Festival d’Anjou : Shakespeare a conquis le public.


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 12/06/2009 - 11:45 / modifié le 15/06/2009 - 17:54


La soixantième édition du Festival d’Anjou a débuté hier soir, en avant première, au château du Plessis-Macé avec une pièce de Shakespeare, la Nuit des Rois, mise en scène par le Directeur artistique en personne. Une soirée à guichet fermé pour une création d’une grande qualité que n’aurait pas renié Shakespeare lui-même.



Henri COURSEAUX, une interprétation magistrale
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Épargné par une météo très incertaine en ce début Juin, le soixantième Festival d’Anjou, a démarré sous les meilleurs auspices. Comme le veut la tradition, c’est Christophe BECHU, Président du Conseil Général de Maine et Loire, récemment élu député européen, qui ouvrit le ban avec un discours à faire pâlir de jalousie les meilleurs poètes. Le parterre de cette première était composé de conseillers généraux, maires, et de tout le gratin que compte Angers et le département de Maine et Loire, en principe tous acquis à sa cause. Tel Monsieur Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir, le Président « Bourgeois Gentilhomme » d’un soir, n’a pas boudé le plaisir de lire un discours quasi théâtral sur la scène du Plessis-Macé.

« Soixante ans que tout à commencé, par un soir d’été avec Roméo et Juliette, à Brissac-Quincé et aujourd’hui au Plessis-Macé… De la magie du temps qui s’étire, imprégné de l’émotion, entre passé et présent, nous avons marié le tuffeau et les mots … Nous partîmes 500 et nous voilà 20 000 (spectateurs). » Nous connaissions le Président gestionnaire et fin politique, voici que désormais nous l’apprécierons comme comédien.

Avant de céder la parole à Nicolas BRIANÇON, le Directeur artistique, le Président n’a pas oublié de saluer les artistes qui se sont succédés sur la scène de ce Festival, second en France après Avignon, tous ceux qui sont aujourd’hui disparus, le Président Sauvage, son prédécesseur a qui l’on doit ce succès, les techniciens, les hôtesses. « Le Festival d’Anjou c’est vous, je vous demande donc de vous applaudir ! » dira-t-il aux spectateurs en guise de conclusion.

Déposant une rose blanche devant la scène, « pour éviter qu’il pleuve », Nicolas BRIANÇON a procédé lui aussi aux remerciements d’usage. « Vous êtes si nombreux à applaudir une chose rare et si fragile qu’est le théâtre » s’est ému le Directeur artistique, rappelant que s’il était nécessaire de fêter dignement cette soixantième édition, il fallait aussi penser à l’avenir en n’oubliant pas de respecter, comme le fait désormais son festival, l’équilibre entre les grande stars de la scène et celles qui deviendront les étoiles de demain.

« C’est avec Roméo et Juliette que le Festival commençait il y a soixante ans, c’est encore avec Shakespeare, le plus grand de tous, que nous ouvrons cette nouvelle édition. La Nuit des Rois est la plus brillante et la plus jubilatoire de ses comédies » dira le Directeur artistique avant de donner les trois coups du soixantième festival d’Anjou.

La nuit de Rois, est une comédie romantique majeure de l’œuvre de William Shakespeare publiée pour la première fois en 1623 et modernisée tant dans les costumes, les décors et certains textes, par Nicolas BRIANÇON, sans perdre pour autant de son intérêt. Œuvre joyeuse et humoristique où se mélangent bouffonneries, farces, danses, quiproquo et jeux de mots, il s’agit avant tout d’une intrigue amoureuse comme on les aime sur les planches, où la musique joue un grand rôle. « Si la musique est nourriture d’amour … » ainsi commence cette comédie de trois heures où le public a particulièrement apprécié la prestation d’Henri COURSEAUX, en intendant pédant, dupé par une dame de compagnie et des lords déjantés. Une création de bon niveau, qui rend les comédies shakespeariennes plus abordables.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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