De l’Anjou au Japon : la route de la soie à vélo


Rédigé par - Angers, le 12/06/2011 - 09:46 / modifié le 12/06/2011 - 11:46


Rallier Angers à Tokyo, à vélo, en empruntant l’une des routes de la soie, il faut être un peu fou. Et pourtant deux jeunes angevins, l’on fait, avalant même trois continents et les 12 000 km à vélo qui les séparaient d’Angers, en quinze mois. Ils exposent les photos de leur périple, du 15 au 30 Juin, au Centre Jean Vilar à Angers. A voir absolument.



Sarah et Nicolas au Tadjikistan
Sarah et Nicolas au Tadjikistan
Sarah Belliard et Nicolas Marmin, 25 ans, ne sont pas des illuminés. Ce voyage ils en rêvaient et ce n’est pas la distance qui leur faisait vraiment peur, d’autant qu’ils n’ont pas obligatoirement pris la route la plus directe pour aller jusqu’au pays du soleil levant. Leur premier objectif, ralliez tout d’abord Pékin, ce qui n’était déjà pas si mal. Et comme l’appétit vient en mangeant ils ont prolongé jusqu’à Tokyo, c’est la porte à coté.

Avant de partir, Sarah et Nicolas ont constitué l’association Les Roues Libres, une structure composée des deux cyclistes, mais qui leur permet d’avoir une assise sociale, juste pour obtenir quelques aides financières et assurer l’exploitation du voyage, comme l’exposition qu’ils présentent à la mi-juin au Centre Jean Vilar. Sarah est infirmière, très utile pour une expédition de ce type et Nicolas est graphiste illustrateur. C’est leur envie de liberté, d’aller voir ailleurs, qui les a poussé à accomplir ce voyage hors du commun, avec pour seul entrainement le tour de la Bretagne : « pour tester la faisabilité, avec des vieux vélos », s’amuse Nicolas. Et dans la foulée, en Septembre 2009 ils mettent le cap sur l’Asie. Ils reviendront un an après.

« Nous avions envie de partir travailler à l’étranger et nous voulions surtout découvrir d’autres peuples, d’autres coutumes et nous ne sommes pas déçus », affirme les routards qui ont plutôt privilégié le couchage chez l’habitant, « plus rassurant dans certains pays, et parfois carrément interdit ». Et le contact était tellement facile. Même s’ils ne se comprenaient pas, très souvent leurs hôtes ne voulaient plus les laisser repartir. « Ils nous prenaient pour des fous ».

« Nous n’avons pas eu de difficultés particulières sauf en Libye où le guide prévu nous a fait faux bond. Aux frontières, un couple c’est toujours rassurant. Et puis Zidane a été très utile pour passer les frontières. Tout le monde aime le football. Au Tadjikistan, à chaque cheick-point ils nous informaient des résultats de la coupe du monde », poursuivent Sarah et Pascal qui n’avaient qu’un seul souci : se fondre dans la paysage pour ne pas être inquiétés. « Ceux que nous croisions étaient plutôt surpris, c’est la curiosité qui l’emportait sur l’agressivité. Nous craignons plus les chiens errants, nombreux dans certains pays. Ils pouvaient présenter un danger pour les personnes isolées ».

Un voyage suivi par des écoliers angevins

Sous la yourte au Pamir
Sous la yourte au Pamir
Nos deux voyageurs gardent un souvenir indéfectible de ce grand périple, et notamment de leur passage en Asie Centrale, l’Iran notamment : « Ce n’est pas tout à fait ce que l’on peut voir à la télé. Nous avons été très surpris de l’accueil et pourtant nous y étions pendant l’affaire Clotilde Reiss. C’est un pays très étonnant, qui nous a aussi surpris par sa culture ».

Les voyageurs gardent également un bon souvenir de leur passage au Turkménistan, ancien pays du bloc soviétique, un pays pas toujours recommandable, qui bafoue allégrement les droits de l’homme. « C’est un pays un peu bizarre. A Achgabat, la capitale on se croirait à Disneyland, tous les palais et bâtiments ressemblent à un décor ».

Pas sportifs pour un sou, ils voulaient se donner le temps d’observer, effectuant entre 50 et 170km par jour, selon l’état de la route ou de la piste. « Nous ne voulions pas établir un record, mais plutôt prendre le temps mieux connaitre les peuples que nous avons croisés ».

Leur périple a été suivi par les enfants de CE1-CE2 de l’école Jules Verne à Angers. Les voyageurs envoyaient des dessins, des objets, lesquels étaient étudiés ensuite en cours. Une leçon de géographie, grandeur nature, que les enfants ont apprécié, d’autant que depuis leur retour les deux voyageurs animent des ateliers avec les petits écoliers. « Nous sommes surpris par les questions des enfants », conclut Nicolas et Sarah qui envisagent de repartir sur la route du Karakorum, entre la Chine et le Pakistan. Pendant leur séjour ils n’ont contracté aucune maladie, sauf peut-être une, inguérissable : le virus du voyage.

Exposition : Regards d’un voyage
Images d’Orient, d’Asie et de la Route de la soie
Sarah Belliard et Nicolas Marmin exposent les photos de leur périple à vélo d’un an et demi, d’Angers à Tokyo




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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