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Dimanche 21 Décembre 2014



Il y a 50 ans, le mur de Berlin


Rédigé par - Le 13/08/2011 - 23:45 / modifié le 14/08/2011 - 08:06


On l’appelait le mur de la honte. Construit en août 1961, pour éviter la fuite vers l’ouest des zones sous contrôle soviétique, ce mur qui coupait Berlin en deux fut ouvert en 1989. Symbole de la division de l’Europe d’après guerre, l’un des morceaux de ce mur est actuellement à Angers. Il sera mis en valeur dans le cadre des prochains Accroche-cœurs.



Le morceau du mur de Berlin lors de son arrivée au Quai (Photo N. Esseul)
Le morceau du mur de Berlin lors de son arrivée au Quai (Photo N. Esseul)
8 mai 1945, l’armée allemande d’Adolf Hitler qui avait occupé une bonne partie de l’Europe, capitule. La guerre est terminée et les forces alliées victorieuses se divisent l'Allemagne en quatre zones : française, anglaise, américaine et russe. Capitale du IIIe Reich, Berlin qui se situe au beau milieu du territoire russe, est aussi divisée en quatre parties, l’armée soviétique récupérant à elle seule près de 50% de la surface de la ville. Les Français, Américains et Anglais, se partagent le reste, c'est-à-dire la partie ouest de la ville.

Les cendres de la guerre mondiale à peine étouffées, commence une période de tensions politiques entre les deux superpuissances que sont les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, appelée guerre froide. L’entente cordiale entre les alliés et notamment entre l’URSS et les USA, prend fin en 1948, les Russes claquant la porte de du commandement interallié. Berlin, devenue par force des choses un passage entre deux mondes, l’Ouest et l’Est, constituera l’un des enjeux de cette guerre idéologique, les Soviétiques de Staline s’employant à gêner le fonctionnement de la partie ouest, avec l’espoir de récupérer la totalité de la ville.

En 1949, Français, Britanniques et Américains créent alors la République fédérale d’Allemagne (RFA), à l’Ouest. Les Russes leur emboitent le pas en créant de leur coté la République démocratique allemande (RDA), faisant alors de cette partie l’une des composantes du bloc soviétique, en confrontation directe avec leurs désormais ennemis.

La frontière est alors matérialisée sur tout le territoire allemand par des barrières de barbelés, le rideau de fer, surveillé en permanence, par des soldats des deux camps. En 1958, l’URSS, alors dirigée par Khrouchtchev, tente un nouveau coup de force afin de déloger les troupes occidentales de Berlin. Rien n’y fait et les Allemands de l’Est qui n’acceptent pas le mode de fonctionnement de l’URSS, passent en nombre à l’Ouest, Berlin constituant alors un point de fuite difficilement contrôlable.

vingt-huit ans de séparation

Une partie du mur de Berlin (photo anonyme)
Une partie du mur de Berlin (photo anonyme)
Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, 14 500 membres des forces armées bloquent les rues, les voies ferrées et le métro menant à Berlin-Ouest. L’armée russe se masse à la frontière, prête à intervenir. Un rideau de barbelés est alors mis en place autour de la partie Ouest, puis dans les semaines qui suivirent, un mur en béton, des miradors et des postes frontière. Le mur coupe littéralement la ville en deux, passant même en certains endroits, au travers des immeubles. Berlin Ouest constitue alors une enclave dont on ne peut sortir que par les ponts aériens organisés par les alliés occidentaux.

Les deux parties de la ville, devenue tristement célèbre par ce mur inutile, connaitront des évolutions différentes, les Russes se servant de la partie ouest, plus prospère et plus luxueuse, comme vitrine de la propagande contre le fascisme occidental. De son coté l’Est s’apparente désormais à une gigantesque prison, dans laquelle les habitants n’ont qu’une idée en tête : fuir. Plusieurs milliers réussiront, certains seront emprisonnés ou périront sous les balles des soldats de RDA. (Voir le tracé du mur).

Mais progressivement, le monde géopolitique change. En 1989 la Hongrie ouvre son rideau de fer. L’Union soviétique craque de partout et nombreux sont ceux qui profitent de l’ouverture de la Hongrie pour passer à l’Ouest. La révolte gronde et notamment en RDA. Mikhaïl Gorbatchev alors secrétaire général du Parti communiste russe, sous la pression de la rue décide d’assouplir le passage entre les parties est et ouest dans l’espoir de calmer la contestation. Mais c’est fini. Les manifestants qui annoncent à la radio : « le mur est ouvert », franchissent la frontière en masse sous les yeux médusés des soldats qui n’ont reçu aucun ordre.

Le mur de Berlin tombe dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, après plus de 28 années d'existence. Le lendemain c’est le rush et de véritables cohortes d’Allemands passent à l’Ouest. Le mur, constitué d’éléments préfabriqués de 3m de hauteur est démoli par endroits. Chacun veut emporter un souvenir de ces parois généreusement « taguées » par les opposants de l'Ouest.

Chaque panneau de béton est devenu une véritable œuvre d'art. La fondation Sony Allemagne se porte acquéreur de plusieurs éléments de murs. L’un d’eux a été remis à la ville d’Angers. Il fera l’objet d’une installation artistique en, septembre prochain, dans le cadre des Accroche-cœurs.

Carte du blocus de Berlin (source Wikipédia)
Carte du blocus de Berlin (source Wikipédia)




Yannick Sourisseau
Directeur publication Angers Mag et Angers Mag Info Journaliste web suivant plus particulièrement... En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par kim le 14/08/2011 02:59 | Alerter
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Par precision, il faudrait mettre une carte de Berlin et de l'emplacement du Mur. Tout ca pour dire que Berlin n'etait pas coupe en 2. Berlin Ouest etait une poche dans Berlin Est. Le Mur encerclait Berlin Ouest dans Berlin Est. Berlin etant dans l'Allemagne de l'Est.
La seule maniere de sortir de Berlin Ouest etait par les airs. Les Allemands de l'Est revaient de se liberer du Communisme en rentrant dans Berlin Ouest comme dans le cercle VIP d'une boite de nuit, pour faire une annalogie un pe...

2.Posté par Yannick Sourisseau le 14/08/2011 07:59 | Alerter
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Bonjour,

Vous avez tout a fait raison, je n'ai pas été assez clair dans mon propos, celui-ci pouvant laisser croire que Berlin était une ville frontalière à cheval sur les parties ouest et est de l'Allemagne. Berlin étant situé au milieu du territoire contrôlé par les russes constituait bien une enclave et une carte s'imposait. J'en ai trouvé une sur Wikipédia. Ainsi ça rend le sujet plus compréhensible, surtout pour les plus jeunes qui n'ont pas vécu cette sombre période.







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