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Jeudi 27 Novembre 2014







Festival d’Anjou : Sganarelle au bord de la crise de nerfs


Rédigé par - Le 06/07/2012 - 11:34 / modifié le 06/07/2012 - 11:50


Trois farces de Molière pour le prix d’une, dont Sganarelle était le point commun, c’est ce que proposait hier soir le Festival d’Anjou, dans le cadre du Concours des Compagnies, avec « la folie Sganarelle. Sur la scène du Plessis-Macé (Angers) cette pièce comique conduite à un rythme effréné explorait la condition humaine et les déboires amoureux de ce personnage incarné par Molière lui-même.



La folie Sganarelle sur la scène du Plessis-Macé, dans le cadre du concours des compagnies
La folie Sganarelle sur la scène du Plessis-Macé, dans le cadre du concours des compagnies
Molière aimait les farces et quand elles sont reprises et enchainées comme hier soir c’est un vrai régal. Au travers de « l’Amour Médecin », « Le Mariage Forcé » et « La Jalousie du Barbouillé », le public du Plessis Macé a assisté à un débordement de situations toutes plus cocasses les unes que les autres dont le pauvre Sganarelle, qui n’était autre que Molière lui-même, assure la cohérence.

L’intrigue présentée hier soir en trois volets qui s’enchainent à merveille est des plus simples. Dans la première partie Molière alias Sganarelle, refuse de marier sa fille mélancolique, dans la seconde c’est lui qui ne veut plus se marier et dans le troisième il est contrait de s’unir avec une fille de petite vertu qui le fait cocu à la première occasion.

Autour d’un unique décor central, monté sur roulette, et censé représenter la maison de Sganarelle, des personnages comiques, chacun à leur niveau vont s’agiter pour en faire voir de toutes les couleurs à un Sganarelle au bord de la crise de nerfs.

Dans ce triptyque que les spécialistes considèrent comme autobiographique, Molière qui excellait dans l’art de la dérision n’y va pas avec le dos de la cuillère pour retourner les conventions établies de l’époque, se moquant de tout, de lui mais aussi des médecins adeptes de la pensée unique, du rôle des femmes, de la Cour et de tous les donneurs de leçon, le tout servi par quelques phrases et bons mots dont il avait le secret.

Claude Buchevald, n’a pas trahi le pouvoir dévastateur de Molière bien au contraire. C’est un véritable travail d’orfèvre qu’il nous a servit hier avec une troupe qui en faisait des tonnes, parfois trop, et un Claude Merlin, plus vrai que nature en un Sganarelle qui transportait toute la misère du monde.

Si le texte de Molière semble respecté, les ambiances aussi, peut-être un peu moins les costumes, les soubrettes ayant des allures de servantes allemandes, allez savoir pourquoi et les médecins ont abandonné leurs tristes chapeaux pointus pour des chapeaux melons, tout comme Sganarelle. C’est plus dans le jeu entre les acteurs que l’auteur s’est laissé allé à quelques digressions, voire même des improvisations. Mais ces situations et expressions, le plus souvent désopilantes, rendent ces trois bouffonneries encore plus agréables.

Bien sûr il ne faut pas prendre l’ensemble au premier degré et plutôt se laisser aller et rentrer dans le jeu des personnages pour rire à gorge déployée. Finalement ça fait du bien de constater que même si l'oeuvre de Molière est archi connue, certains metteurs en scène peuvent encore se permettre quelques fantaisies. Et en ce sens, les personnages, notamment les médecins qui arrivent en dansant comme des marionnettes sont plutôt amusants. Tout comme l’est ce couple caricatural qui force le pauvre Sganarelle à se marier avec leur fille. On s’amuse, on rit et finalement on prend pitié de ce pauvre Sganarelle qui finit dans un dernier râle accompagné du jeune Champagne au pied de sa maison.




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur















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