Esaconnect : les objets connectés sont dans le pré


Rédigé par - Angers, le 20/10/2015 - 00:00 / modifié le 20/10/2015 - 11:00


Organisé à l’Ecole Supérieure d’Agricultures d’Angers par la Chaire Mutations Agricoles, le 16 octobre dernier, le premier « Esaconnect » a connu un succès qui témoigne de l’intérêt du secteur pour les outils technologiques. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture qui soutient l’initiative, s’est déplacé pour lancer officiellement l’événement.



L'école supérieure d'agricultures où s'est déroulé le 1er Esaconnect
L'école supérieure d'agricultures où s'est déroulé le 1er Esaconnect
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En matière de technologies numériques, l’agriculture n’a pas l’intention de rester sur le bord du chemin. Le premier « Esaconnect » organisé à l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers en a apporté la preuve. Pour cette école supérieure, qui forme les futurs ingénieurs agricoles et plus particulièrement de sa Chaire Mutations Agricoles, pas question d’imposer des solutions mais seulement de « dresser un état des lieux des réflexions et des expériences en cours sur la connexion de l’agriculture et des agriculteurs ainsi que sur les mutations professionnelles qu’elle engendre », expliquaient les organisateurs.
 
Pour les étudiants, qui n’étaient pas contraints de participer à l’événement, les ateliers et conférences organisés au cours de la journée, auront permis « de parfaire leur formation » comme le précisait Patrick Vincent, le directeur de l’établissement. « IIs n’avaient aucune obligation de s’inscrire, mais leur présence démontre qu’ils s’intéressent à l’avenir de leur profession ».  Les étudiants étaient également nombreux autour des stands des start-ups présentes dans les halls de l’ESA, questionnant les concepteurs d’objets et produits censés faciliter le travail des professionnels du monde agricole.
 
Alors que ce n’était pas gagné d’avance, Nicolas Courtade, chef de projet de communication de l’ESA,  a pu constater que l’écosystème numérique angevin, de la Maison de l’Objet Connecté à l’Ecole de la Filière Numérique,  a répondu présent à l’invitation. « Au départ, ce n’était pas évident de faire se rencontrer les publics agricoles et numériques. Des agences de communication, des entreprises de la filière numériques, participent à cette première,  chacun considérant que l’agriculture est un marché porteur, en plein développement ».
 
Les organisateurs ont également apprécié la venue du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. « Ce n’est pas seulement le ministre, c’est aussi le porte-parole du Gouvernement, ça prouve que ce dernier n’est pas insensible à la mutation technologique et sociologique qui se joue dans l’agriculture ».
 
« Il faut que cette profession change elle-même son organisation sociale » - Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.

Pour le ministre, venu en voisin du département de la Sarthe, « le numérique va entrainer des bouleversements et des mutations très profondes, et pas seulement dans le monde agricole. Il va falloir innover dans tous les domaines. Et au-delà de l’aspect technologique, il va falloir innover socialement  ».
 
Avec toutes les données que vont générer les objets connectés, « les agriculteurs vont devoir rester maitre des choix à faire, avec des modèles en prise avec leurs écosystèmes », poursuivait Stéphane Le Foll. « Toutes ces adaptations nécessitent pour les agriculteurs d’évaluer et d’agir. Et s’ils n’ont pas accès aux données, ils vont perdre la capacité d’évoluer ». Pour cela, le ministre réfléchit à la mise en place de « fermes de données », des data-centers, dans lesquels les agriculteurs pourront puiser les informations nécessaires à l’amélioration des leurs filières respectives.
 
Mais pour maitriser le virage technologique qui se profile à l’horizon, et faire en sorte que « le monde agricole continue à maitriser son destin, il faut que cette profession change elle-même son organisation sociale » soutenait le ministre. « Il faut que ce soient eux, même s’ils travaillent avec qui ils veulent, qui soient en capacité de maitriser toutes les connaissances  que vont leur apporter les données captées par ces objets connectés ».

Pour cette première, deux mondes technologiquement éloignés ont réussi à se mettre autour d’une table. Tout le monde était d’accord, cette rencontre jette les bases d’une profonde mutation et ouvre un large marché pour les startups qui s’investissent désormais dans cette filière. En attestent celles qui étaient installées dans les halls de l’ESA pour optimiser la reproduction du bétail, calculer l’humidité du sol ou encore sa fertilité.
 


Christophe Renardineau, montrant ses émotion avant de déguster un verre de vin
Christophe Renardineau, montrant ses émotion avant de déguster un verre de vin
Neurokiff Concept : l’exemple d’une startup qui révolutionne l’art de la table
 
« Mesurer le plaisir procuré par la gastronomie », c’est le concept développé par une jeune société nantaise, présente au 1er Esaconnect. Un casque neuronal sur la tête permettant d’acquérir en temps réel des données électro-encéphalographiques émises par un cerveau en activité et une tablette tactile capable d’interpréter plusieurs états émotionnels et le tour est joué. En direct, le porteur du casque peut voir le tracé de ses états d’excitation, de méditation, d’ennui et de frustration.
 
« Ce concept s’adresse aux marques de produits alimentaires qui organisent des dégustations grand public », explique Christophe Renardineau, l’un des concepteurs. « Ça permet de gouter un vin sans avoir des connaissances en œnologie. Le cerveau apprécie ou non et cela se concrétise sur le graphe. Percevoir en direct ses émotions, c’est une expérience inédite ».
 
Et ça marche. Nous l’avons testé avec un vin au demeurant agréable mais qui se révèle légèrement acide en fin de bouche. Le cerveau réagit et marque un affaiblissement de la courbe traduisant une phase de frustration. « C’est un objet qui permet de créer des événements couplant le plaisir de la bouche aux ressentis les plus intimes ». Etonnant.

Pour en savoir plus : www.neurokiff.com
 




Yannick Sourisseau
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