Cloître Toussaint : une foule d'arts


Rédigé par - Angers, le Jeudi 23 Juin 2016 à 07:00


Le Festival d'Anjou poursuit cette année sa "reconquête angevine" dans un lieu qu'il a peu fréquenté par le passé : le Cloître Toussaint n'en est pas moins un écrin propice à magnifier les arts... Ce jeudi soir, il sera réinvesti par le festival pour la première fois depuis 2008 avec "Les Chatouilles, ou la danse de la colère", d'Andréa Bescond.



Avant le lancement de Tempo Rives sur les quais de la Maine, le Cloître Toussaint a longtemps servi d'écrin aux programmations musicales de l'été à Angers.
Avant le lancement de Tempo Rives sur les quais de la Maine, le Cloître Toussaint a longtemps servi d'écrin aux programmations musicales de l'été à Angers.
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C'est un entre-deux. Entre la galerie David-d'Angers et la médiathèque Toussaint. Entre la rue du même nom et le jardin du Musée des Beaux-Arts. Une cour carrée entourée de colonnades, où l'on passe mais ne s'arrête que trop peu.

Au carrefour des arts, le cloître Toussaint s'est imprégné de culture depuis sa réouverture au public, il y a un peu plus de 30 ans. "Le 26 mai 1984", précise Gérard Pilet, alors adjoint à la culture du maire d'Angers, Jean Monnier. Une redécouverte concomitante avec l'inauguration de la galerie David-d'Angers, dans les murs de l'abbaye Toussaint. Avec un hôte de marque, en la personne de François Mitterrand, le Président de la République. "C'est ce jour-là, aussi, qu'on a sauvé le Centre dramatique national (CDN) à Angers. Il devait partir à Bordeaux, mais on s'est isolés 10 minutes avec le conseiller culturel du Président pour en parler, et quelques semaines plus tard, on apprenait qu'il était maintenu à Angers." Le nom de ce conseiller spécial ? "Erik Arnoult, qui est devenu depuis Erik Orsenna" (du nom de la vieille ville dans "Le Rivage des Syrtes" de Julien Gracq, NDLR), sourit Gérard Pilet.

Une histoire angevine en somme, qui ancre de fait la vocation théâtrale et artistique des lieux. "A vrai dire, les premiers travaux de réhabilitation du cloître sont en partie liées à ceux de la bibliothèque Toussaint, à la fin des années 70, pour des raisons de décoration de jardin. Ce n'est qu'après, avec la réhabilitation de l'abbaye, que sont nées des idées de projets artistiques dans le cloître. Il avait notamment été question d'expositions photographiques", se souvient l'ancien Monsieur Culture de la Ville d'Angers, qui complète : "J'ai toujours pensé que la réhabilitation qu'il fallait donner du sens à la réhabilitation des monuments historiques. Pourquoi on les réhabilite ? Ils doivent être des lieux de vie intégrée dans le quotidien." 
L'histoire angevine du Festival montre qu'on a souvent préféré au cloître Toussaint celui de Ronceray, au cœur des Arts et Métiers. 

Andréa Bescond se produira ce soir au cloître Toussaint (crédit : Stefan M. Photography)
Andréa Bescond se produira ce soir au cloître Toussaint (crédit : Stefan M. Photography)
Quelques jours seulement après l'inauguration en grandes pompes de la Galerie David d'Angers, c'est pourtant bien la Fête de la Musique qui prend, la première, ses quartiers au cloître, avec un concert des Percussions de Strasbourg. Suivront alors toute une série de petits concerts, notamment de jazz et de chants, avec des moyens sommaires : quelques chaises, puis une petite estrade, le charme désuet du cloître faisant le reste.

D'une centaine de personnes, le cloître Toussaint en accueille bientôt 750 -sa jauge maximale- servi par l'un des événements culturels phare de ces 30 dernières années : Angers l'été. La cour et ses colonnades en deviennent vite l'un des lieux emblématiques. La programmation passe d'un à trois soirs par semaine, mais l'on refuse tout de même du monde devant l'afflux de spectateurs. Le cloître Toussaint se pose alors, et jusqu'à la création de Tempo Rives en 2008, en un cocon musical idéal. C'est plus compliqué pour le théâtre, qui demande des loges et un type de régie différent.

Pas un lieu pour le festival d'Anjou, donc ? L'histoire angevine de l'événement montre qu'on a souvent préféré au cloître Toussaint celui de Ronceray, au cœur des Arts et Métiers. Plus spacieux, plus adaptable. A Angers, le Grand théâtre, le théâtre Chanzy ou le château ont aussi souvent servi d'écrin aux pièces de la programmation, depuis la naissance de l'événement à la fin des années 40. Mais au cœur des années 2000, l'actuel directeur artistique du festival, Nicolas Briançon, y a programmé deux de ses enfants chéris : en 2007, il a ainsi recréé, au cœur des colonnades, "Jacques et son maître", pièce hommage de l'écrivain Milan Kundera à Denis Diderot et son "Jacques le Fataliste". Et pièce fétiche du metteur en scène, puisqu'il l'a à nouveau recréé depuis... ; en 2008 enfin, les 6 pièces du Concours des Compagnies (autre initiative de Nicolas Briançon, dès son arrivée à la direction artistique en 2004) sont jouées au cloître Toussaint.

Depuis, plus rien, même si le cloître Toussaint s'est enrichi de la présence récurrente des Accroche-Cœurs : "Chez Cocotte" (compagnie Carabosse) affichait ainsi complet en 2014, et le bar itinérant du Vaisseau Tomate voisinait heureusement avec le Jardin cosmopolite des Lo'Jo, en 2015.

Toujours en phase de reconquête de la cité angevine, le festival a décidé de refaire étape au cloître Toussaint en 2016, en y programmant son Sunday -la journée familiale du festival le dimanche 26 juin) et ses choix les plus exigeants, "trois pièces rares", selon Nicolas Briançon. Le 23 juin, Andréa Bescond y donnera ainsi "Les Chatouilles, ou la danse de la colère", œuvre totale sur le thème de la pédophilie ; le 24, Maxime d'Aboville, auréolé en 2015 de son Molière du meilleur comédien du théâtre privé dans cette pièce, viendra défendre la mise en scène de Thierry Harcourt de "The Servant" (de Robin Maugham, traduit par Laurent Sillan) ; et le 24 juin, "Jean Moulin, évangile", la fiction théâtrale de Jean-Marie Besset, y connaîtra sa création en festivals.
De quoi susciter l'envie de se cloîtrer un temps...

Les lieux du festival

Itinérant depuis sa création, le Festival d'Anjou confirme en 2016 sa tradition, comme son (ré)ancrage angevin. Le château du Plessis-Macé reste son écrin favori, mais les pièces se joueront également aux Arènes de Doué-la-Fontaine, au théâtre Bouvet-Ladubay de Saumur ou au théâtre Saint-Louis de Cholet. Le Concours des compagnies prendra ses quartiers, comme l'an passé, au Grand théâtre d'Angers et le jeu d'acteurs et de marionnettes de la "Petite Rouge" (compagnie Démons et Merveilles) sera vu à Baugé (centre culturel René d'Anjou) et au Cargo de Segré.

Un peu d'histoire

Pas de cloître sans abbaye... et vice-versa. L'histoire du cloître Toussaint est intimement liée à celle de l'abbaye du même nom, dont elle dépend. Aumônerie relevant du chapitre de la cathédrale au XIe siècle, l'ensemble ne devient l'une des 5 abbayes d'Angers -la plus récente et la plus petite- qu'en 1102-1103, avec l'établissement de chanoines venus d'Airvault en Poitou. Une abbaye dont les dépendances recouvraient les actuelles Galerie David-d'Angers et médiathèque Toussaint.
Mise en vente à la Révolution, l'abbaye devint dépôt de pains, puis dépôt militaire avant que l'église ne devienne une annexe du musée d'Antiquités. Une abbaye constituée en ruine romantique et classé au Monument historique en 1908. Devenus propriété de l'armée, les bâtiments conventuels seront détruits par l'incendie et les bombardements de 1944... avant la construction de la bibliothèque municipale et de la Galerie David d'Angers (inaugurées en 1978 et 1984).




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