Electronique, l’heure du renouveau pour Angers ?

Electronique, l’heure du renouveau pour Angers ? #1


Rédigé par - Angers, le 01/06/2015 - 07:50 / modifié le 05/06/2015 - 11:36


Le Président de la République, François Hollande, inaugurera le 12 juin prochain la Cité de l'objet connecté d'Angers. Un événement et une reconnaissance pour les porteurs du projet bien entendu mais aussi, indirectement, pour tous les acteurs des filières électronique et numérique angevines. Toute la semaine, Angers Mag se penche sur la mutation de ces secteurs qui portent une partie des espoirs économiques de la région, en commençant ce lundi par la remettre en perspective.



Opération sur circuit électronique au sein de l'entreprise Eolane (photo : Thierry Bonnet/Ville d'Angers)
Opération sur circuit électronique au sein de l'entreprise Eolane (photo : Thierry Bonnet/Ville d'Angers)
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Packard-Bell, NEC, Thomson, ACT… Faites le test autour de vous. Parler d’électronique à Angers même en 2015, c’est s’assurer de voir ressurgir quelques fantômes industriels du passé. Etonnant ? Pas vraiment. Derrière ces grands noms de l’histoire économique angevine, ce sont les souvenirs de milliers d’emplois créés sur le territoire –et souvent, perdus ensuite- qui se rallument dans les esprits. Au sein de sa famille ou parmi ses amis, qui ne connaît pas un proche ayant participé de près ou de loin au montage de téléviseurs Thomson, d’ordinateurs Packard-Bell ou de circuits imprimés Bull ?

Il est une autre réalité médiatique et sociale : dans l’inconscient collectif, une fermeture d’usine résiste mieux à l’oubli que son ouverture. Les images du long conflit social qui a accompagné fin 2002 la chute d’ACT Manufacturing, l’ancienne unité de production de cartes électroniques de Bull, ou celles plus récentes de la fin de l’usine Technicolor (ex-Thomson) en décembre 2012, ont marqué le territoire angevin. Jusqu’à laisser à penser parfois que sa filière électronique foutait le camp.

Années 60 : montage des premiers serveurs Bull sur le site industriels de Belle-Beille (photo : Bull).
Années 60 : montage des premiers serveurs Bull sur le site industriels de Belle-Beille (photo : Bull).
Il n’en est pourtant rien. Certes, personne ne peut nier le déclin industriel qui a frappé le secteur à Angers. Il est bien loin désormais le temps où, à son apogée (1983), Bull employait plus de 3000 personnes sur son site de Belle-Beille ; pas si loin (fin des années 90), l’époque où près de 1500 personnes travaillaient encore pour Packard-Bell et NEC. Pour autant, d’autres ont survécu aux difficultés à l’image de Créative Eurecom, cette société lancée en 1988 par d’anciens ingénieurs du laboratoire de recherche du groupe Thomson Multimédia, autre géant économique disparu, et qui plus de deux décennies après, continue d’innover.

Dans des productions très techniques, d’autres encore ont su se créer, se réinventer et se développer, telle la Société électronique de Combrée (Selco), créée en 1975 dans la commune segréenne du même nom et première pierre d’un groupe devenu l’un des cinquante plus importants de son secteur dans le monde : Eolane.

"Comment, à l’échelle du territoire, on intègre les entreprises du secteur pour faire parler d’elles ? " Christophe Béchu
En Maine-et-Loire, cette société internationale (3500 collaborateurs, 400M€ de CA environ), basée au Fresne-sur-Loire et qui a racheté en 2008 l’ancienne usine Continental à Angers, incarne avec d’autres (Thalès à Cholet, Bodet à Trémentines, Lacroix Electronique à Saint-Pierre-Montlimart…) la résistance de l’industrie électronique. A l’échelle d’Angers, des Pays-de-la-Loire et du Grand Ouest, sa réussite suscite surtout beaucoup d’espoirs car le patron d’Eolane, Paul Raguin, s’est fait parmi les premiers le porte-parole d’une ambition collective régionale. « Dans les 10 ou 15 ans qui viennent, nous allons retrouver de la compétitivité en Europe par ces technologies innovantes. Il nous faut nous préparer à cette mutation. Nous avons tout intérêt à la partager pour en assumer le coût, l’assimiler et faire accéder à la connaissance tous nos collaborateurs » nous expliquait-il dans un entretien en juin 2013, en référence notamment à la miniaturisation fulgurante de l’électronique.

Paul Raguin, PDG d'Eolane.
Paul Raguin, PDG d'Eolane.
Depuis sept ans, au sein d’une association rebaptisée WE Network (ex-LEA Valley) et basée à Angers, près de 160 entreprises du Grand Ouest, concurrentes, parfois sous-traitantes l’une de l’autre, se sont fédérées autour de cet objectif, communiquant ensemble, échangeant et, pour les plus convaincues, collaborant au sein de projets communs. Le projet de Campus de l’électronique est né en son sein. Mais c’est très concrètement la Cité de l’objet connecté, portée par Eolane et plusieurs autres partenaires, qui est appelée à jouer à court terme le rôle de locomotive et de vitrine, avec l’appui des collectivités locales : Région Pays-de-la-Loire, Agglomération et Ville d'Angers.

"Son implantation à Angers ne doit rien au hasard. Nous concentrons sur notre territoire tant les filières de formation que les industriels reconnus, dans les domaines indispensables que sont la mécanique, la plasturgie, l’électronique et le design" appuyait récemment l'un de ses supporters politiques, le conseiller municipal et député PS Luc Belot dans une tribune publiée sur notre site.

« Nous y allons à fond, pas dans une stratégie de buzz, insiste Christophe Béchu, le maire et président de l’agglo d’Angers. Comment, à l’échelle du territoire, on intègre les entreprises du secteur pour faire parler d’elles ? Le renforcement du partenariat avec Austin va dans ce sens comme, bientôt, l’usage du numérique et des objets connectés au cœur même de la ville. » La preuve aussi que sur ce sujet, les responsables politiques, de quelque bord qu'ils soient, ont pris conscience de la nécessité de travailler ensemble. Et vite.

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