"Comme des Lions", un vrai moment de démocratie.


Rédigé par - Angers, le Lundi 25 Janvier 2016 à 20:15


En juillet 2011 l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, 3000 salariés, dont la fermeture est programmée par la direction de l’entreprise, entre dans un conflit social d'importance. La cinéaste Françoise Davisse a glissé sa caméra au cœur de la lutte ouvrière pour signer une véritable aventure humaine, celle des « Lions de Peugeot ». Le film sortira en mars 2016 sur les écrans. Il était présenté, en avant-première, au Festival Premiers Plans d’Angers.



L'équipe du film, présente à Angers : de G. à D. Philippe Julien, protagoniste du film ;  Françoise Davisse, réalisatrice et Estelle Robin You, productrice
L'équipe du film, présente à Angers : de G. à D. Philippe Julien, protagoniste du film ; Françoise Davisse, réalisatrice et Estelle Robin You, productrice
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Camarade, je peux vous appeler camarade », lançait une jeune femme à l'attention de Françoise Davisse, la réalisatrice du film « Comme des Lions », dimanche après-midi, au cinéma les 400 Coups à Angers. Nous n'étions pas dans un local syndical, mais presque. Le film qui retrace près de deux ans de conflit social au sein de l’usine PSA (Peugeot Société Anonyme) d’Aulnay-sous-Bois, dont 4 mois de grève, n’a pas laissé indifférents les 200 spectateurs présents dans la salle, dont certains militants syndicaux venus tout spécialement.
 
« Je ne suis pas une militante , j'avais envie de faire un film sur ceux dont on dit qu'ils sont fous de se mettre en lutte. Je voulais montrer que c'était de la vie, la plus forte dans ce que l'on peut vivre actuellement », répond Françoise Davisse à l'issue de la présentation de son film. « Je connaissais le syndicaliste Jean-Pierre Mercier (négociateur de la CGT et numéro 2 de Lutte ouvrière). Je voulais mettre en image les têtes dures du conflit et suivre de l’intérieur la stratégie menée par des gens qui n’ont pas l’habitude de renoncer. C’est un film générique sur la manière dont se déroule en général une grève ».
 
Alors que débute l’un des plus importants conflits sociaux du secteur de l’automobile en France, la réalisatrice, caméra sur l’épaule suit les grévistes au jour le jour, des réunions syndicales, aux mouvements dans la rue, jusqu’aux revendications devant la direction de PSA. L'image est stable, fluide, assurée, comme si le film avait été scénarisé et tourné par des comédiens professionnels.
 
« D’habitude on rentre dans une entreprise pour filmer la direction et ce qu’elle veut bien nous montrer. Je suis entré en plein conflit social. Ils m’ont accepté tout de suite et ensuite tout s’est déroulé comme si je n’étais plus là », ajoute la réalisatrice qui a pu, grâce à sa présence quasi quotidienne, signer un véritable film d’action, celle menée par des ouvriers biens décidés à bouleverser les projets des gestionnaires de leur entreprise. « C’est un vrai film d’aventure, une aventure humaine, presque un film de guerre, sans commentaires et questions comme on a l’habitude dans un documentaire. Les seuls textes  (façon bande Dymo ...) sont les rappels d'étape et ceux de la direction de l'entreprise et du gouvernement que je n'ai jamais pu rencontrer ».
« Une façon de se plonger dans ce que l’intelligence ouvrière peut amener de plus beau » - Françoise Davisse, réalisatrice 
La caméra suit les ouvriers dans leurs prises de paroles, les doutes, la colère, les larmes et les moments de joie. « J’ai découvert que dans un conflit chacun pouvait s’exprimer et que rien ne peut se faire sans qu’ils en aient décidé ensemble. Ces luttes, ce sont vraiment des histoires de dialogue et de démocratie, c'est pour cela que ça marche super bien ».
 
Ces moments de démocratie, c’est ce que la réalisatrice à souhaiter mettre en avant. « D’habitude les médias présentent les conflits sociaux dans leurs moments les plus durs, lorsqu’il y a de la violence. J’ai voulu montrer que ce n’était pas toujours le cas et surtout que du côté des grévistes, de la direction de l’entreprise, et même de l’État, une véritable stratégie se mettait en place, où chacun avance ses pions ».
   
Pour Françoise Davisse, ce film n’est pas seulement l’histoire d’une lutte, mais « une façon de se plonger dans ce que l’intelligence ouvrière peut amener de plus beau. J’avais envie de faire un film avec du ressenti et de la découverte à partir de séquences où les gens se parlent. C’est un film d’espoir ».
 
Si le pari est osé, il est plutôt réussi. D’une durée de près de 2 heures, il est mené tambour battant, sans temps morts. « C’est tellement intéressant et bien construit qu’on ne s’ennuie pas. Même si on connaît un peu l’histoire, on a hâte de connaître la fin, comme dans un film de fiction. Et ça n’en est pas une », disait un spectateur en sortant.
 
Si ce film pourrait bien faire date dans l’histoire des luttes ouvrières françaises, n’en doutons pas, il a été réalisé avec des petits moyens. Un financement participatif sur Touscoprod.com ,un producteur nantais, les films du Balibari et deux belges, Les Productions du Verger et Gsara, ont permis de le mener à son terme. Reste désormais la diffusion. « Nous comptons sur chacun pour qu’il en parle autour de lui, c’est notre meilleure promotion. Nous comptons sur vous, car nous en avons besoin », déclarait Estelle Robin You, la productrice déléguée à l’issue de cette avant-première.

Pour en savoir plus : chonologie du conflit PSA Aulnay





Yannick Sourisseau
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