie deux choses. La première, c'est qu'il faut arrêter de considérer que l'Etat islamique et Bachar El-Assad sont à mettre sur le même plan. On ne peut pas mener de coalition internationale en tournant le dos à la Russie ou à l'Iran. Il n'est pas possible d'être en guerre sur deux fronts ! Ensuite, au-delà de cette coordination nécessaire et des frappes aériennes, la question du combat au sol se pose. Et de ce point de vue, on ne peut pas affaiblir les forces qui s'opposent en ce moment au sol à l'Etat islamique. On ne peut donc pas affaiblir l'armée syrienne, malgré l'inconfort de prolonger par là même un régime dont on connaît les atrocités.
 
C'est un point de vue personnel ou celui des Républicains(*), d'une manière plus générale ?
 
"Je ne connais pas précisément la cartographie des opinions sur le sujet dans mon propre parti. Voilà un long moment que je me pose des questions sur la tragédie que vit mon pays. Et ma conviction est faite qu'on ne peut pas ne pas modifier notre position internationale. Il faut une inflexion majeure par rapport à ce que fait la France actuellement." (un nouveau positionnement qui coïncide avec celui d'Alain Juppé, le favori de Christophe Béchu pour la primaire de 2016, sur la question syrienne)

Christophe Béchu, lors de la minute de silence observée sur le parvis de l'Hôtel de Ville d'Angers, lundi midi.
Christophe Béchu, lors de la minute de silence observée sur le parvis de l'Hôtel de Ville d'Angers, lundi midi.
Quelle est votre position sur la manière dont on doit répondre sur le plan national à ces attentats ?
 
"Je suis dans un état d'esprit où j'accepterai de durcir la législation. J'attends l'annonce de textes de loi et d'une série de dispositions pour répondre à ces attaques. Mais en préalable à tout cela, j'aimerais que l'on applique de manière totale les lois dont nous disposons déjà. Je suis perplexe quand je vois que l'on a attendu ce matin pour mener des perquisitions où l'on a découvert des armes, alors que déjà en janvier, on considérait que nous avions tardé à la faire."
 
Enfin du point de vue local, des décisions liées aux événements vont-elles être prises dans les jours qui viennent ?
 
"Je tiens tout d'abord à dire qu'il ne faut pas sombrer dans une quelconque forme de psychose. Il faut continuer à vivre normalement, déjà parce que ce sont bien des attaques contre nos modes de vie qui ont été perpétrées. On entre dans un temps qui va nécessiter un strict respect de la laïcité, mais également une coopération renforcée entre tous : il s'agit d'un conflit où la ligne de front théorique se situe aux abords du Stade de France, mais qui traverse notre société. Il faut en appeler à la vigilance de tous, à tous les endroits du territoire. Sur le plan local, j'ai demandé audience à la préfète, pour parfaire notamment la coordination entre l'Etat et la collectivité : elle conduira à une vigilance renforcée, à partir d'une information partagée."
 
Que placez-vous sous le terme d'information partagée ?
 
"De renseignements venant de l'Etat sur les phénomènes de radicalisation ici à Angers, que nous n'irons pas crier sur le toits, mais qui nous aideront à prendre les décisions qui s'imposent. Je pense par exemple aux incidents qui ont eu lieu partout en France, mais également à Angers, lors de la minute de silence, après les attentats de janvier. Ces événements ont-ils donné lieu à des signalements ? Dans la remontée éventuelle d'incidents de ce type aujourd'hui, je souhaite que l'Education nationale se positionne par rapport aux conséquences qu'elle va leur donner."

(*) Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, a largement plaidé en ce sens lors de son intervention devant le Congrès réuni à Versailles, lundi après-midi.




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