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Vendredi 24 Octobre 2014



Entreprendre au féminin, une aventure qui se partage


Rédigé par - Le 26/02/2013 - 07:00 / modifié le 06/03/2013 - 15:28


Elles sont dix jeunes créatrices d'entreprises de Maine-et-Loire. Via la Boutique de Gestion Anjou, elles ont intégré un groupe d'échanges pour partager leurs expériences. Pour s'entraider aussi et anticiper les risques de l'entrepreneuriat en cultivant leurs réseaux. On les a rencontrées et vous savez quoi ? Elles ont une sacrée pêche !



Une belle preuve d'émulation, les dix créatrices ont posé devant l'objectif de l'une d'entre elles pour communiquer (photo Adeline Vallin)
Une belle preuve d'émulation, les dix créatrices ont posé devant l'objectif de l'une d'entre elles pour communiquer (photo Adeline Vallin)
Une jardinière, une médiatrice animale, une décoratrice d'intérieure, une soudeuse de précision, une couturière, une chef cuisinière à domicile, une toiletteuse canin, une prothésiste ongulaire, une photographe et une réflexologue. S'il y a bien un endroit où la crise ne semble pas mettre à mal la biodiversité, c'est le monde de l'entrepreneuriat. Et on ne voit vraiment aucune raison de ne pas s'en réjouir.

Dans le cadre d'un projet de soutien à la création d'entreprise au féminin, financé par la préfecture de Maine-et-Loire, dix jeunes créatrices participent depuis décembre dernier à un groupe d'échanges porté et animé par la Boutique de Gestion Anjou. A raison de huit rencontres dispatchées sur six mois, elles y bénéficient d'une formation collective aux responsabilités de chef d'entreprise, tout en goûtant à "l'expérience de réseau".

"L'idée, c'est vraiment de créer des liens au sein du groupe et en dehors pour permettre à chacune de sortir de son isolement, et d'aller vers d'autres réseaux ensuite" résume Violaine Jaunereau, conseillère formatrice à BGE Anjou.


Suite à une perte d'emploi, Isabelle Laurens s'est lancée en mai dernier dans la réflexologie
Suite à une perte d'emploi, Isabelle Laurens s'est lancée en mai dernier dans la réflexologie
Conseil juridique, protection sociale, communication, organisation du temps de travail, conciliation des temps de vie...

Pour faire face aux interrogations inhérentes à la création d'entreprise, l'émulation collective se veut ici une plus-value. Elle permet de peaufiner son projet, de se rassurer et de prendre confiance au contact des autres. Un vrai plus pour affronter une période, par essence, pleine de stress.

"Ça permet de voir qu'on n'est pas toute seule à s'inquiéter. On se soutient, on se félicite quand on décroche un client, on s'encourage" témoigne Isabelle Laurens, ex-assistante de direction, qui s'est lancée à plus de 50 ans, dans une activité de réflexologie.


Prendre en main son destin professionnel

Pour elle comme pour plusieurs autres, la perte d'un emploi a été un déclic. L'occasion de passer à autre chose. Ou de vivre un désir enfoui comme l'autre Isabelle (Seigneur-Haurillon), devenue artiste-décorateur après une première vie d'infirmière. "J'en avais assez de ne plus avoir le temps d'être à l'écoute. Aujourd'hui, je suis folle de joie de faire quelque-chose qui me passionne et me rappelle ma grand-mère, elle-même chef d'entreprise à une époque où elles étaient peu nombreuses."

Il y a aussi celles qui ont délibérément choisi de tourner le dos à un emploi garanti pour mener leur propre barque, telle Aurélie, qui s'est découverte couturière après une licence de commerce et gestion. "J'ai fait un contrat de professionnalisation dans une entreprise qui travaille pour la haute couture où c'était juste génial. La question s'est posée d'y rester ou pas, mais malgré le climat économique épouvantable, j'ai refusé le CDI qu'on me proposait."

Le risque de l'entreprise plutôt qu'un CDI, Aurore Lecomte, couturière s'est lancée chez elle à Feneu
Le risque de l'entreprise plutôt qu'un CDI, Aurore Lecomte, couturière s'est lancée chez elle à Feneu
Inconscience ? Certainement pas. Surtout une envie d'autonomie, d'être maitre de son destin professionnel. Julie, la paysagiste et Astou, la soudeuse ont quitté elles-aussi le salariat. Un peu lassée par les relents machistes de son milieu professionnel, cette dernière a à cœur de montrer à son fils qu'il a "une mère dynamique et qui se prend en main".

Pour chacune, c'est aussi peut-être la garantie de faire valoir leur sensibilité, leur créativité là où les choix d'un supérieur pouvait les brider. Après plusieurs mois d'activité, elles savent que le plus difficile les attend. Mais elles savent aussi sur qui compter pour échanger et trouver du soutien.

Alors que seulement un tiers des entreprises créées en France sont le fait de femmes, les projets suivis par les Boutiques de Gestion respectent eux "quasiment" la parité. Un signe que les créatrices d'entreprises ont plus besoin de se rassurer, selon Delphine Sire, chargée de communication à la BGE Anjou, et qu'elles ont moins accès aux réseaux que les hommes.

Un signe peut-être aussi qu'avec un taux de pérennité à trois ans de plus de 70%, le savoir-faire des Boutiques de gestion ne les laisse pas indifférentes.

Pour en savoir plus sur le réseau régional des Boutiques de Gestion : www.aidecreationentreprise.fr/



Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur







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