Claire Morgan : « L’humain m’intéresse en tant qu’espèce animale »

UN ÉTÉ CULTUREL : ANGERS CÉLÈBRE JEAN LURÇAT


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le Dimanche 17 Juillet 2016 à 07:00


Angers célèbre les 50 ans de la mort de Jean Lurçat. En parallèle d’une exposition consacrée à l’artiste, les Musées et l’Artothèque d’Angers invitent Claire Morgan à dialoguer, in-situ, avec "Le Chant du Monde". Sculpteuse aérienne, taxidermiste, dompteuse de fils, l’artiste irlandaise a répondu à nos questions.



"Les forces qui gouvernent la nature s’appliquent également aux humains", Claire Morgan. (Crédit photo : David Holbrook Photography
"Les forces qui gouvernent la nature s’appliquent également aux humains", Claire Morgan. (Crédit photo : David Holbrook Photography
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 Comment se créé votre œuvre ?
 « J’essaye d’explorer ce qui m’entoure, mes découvertes, mes inquiétudes et je cherche à trouver des réponses ou comprendre ce qui me dépasse. Je crée des formes pour voir ce qu’elles vont créer. Pour ça, il faut parfois travailler avec des matières et des formes familières, parfois il faut innover. En général, mon procédé est assez sinueux et circulaire. Dès qu’un élément devient plus clair, un autre se complique et je dois revenir sur mes pas. »
 
Votre inspiration naît de l’interaction entre les animaux, la nature et l’environnement que les Hommes ont créé. Où vous la puisez précisément ?
 « L’humain m’intéresse en tant qu’espèce animale. Notre société cause tellement de dégâts dans le monde naturel que l’on s’éloigne progressivement de ce qui nous entoure. C’est la conséquence de notre soi-disant supériorité sur tout ce qui n’est pas humain et notre incapacité à accepter notre propre mortalité. Nous sommes pourtant bien des animaux et ne sommes ni supérieurs ni immortels. »
 
Vous travaillez avec des matériaux végétaux naturels très fins : comment se passe le travail de collecte ? Estimez-vous qu’il fait partie de votre œuvre ?
« Je récolte des grains et des matériaux organiques dès que la saison le permet : des pissenlits au printemps, des chardons l’été, etc… C’est un procédé que j’affectionne car il m’offre l’occasion d’observer les subtilités d’une nature que l’on ignore trop parfois. »
 
Vous utilisez également des animaux empaillés dans vos œuvres : comment vous est venue cette idée ?
“J’ai toujours été fascinée par les matières organiques. Ce que l’on trouve dans la nature est tellement plus beau et complexe que tout ce que l’humain pourra créer et, paradoxalement, les horreurs de la mortalité sont indissociables de la nature. J’utilise des animaux en pleine décomposition et, si j’aime l’idée de préserver leur beauté, travailler sur des cadavres s’avère une expérience viscérale, effrayante. »
 
"Mes peintures et mes dessins ont toujours eu une part de violence, un côté viscéral et cette tendance ne fait que s’accentuer avec le temps, surtout depuis ma rencontre avec Lurçat"

"Gone To Seed", Crédit : Claire Morgan - Courtese Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St Moritz
"Gone To Seed", Crédit : Claire Morgan - Courtese Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St Moritz
D’où vous vient ce rapport à la nature ?
« Je me sens très concernée les questions environnementales, le droit des animaux et notre comportement envers la nature en général. Les forces qui gouvernent la nature s’appliquent également aux humains et en détruisant notre environnement, on finit par se détruire. Il ne faut pas oublier que les produits synthétiques qui recouvrent nos vêtements et nos maisons remplissent la Terre de déchets toxiques. »
 
Connaissiez-vous l’œuvre de Jean Lurçat avant d’être conviée à Angers ?
« Je ne connaissais pas son travail et je suis ravie d’avoir pu le découvrir, d’avoir eu la chance de lui répondre. Sa perspective et ses interprétations sont riches et pleines de sagesse. »
 
La tapisserie est-elle une expression artistique qui vous parle ?
« Je n’ai jamais eu l’occasion de me pencher sur la tapisserie même si je peux faire le rapprochement avec mon travail. En particulier concernant la méthode que j’utilise pour mes sculptures où je dois positionner chacun de mes matériaux sur des fils. Une sorte de tissage en trois dimensions. Ce qui me frappe surtout chez Lurçat, c’est la rencontre entre ses idées et le dur labeur que demande la tapisserie. »
 
Vous allez être invitée à dialoguer avec son œuvre phare, Le Chant du Monde, qui répond elle-même à la tenture de l’Apocalypse. Est-ce une thématique qui vous inspire à première vue ?
« L’apocalypse est un thème proche de mes préoccupations et de mes intentions artistiques. Mes peintures et mes dessins ont toujours eu une part de violence, un côté viscéral et cette tendance ne fait que s’accentuer avec le temps, surtout depuis ma rencontre avec Lurçat.»
 
Jusqu’au 6 novembre : Claire Morgan, installation In-situ au Musée Jean Lurçat et Exposition Jean Lurçat au Musée des Beaux-Arts












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