Europe Ecologie : "Remobiliser sur quelque-chose de positif"


Rédigé par - Angers, le 16/04/2016 - 07:50 / modifié le 28/05/2016 - 09:54


Deux mois après le coup de tonnerre provoqué par l'arrivée d'Emmanuelle Cosse au gouvernement, comment se porte Europe-Ecologie-les Verts en Maine-et-Loire ? Romain Laveau, son secrétaire départemental, répond à nos questions à l'occasion de la Fête de l'Ecologie qu'organise son mouvement ce samedi à Chalonnes-sur-Loire.



Europe Ecologie : "Remobiliser sur quelque-chose de positif"
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Dans quel état d'esprit êtes-vous en ce jour de "fête" ?

"Heureux et impatient parce que nous recevons à Chalonnes deux belles têtes d'affiche, avec Cécile Duflot et Pascal Durand qui nous font l'amitié de venir pour débattre. Et puis, c'est un moment pour fédérer nos forces localement et aller à la rencontre des citoyens. Le but, c'est une fête qui se déroule dans la rue, au contact le plus près possible des habitants, et ouverte à d'autres points de vue politiques que le notre."

Euh... Les militants d'EELV ont vraiment encore le coeur à faire la fête ?

"On a passé des moments compliqués avec le départ, dans de très mauvaises conditions, d'Emmanuelle Cosse et son entrée au gouvernement, que ne souhaitait pas le parti. Ca a démotivé, voire dégoûté certains. Mais le but de cette fête, c'est précisément de remobiliser sur quelque-chose de positif."

Une immense défiance des partis politiques d'un côté, l'émergence de mouvements citoyens de l'autre et déjà une perspective présidentielle, comment vous situez-vous dans ce contexte ? 

"La fête est un peu la traduction de ce que l'on veut mettre en oeuvre. Il y a d'abord cette idée de confrontation aux autres et des choses qui peuvent paraître insignifiantes comme la valorisation de produits locaux, l'usage de la monnaie locale La Muse, des animations sportives et musicales, la projection du film "Demain"... Bref, la volonté d'être raccord avec ce que l'on porte sur le fond."

Il vous faut repartir par la base pour regagner vous aussi la confiance des électeurs ?

"Il faut surtout qu'on soit fidèle à ce que l'on porte et qu'on le fasse savoir. C'est vrai qu'aujourd'hui, l'ensemble des partis politiques ont une image très dégradée. On a notre part de responsabilité là-dedans... à nous de montrer qu'il y a des gens passionnants chez nous, qui portent des choses très intéressantes et que collectivement, on est capable d'être à la hauteur. Après, je trouve très bien ce qui se passe avec le mouvement Nuit Debout, car cela montre qu'il y a nombre de gens qui s'intéressent à la politique et qui ne veulent pas le laisser aux autres. Et tant mieux, si ça peut déboucher sur quelque-chose."
"Il nous faut repartir sur du travail de fond, du militantisme simple et humble

C'est du côté de la vie civile qu'il faut aller chercher les idées nouvelles aujourd'hui ?

"Bien sûr. Il faut qu'on tienne notre ligne -on ne s'appelle par Europe Ecologie par hasard- mais qu'on reste en contact avec les mouvements sociaux. C'est ce qui a toujours fait la marque de ce parti au demeurant, cette volonté de confronter ces deux sphères. Ca n'empêche pas de passer des contrats comme on le fait dans différentes collectivités comme à Saumur, à partir du moment où nous sommes en accord sur des projets. Mais c'est clair qu'on sera beaucoup plus méfiant désormais au niveau national avec ce qui s'est passé depuis 2012."

Et à Angers ?

"Il nous faut repartir sur du travail de fond, du militantisme simple et humble. Les échéances sont lointaines et on verra le moment venu. D'ici là, on a intérêt à continuer à diffuser nos idées, à dire ce que l'on pense sur les projets sur la ville et l'agglo comme on l'a fait sur le tramway récemment."

Vous avez été élu au sein de la majorité municipale. Comment vit-on le retour à la vie de simple militant ?

"C'est le jeu démocratique. D'un point de vue personnel, je n'avais jamais intégré mes indemnités comme un revenu pour ne pas en être dépendant. Et je n'ai donc eu aucun soucis de ce côté là, je savais qu'on pouvait les perdre des élections. Ce que je continue à faire au sein d'Europe Ecologie les Verts est très épanouissant, je m'y retrouve. Si un jour, j'en ai marre, je passerai à autre chose. Dans ce pays, j'espère au passage qu'on sera capable d'évoluer vers plus de restriction dans le cumul des mandats même dans la durée, pour montrer aux responsables politiques qu'il est sain de vivre autre chose."

Et être secrétaire départemental d'un mouvement qui se cherche ?

"C'est un travail de projets. C'est essayer que tout le monde trouve sa place dans le parti, c'est coordonner même si ça n'empêche pas de se prendre des claques de temps en temps. C'est comme ça et il faut l'accepter."

Vous voyez un avenir à votre parti sous cette forme là ?

"Peu importe si son change de nom, à partir du moment où les valeurs que nous portons demeurent. On n'est pas toujours d'accord dans le mouvement, mais il faut une base commune de 90% qui intègre le combat contre les inégalités, la transition énergétique, les emplois locaux etc... Si ça doit se recomposer avec d'autres, je n'ai aucun problème avec ça mais je pense que ceux qui sont en train de réfléchir à ce que c'est que la démocratie, comme cela s'est vérifié en Espagne, vont à un moment réaliser que ça passe par une prise de pouvoir et donc la soumission au suffrage électoral. Le pouvoir n'est pas quelque-chose de sale, tout dépend ce que l'on en fait et comment on s'organise pour porter ce que l'on défend."

Vous étiez devant votre poste pour regarder François Hollande jeudi soir à 20h15 ?

"Non, j'étais encore à Chalonnes pour préparer la fête. Je suis arrivé un peu plus tard mais je l'ai regardé quand même, oui, parce que ça m'intéresse encore de savoir ce que dit le Président de la République de sa politique. Maintenant, je resterai déçu au regard de l'accord que nous avions passé en 2011, un accord intéressant qu'il n'a pas du tout respecté à l'image du renoncement sur le nucléaire ou de sa politique économique avec laquelle je ne suis pas en phase."

Fête de l'Ecologie de 10h à 20h à Chalonnes-sur-Loire (quai Gambetta) - Débats : "Renforcer l'Ecologie" avec Cécile Duflot (14h), députée - "Europe, quel avenir ?" avec Pascal Durand, eurodéputé (16h).




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