Gipsy Swing : L’âme de la Chope des Puces sur la scène du Chabada


Rédigé par - Angers, le Mercredi 23 Mai 2012 à 08:10


Pour le troisième concert du Festival Gispy Swing, hier soir à Angers, la scène des musiques actuelles, le Chabada, accueillait trois générations de musiciens jazzy hors pair : la famille de Mondine Garcia, lequel fut dans les années 60 à 2000, l’âme de la Chope des Puces de Saint-Ouen, à Paris, pour une ambiance comme on aimerait en voir plus souvent sur les bords de Maine.



La famille Garcia et Eva Slongo, sur la scène du Chabada, hier soir à Angers
La famille Garcia et Eva Slongo, sur la scène du Chabada, hier soir à Angers
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Il y avait du swing hier soir sur la scène du Chabada à Angers et les amateurs de jazz manouche ne se sont pas trompé, Ninine Garcia auquel les organisateurs avaient donné « carte blanche » pour organiser la soirée, une sacrée bonne soirée.

Ninine qui n’est autre que le fils de « Mondine Garcia », une référence de la musique manouche, installé à Saint-Ouen (Seine Saint Denis) dans la banlieue de nord de Paris, célèbre pour son grand marché aux puces. La famille Garcia, moitié manouche, moitié gitane qui vit de brocante s’est installée à proximité des puces au début du siècle dernier. Jacques Garcia, alias « Mondine », est né à Paris en 1934, dans une famille où tout le monde, père, oncle, cousin, joue de la musique et surtout de la guitare.

Mondine débute dans les dancings et les bals musettes, nombreux à Paris et sur les bords de la Marne et de la Seine. Vers la fin des années 50 il se produit « Chez Louisette », un agréable petit restaurant installé au cœur des Puces de St Ouen. C’est en 1960 qu’il s’installe à la Chope, un pittoresque petit bistrot parisien de la rue des Rosiers. Ce bistrot qui veut faire de la musique pour les clients des Puces, les jours d’ouverture du célèbre marché, engage des musiciens qui pratiquent le swing gitan, très à la mode à l’époque.

Mondine y jouera pendant plus de 35 ans, chaque week-end, accompagné d’un accordéoniste et très vite d’un cousin guitariste et violoniste. Devenant l’âme de ce café de banlieue, le gitan pratique un swing inimitable, alternant les thèmes chers à son modèle, Django Reinhardt, la valse musette, la bossa-nova, les grands standards de jazz et tout ce qui fait danser les Parisiens.

La musique est déballée telle quelle, comme les antiquités voisines, sans excès, mais surtout avec beaucoup de cœur et de sentiment. Mondine devient très vite une référence du jazz manouche, son phrasé et son vibrato faisant chavirer les cœurs des jeunes filles à la recherche de l’âme sœur.

Hier soir, Ninine qui a repris le style musical de son père voulait surtout lui rendre hommage. Après une diffusion de films où on le voyait avec son père à la célèbre Chope, le musicien est entré sur scène, accompagné de son fils, plus grand et plus large que lui et de son neveu, et de son neveu, tous les deux guitaristes, ça va de soi. Des tables de bistrot étaient installées autour desquelles en seconde partie de soirée, des couples des années d’après-guerre, prirent place comme à la Chope.

Grâce à Mondine, la Chope des Puces est devenue un lieu mythique dans laquelle la famille Garcia, Ninine en tête viennent chercher leurs racines. Repris par le célèbre forain Marcel CAMPION, le bistrot est toujours ouvert pour accueillir des musiciens de la famille GARCIA. Ninine y a fait ses classes, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, à l’exemple de Thomas Dutronc, qui l’évoque même dans l’une de ses chansons. « Au printemps, en hiver, à l’automne, qu’il y ait des guerres, des attentats ou la révolution, il y a encore Ninine qui joue à la Chope, il y a toujours le jazz à la Chope

La Chope regroupe désormais une salle de concert, un restaurant, une école de musique, une lutherie, un studio d'enregistrement, une boutique de vente d'instruments de musique, tout ce qui permet de découvrir le jazz à tous les étages. Et tous les samedis et dimanches de 14h à 19h c’est la famille GARCIA qui s’installe, comme hier soir au Chabada, en totale décontraction, pour enthousiasmer les amateurs de jazz manouche. Et ils sont nombreux. À noter qu’hier soir, Ninine était aussi accompagné d’un contrebassiste très en verve et d’une violoniste virtuose, élève de l'école Didier Lockwood, qui l’accompagne très souvent et notamment à la Chope : Éva Slongo




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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