Cotisations volontaires obligatoires, la croisade de Nicolas Joly


Rédigé par Rédaction Angers Mag - Angers, le 10/02/2015 - 14:16 / modifié le 11/02/2015 - 12:19


Condamné en justice à régler à Interloire des contributions volontaires obligatoires qu'il refuse de payer, le célèbre propriétaire de la Coulée de Serrant a décidé de quitter l'interprofession des vins du Val de Loire en le faisant savoir haut et fort. Et en annonçant qu'il créait son propre organisme de défense et de gestion.



Nicolas Joly (photo Jacques Péneau - www.bonumvinum.eu).
Nicolas Joly (photo Jacques Péneau - www.bonumvinum.eu).
la rédaction vous conseille
C'est une interminable bataille, qui se solde toujours par la condamnation - 27 en 2014 - des viticulteurs. Depuis plusieurs années, en Anjou comme dans d'autres régions viticoles françaises, des vignerons ont décidé de se battre, par principe ou par conviction, contre le versement des CVO, ces cotisations volontaires obligatoires, payées en fonction du volume commercialisé (à hauteur de quelque 5 cts d'euros par bouteille), et destinées à financer (pas seulement dans le monde du vin, au passage) les organismes interprofessionnels chargés de défendre leurs intérêts. L'interprofession a notamment pour mission principal d'orchestrer la communication des vins de Loire, mais aussi de financer la recherche, y compris des programmes sur la biodynamie...

Au delà de l'aspect financier, certains, à l'instar du propriétaire de la Coulée de Serrant, Nicolas Joly, mettent en avant des arguments éthiques, plaçant d'un côté, "les vins authentiques" - les siens - et de l'autre, "les vins technologiques, défendus par l'interprofession". On n'est pas loin du débat ayant opposé récemment sur la place publique et devant le tribunal correctionnel d'Angers une autre figure "bio" du vignoble angevin, le producteur de Martigné-Briand Olivier Cousin, à la Fédération viticole de l'Anjou et à l'Institut national des appellations d'origine (INAO).
 
"En aucun cas on ne peut accepter que cette démarche respectueuse et responsable depuis plus de 30 ans puisse mettre les vins technologiques et les vins au goût authentique dans le même panier"

Dans le cas de Nicolas Joly, le bras-de-fer judiciaire s'est soldé par une condamnation à ses dépens le 3 février devant le tribunal d'instance d'Angers, lequel l'a condamné à payer à Interloire quelque 4 000 à 5 000 euros de cotisations volontaires obligatoires (CVO), correspondant à des arriérés non réglés. Mécontent, le vigneron de Savennières a non seulement décidé de faire appel, mais annonce qu'il a choisi de quitter Interloire, et de créer son propre Organisme de défense et de gestion pour son micro-vignoble de 7 hectares, comme le permettrait, selon son avocat, le Code Rural.

Le raisonnement ?  "Ceux qui cultivent en bio ou biodynamie depuis des décennies et produisent de ce fait des goûts représentants toute l’expression de leurs terroirs, voient leurs cotisations utilisées pour vanter les charmes de vins “totalement apatrides” : des vins orphelins, sans racine, sans histoire" usant de "levures aromatiques" et autres "artifices" non mentionnés sur les étiquettes, déplore dans un communiqué Me Eric Morain du barreau de Paris, le même avocat qui défend les intérêts d'Olivier Cousin.

En résumé, Nicolas Joly n'a pas envie de contribuer à financer une organisation dans laquelle il ne se retrouve pas et qui ne permet pas de différencier, selon lui, son domaine, conduit en biodynamie depuis 1981 et où notamment, précise son avocat, "un troupeau de vaches produit le fumier" et "un troupeau de mouton gère l'enherbement dans les vignes en hiver". "En aucun cas on ne peut accepter que cette démarche respectueuse et responsable depuis plus de 30 ans  puisse mettre les vins technologiques et les vins au goût authentique dans le même panier" ajoute encore Me Eric Morain, estimant qu'Interloire "n’a jamais voulu entendre cette partie-là des professionnels et ce, malgré les demandes réitérées".

Reste à savoir quelle sera la réaction des vignerons en biodynamie, comme lui, qui adhèrent à l'interprofession et qui n'ont pas forcément l'impression de produire des "vins technologiques"...
 

 












Angers Mag















Angers Mag : Au comptoir de Mathilde... et de Catherine: Depuis la fin du mois d'octobre, la rue... https://t.co/wkV9xA1N3F https://t.co/6yuEQFFF5o
Mercredi 7 Décembre - 08:00
Angers Mag : A l’Ecole démocratique, on fait ce qu’on veut… ou presque: Basée sur la liberté... https://t.co/j0ywJZAzgI https://t.co/jEK0S9wvGs
Mercredi 7 Décembre - 07:31
Angers Mag : RT @LeQuai: N'oubliez pas d'aller voir #AdishatzAdieu ce soir. Vous nous remercierez demain. #Theatre #JonathanCapdevielle #Angers RESA 02…
Mardi 6 Décembre - 13:55
Angers Mag : A Angers, Montessori a pris racines: Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes... https://t.co/bXNDdgyLpz https://t.co/nar3Qs6vye
Mardi 6 Décembre - 07:30


cookieassistant.com