D’une seule voix : une voix, plus forte que la guerre


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Samedi 19 Décembre 2009 à 19:05


Mardi, au Cinéma les 400 coups, Jean-Yves Labat de Rossi venait présenter et discuter avec les spectateurs de son expérience, retracée à travers le documentaire de Xavier de Lauzanne « D’une seule voix », à un moment où Marie-Paul Clemot-Streliski, conseillère municipale, annonçait la mise en place d’un projet de coopération entre Angers, une ville israélienne et une ville palestinienne.



Jean-Yves Labat de Rossi
Jean-Yves Labat de Rossi
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Devant une salle archicomble, Jean-Yves Labat de Rossi a expliqué son parcours vraiment peu commun : il a d’abord été musicien de rock, Mister Frog, avec collants verts et synthé, dans le groupe Utopia, il a alors longtemps fréquenté Woodstock. Puis en 1994, il réussit à reformer à Sarajevo, en pleine guerre, une chorale composée de Serbes, de Bosniaques et de Croates qui ne se fréquentaient plus, qui ne se parlaient plus. Il leur a permis de chanter à nouveau ensemble, et il est même parvenu à les faire s’évader, en profitant d’une nappe de brouillard miraculeuse, pour qu’ils puissent se produire en France.

Et puis ce fut l’aventure du Moyen Orient : en 2004, il réussit à réunir des musiciens israéliens et palestiniens, malgré la 2ème Intifada encore toute proche ; peu après, c’est le projet fou d’organiser avec eux une tournée en France : le film retrace cette histoire véritablement épique, ponctuée par les concerts, et surtout par ce qui se passe dans les coulisses, énervements, claquements de porte, coups de sang, chaque fois qu’un groupe ressent l’attitude d’un autre groupe comme une provocation. Une musicienne l’affirme : ces discussions parfois au bord de la rupture leur permettent toutefois de se découvrir, de se comprendre, ou au moins de se respecter.

Il en ressort une admiration émue pour cette ténacité incroyable qui permet de surmonter les pires obstacles : oui, comme le dit l’un des musiciens, la paix est un chemin beaucoup plus difficile à parcourir que la guerre ; et la musique, tellement variée (comparée à celle de l’entreprise un peu comparable de Barenboïm), semble suspendre dans un instant presque magique la violence potentielle de chacun. Loin de tout angélisme, le film commence par un plan sur le mur en construction qui sépare Israéliens et Palestiniens, et Jean-Yves Labat de Rossi évoque aussi ces murs qui existent en chacun de nous, sans doute plus difficiles encore à abattre.

A un spectateur qui parlait prudemment du différend séparant les Gazaouis des Israéliens, il corrige : « il faut appeler un chat un chat, c’est un massacre », et d’expliquer la conversation qu’il a eue au téléphone avec un musicien palestinien croyant qu’il allait mourir dans sa maison sous les bombes : « Surtout, lui disait-il, promets-moi une chose : de continuer « D’une seule voix » ! ».

Ne bénéficiant d’aucune aide, Jean-Yves Labat de Rossi vendait d’ailleurs le disque des musiques du film à la sortie de la salle : il était vite en rupture de stock, il aurait pu en vendre une centaine de plus. On peut se le procurer sur le site suivant : urlblank:http://www.advitam-records.fr/fr











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