Etat d'urgence : sacs fouillés, avocats agacés


Rédigé par - Angers, le 15/12/2016 - 09:42 / modifié le 15/12/2016 - 19:13


Au commissariat d'Angers, les avocats doivent désormais présenter systématiquement leurs sacoches avant d'assister les personnes qui y sont placées en garde à vue. Une mesure unique en France selon le bâtonnier du barreau d'Angers qui vient d'écrire publiquement son agacement au directeur départemental de la sécurité.



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On savait déjà que l'état d'urgence -qui vient d'être prolongé jusqu'au 15 juillet- pouvait susciter ici et là, des réserves et des critiques. Mais on ne s'attendait pas forcément à voir le débat rebondir à cet endroit.

Au commissariat d'Angers, l'obligation faite désormais aux avocats venus assister les personnes placées en garde à vue, d'ouvrir eux-aussi leurs bagages et sacoches, ne passe pas. Ou plus, surtout depuis que plusieurs d'entre eux se son vus refuser l'accès à l'hôtel de police, faute précisément de se résoudre à cette obligation. 

Dans une lettre ouverte qu'il a lui-même rendu publique mercredi, le bâtonnier des avocats d'Angers, Philippe Héry, a dit vertement ce qu'il en pensait au directeur départemental de la sécurité publique, Francis Wetta, en lui rappelant que le contenu des sacoches était "couvert par le secret professionnel". Et en affirmant que son attitude était "unique non seulement dans le département mais également sur le territoire national" et relevait "donc d'une initiative personnelle et malheureuse." 

Et le bâtonnier, agacé, de reprocher à Francis Wetta de méconnaître "le droit fondamental et élémentaire de toute personne à être assistée et défendue lors de son placement en garde à vue". "Les avocats comme les policiers ne se situent pas au dessus de lois. Les premiers exercent une profession respectable et insusceptible de la méfiance que vous leur témoigner même dans le cadre de la situation d'urgence que connaît le pays" écrit encore Philippe Héry, invitant Francis Wetta "à agir au plus tôt pour restaurer le climat cordial qui caractérisait nos relations jusqu'à présent."

Pas forcément gagné. Dans les colonnes du Courrier de l'Ouest de ce jeudi, après avoir laissé entendre qu'il avait mieux à faire que de polémiquer, l'intéressé se défend de tout excès de précaution. "Il ne s'agit pas d'une fouille mais d'un examen visuel des sacs et bagages. On ne regarde pas les dossier, le secret professionnel est respecté." Et le patron de la sécurité publique de Maine-et-Loire de rappeler que la mesure s'appliquait à tous les bâtiments publics et à tout le monde : "Les médecins ont droit au même traitement, les policiers venant de l'extérieur et les magistrats aussi. Le personnel tourne et il est difficile de connaître les 350 avocats angevins."

Enfin, Francis Wetta écarte l'idée que le commissariat d'Angers ferait exception, indiquant qu'il en était de même à Nantes, au Mans et à Tours.




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