Dans le Cœur de Maine battent les rives nouvelles


Rédigé par - Angers, le 19/05/2015 - 07:36 / modifié le 20/05/2015 - 09:16


La présentation publique du projet Cœur de Maine, l'ambition de reconquête de la rivière portée la majorité conduite par Christophe Béchu, a eu lieu lundi soir, à la fac Saint-Serge. Un projet porté par le même homme que feu Rives Nouvelles, François Grether. "La philosophie est la même, mais recentrée, resserrée", assure l'architecte et urbaniste. Question de priorité.



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On savait depuis un moment déjà qu'il ne s'agirait pas d'une révolution. Certes, la société publique locale Rives Nouvelles est désormais enterrée, et avec lui le projet phare d'aménagement du territoire de la précédente équipe municipale.

Certes, on garde en tête les prises de positions des proches de Christophe Béchu -"projet pharaonique, disproportionnée"- sur cette question, lors de la dernière campagne municipale.

Mais au lendemain de son élection à la mairie d'Angers, c'est bien vers l'architecte et urbaniste qui avait façonné Rives Nouvelles depuis plusieurs années que Christophe Béchu s'est tourné. Pour être tout à fait exact, c'est François Grether lui-même qui a pris son téléphone et appelé le nouvel élu, pour discuter. "Ça n'est pas la première fois, dans ma carrière, que je vis une alternance politique", explique-t-il. "Ça s'est parfois passé très bien, comme à Lyon ou à Amiens, d'autres beaucoup moins".

Dans le cas présent, le courant semble passer entre les deux parties. Entre feu Rives Nouvelles et le Cœur de Maine naissant, "la philosophie est la même, je ne me renie pas", soutient François Grether. "J'ai entendu l'urgence et la nécessité de faire vite de la nouvelle municipalité. Le projet est donc recentré, resserré, mais l'ambition de reconquête de la Maine est la même".
"J'ai entendu l'urgence et la nécessité de faire vite de la nouvelle municipalité. Le projet est donc recentré, resserré, mais l'ambition de reconquête de la Maine est la même"

L'architecte-urbaniste et son équipe ont donc éprouver leur projection à une échelle de temps opérationnel beaucoup plus court, à 4 ou 5 ans, "afin d'initier la reconquête de la Maine", précise Christophe Béchu.

C'est ce subtil (et fragile) équilibre entre le temps de l'urbaniste et le temps du politique qui a été dévoilé, lundi soir, lors de la présentation publique du projet Cœur de Maine, qui marque également le début de la concertation publique sur le sujet. Une présentation qui a eu lieu dans un endroit emblématique -l'amphi Volney, dans la fac de Saint-Serge- à la jonction de ce qui constituera, à l'horizon d'une décennie, le point de départ de l'extension du centre-ville angevin.

Resserrer, c'est prioriser.  François Grether a ainsi levé le voile sur les ambitions portées sur deux secteurs : la Zone d'aménagement concerté de Saint-Serge et le centre-ville Maine, du pied du château à la place Molière. Avec quelques surprises, beaucoup de similitudes avec Rives Nouvelles et des concessions de fond.

La Zone d'aménagement concerté (ZAC) de Saint-Serge

La Zone d'aménagement concertée de Saint-Serge sortira de terre à compter de la mi-2017.
La Zone d'aménagement concertée de Saint-Serge sortira de terre à compter de la mi-2017.
"Cette zone est une grande chance pour Angers. Elle réunit toutes les conditions et les atouts pour une extension du centre-ville, qui est une question profonde de notre époque", avance François Grether. 75 hectares sont à aménager, avec une contrainte forte : il s'agit d'une zone inondable, dont la surface en occupation bâtie ne peut excéder 33 %. La ZAC abritera "un parc linéaire central d'une quinzaine d'hectares", dans le prolongement des allées François-Mitterrand, entouré de deux secteurs à vocation différente. Fini la halle créative de l'ancien projet : en bord de Maine, on retrouvera "un secteur actif. La zone d'activités actuelle est un peu vieillissante. La perspective est désormais ouverte à l'initiative et à l'originalité, avec de la liberté pour les entreprises."

Aucun logement n'est prévu -il y a assez à faire, selon le maire, aux Capucins et sur le Plateau de la Mayenne, ainsi que quartier gare- mais deux bâtiments vont structurer l'espace proche du tram, dans les années qui viennent : la patinoire, avec un parking souterrain de 300 places, et le centre de formation de la Chambre des Métiers. Le reste est à faire, même si Christophe Béchu a lâché quelques pistes, qui mènent à la construction de la Maison internationale des chercheurs étrangers ou à une école supérieure qui souhaiterait s'implanter sur Angers.

En bref, François Grether y voit "la concentration d'éléments attractifs" répondant aux objectifs d'extension du centre-ville. Le début des travaux est prévu pour la mi-2017 et la patinoire pourrait être livrée fin 2019.

Le centre-ville Maine

Du pied du château à la place Molière, "c'est un espace qui paraît délabré", avance François Grether. "C'est le résultat de transformations historiques qui ont bouleversé les lieux, mais c'est le centre du centre ! Tous les enjeux sont réunis ici, mais il n'y a jamais eu de vision globale et maîtrisée de son aménagement."

Quoi retenir du projet présenté hier soir sur ce secteur ? Que l'architecte-urbaniste a tout de même dû mettre de l'eau dans son vin en intégrant la couverture des voies sur berges et un nouveau pont pour le tram à ses perspectives, lui qui affirmait il y a quelques mois encore qu'il s'agissait de la ville des années 70... "L'objectif et le projet priment sur la couverture", argue François Grether, en présentant la "grande terrasse verte ou prairie scénographique" prévue en surface.
Reste que les voies sur berge seront bien recouvertes par un ouvrage de 3000 m2 et pour une somme de 6 M€ hors taxe, a souligné lundi soir Christophe Béchu, pas mécontent de son effet.

Autre effet, plus inattendu celui-ci, la perspective d'une virgule à hauteur de l'Hôtel du Roi de Pologne. Son objectif ? Supprimer le tourne à droite permettant aux voitures descendant du boulevard du Général de Gaulle de rejoindre les voies sur berge et ainsi gagner de l'espace pour retravailler la promenade Jean-Turc, au pied du château.

Pas une révolution, donc, mais un vrai sujet de discussion.

Cœur de Maine, un sujet ouvert

La présentation publique de lundi soir constitue le premier temps de la concertation sur le projet, qui se déroulera jusqu'à l'automne 2017. "Rien n'est abouti", assure François Grether. "Ce qui vous est présenté là est le travail de quelques mois, mais on a besoin de votre contributions, voir ce qui est bien accueilli, ce qui l'est moins. Pour le moment, ce sont des orientations qui répondent notamment aux objectifs fixés par la municipalité, mais elles peuvent absorber d'autres propositions."
Des expositions liées à Cœur de Maine vont être mises en place et deux réunions avec les professionnels sont d'ores et déjà prévues : l'une aura lieu le 29 juin, avec les commerçants, l'autre le 1er juillet, avec les entreprises de Saint-Serge.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur















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